SULFUREUX
Voici maintenant quelles sont les lois de la solubilité des gaz.
1^® Loi. Les quantités d’un gaz dissoutes par l’unité de volume d’un liquide sont, à la même température, proportionnelles à la pression que ce gaz exerce sur la surface du liquide.
2® Loi. Lorsqu’un mélange de plusieurs gaz est en présence d’un liquide, chacun d’eux se dissout comme s’il était seul dans le mélange.
La première de ces lois -a été énoncée en 1803, par Henry, de Manchester. Depuis, elle a été vérifiée par plusieurs expérimentateurs, et notamment par M. R. Bunsen, auquel nous avons emprunté les coefficients de solubilité indiqués dans le tableau ci-dessus; la seconde est due à Dalton, qui l’a fait connaître en 1805.
80. Application. — Pour faire bien comprendre l’usage de ces lois, nous allons rechercher la composition du mélange d’oxygène et d’azote dissous dans l’eau, par son contact avec l’air atmosphérique considéré comme mélange.
L’oxygène formant à peu près le 1/5 du volume de l’air et Pazote les 4/5, on doit supposer que chacun d’eux occupe tout l’espace offert à l’atmosphère, à la pression de 1/5 de 760 millimètres pour l’oxygène, et de 4/5 de 760 millimètres pour l’azote.
Un litre d’eau dissoudra donc à la température de 0% par exemple, d’après la première loi, des quantités d’oxygène et d’azote qui seront respectivement le 1/5 et les 4/5 des coefficients de solubilité de l’oxygène et de l’azote à cette môme température.
On aura donc pour le volume de l’oxygène dissous 1/5 X 0,04114 ou 0“\0082, et pour celui de l’azote 4/5 X 0,02035 ou 0^‘S0163.
La composition de l’air dissous est donc en volumes :
^Lxygène 0,0Ü82 ou en ceillièmes: Oxygène... •
Azote 0,0IG3 — Azote
CHlMIi: IiNORGANiULIK.
Les nombreuses analyses de l’air extrait de l’eau, eflectiiées par divers chimistes depuis Gay-Lussac et de Humboldt, vérifient très-suffisamment ce résultat de la théorie. Elles montrent en outre que la composition de cet air est toujours la môme aux diverses températures, d’où résulte que le rapport des coefficients de l’azote et de l’oxygène est indépendant de la température. Ce dernier point a surtout été établi par les expériences de U. Bunsen. 11 faut remarquer que si la composition de Lair contenu dans l’eau est la môme à tous les points de l’échelle thermométrique, il n’en est pas de môme de la quantité qui y est dissoute; celle-ci diminue nécessairement avec les coefficients de solubilité et dans le môme rapport.
81. Action de la chaleur. — La chaleur a pour premier effet de vaporiser l’eau, mais si on porte celle-ci à la température de fusion du platine, elle se décompose en ses deux éléments. Cette remarquable expérience, due àM. Grove, peut se répéter de la manière suivante : on coule lentement du platine fondu dans un mortier en fonte contenant de l’eau, il se dégage alors tout autour du métal des bulles d’un mélange détonant qu’on peut enflammer au moment où elles s’élèvent à la surface de l’eau.
82. Action de l’électricité. — L’électricité décompose égalementl’eau; pour cette expérience, on se sert du courant de la pile, l’hydrogène se rend au pôle positif, l’oxygène au pôle négatif (88). La lumière n’agit pas sur l’eau; l’action des métalloïdes et des métaux sur l’eau. sera indiquée dans l’histoire de chaque corps.
83. Composition de Peau. — L’eau se compose d’hydrogène et d’oxygène, 2 volumes d’hydrogène et 1 volume d’oxygène donnent 2 volumes de vapeur d’eau. En poids, elle est composée de 8 parties d’oxygène pour 1 d’hydrogène. C’est ce qui résulte des expériences suivantes.
Priestley, en 1780, constata que l’hydrogène, en brûlant dans l’air ou dans l’oxygène, donnait un dépôt de rosée; mais il n en tira aucune conclusion relative à la nature de l’eau. Cette expérience fut répétée >par Watt, et surtout par Cavendish, qui s’occupait à cette époque d’essais sur la production de l’eau. C’est la disposition imaginée par ce dernier que nous allons indiquer.
84. Expérience de Caxendisii. — On fait passer 1 hydiogèiie qui se dégage d’un appareil ordinaire à travers un tube assez large rempli de chlorure de calcium, matière qui enlève au gaz toute l’humidité qu’il peut contenir; il s’échappe ensuite par un tube abducteur recourbé dont l’extrémité est effilée {fuj. 29). On l’enflamme et l’on entoure la flamme d’une cloche de verre bien sèche; on voit bientôt tles gonttes d’eau se déposer sur scs parois et ruisseler vers les parties inférieures. En continnant pendant quelque temps, on peut obtenir une notable quantité d’eau.
Ln vérilaiile explication de ce phénomène ne fut donnée qn’en 1783 par