‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 228 sur 537 · POTASSIUM, K · texte numérisé non relu

POTASSIUM, K

697. Propriétés physiques. — Métal tl’un blaiic d argent loisqu il est récemment fondu, brillant et plus mou que la cire. On pourrait donc le pétrir entre les doigts, si cette expérience ne présentait pas un grand danger, à cause de l’inllammabilité de ce métal L A zéro il perd sa mollesse

1 Si l’on veut faire celte expérience, il faut pétrir le métal sous l’huile de naphte ou sous l’huile de schiste, à l’abri derhumidilé et de l’air.

UV. 111. CllAP. 1. POTASSIL’M \LT SODIUM.

et devieiU dur el cassant. C'est, après le mercure et le rubidium, le plus fusible des métaux connus; il lond, en eflet, à 6^°,5 d’après M. bunsen.

Il est très-volatil; au-dessous du rouge, il se transforme en une vapeur d’une belle couleur verte. Sa densité est 0,865.

698. Propriétés chimiques. — Au conlact de l’air, il se ternit rapidement et prend d’abord une teinte violette particulière. Si l’air est sec et si la température ne s’élève pas, il se forme du protoxyde de potassium, RO. Mais quand le potassium s’enllamme, il se transforme en peroxyde de potassium, dont la formule est KO^. A l’air humide et à la température ordinaire, il se produit de l’hydrate d’oxyde de potassium. Dans l’oxygène il se comporte de la môme manière que dans l’air. C’est môme le seul métal qui soit susceptible de s’oxyder à froid dans l’oxygène pur et sec; son avidité pour ce gaz est tellement grande, qu’il décompose l’eau à la température ordinaire et la plupart des corps oxygénés à une température plus ou moins élevée. Nous rappellerons que cette propriété peut être utilisée pour l’analyse du protoxyde et du bioxyde d’azote, pour transformer certains phosphates en phosphores, etc. Aussi ne peut-on le conserver que dans des Üaeons remplis d’huile de naphte ou d’huile de schiste, matières qui ne sont formées que de carbone et d’hydrogène.

Pour faire l’expérience de la décomposition de l’eau par le potassium, on projette un petit globule de métal dans de l’eau contenue dans le fond d’une cloche profonde. Dés que le potassium a le contact du liquide, on le voit se ramasser en un globule brillant entouré d’une flamme purpurine et se mouvoir rapidement à la surface de l’eau. Le volume du métal diminue rapidement, la flamme s’éteint tout h coup et li ce moment le globule restant éclate.

Voici l’explication de ces divers phénomènes : Le métal décompose l’eau, et, en s’unissant à son oxygène, il dégage assez de chaleur pour enflammer l’hydrogène; le potassium fond et se volatilise en partie. C’est cette vapeur qui, en brûlant à l’air, donne à la flamme de l’hydrogène la couleur purpurine qu’elle possède. — La potasse formée se dissout dans l’eau; mais, dès que le métal fondu a le contact du liquide, l’hydrogène qui se dégage déplace le globule et le fait mouvoir à la surface de l’eau. A la fin de l’expérience, *c’est de la potasse incandescente qui tombe dans le liquide; aussi la masse subitement refroidie peut-elle se briser en fragments; de plus, la combinaison de cette potasse chaude avec l’eau détermine un dégagement de chaleur considérable, et, par conséquent, de la vapeur, dont une proportion condensée par le liquide environnant fait entendre le bruit strident que l’on perçoit; une autre portion lance de tous côtés des gouttelettes de lessive caustique. C’est pour éviter de recevoir ces gouttelettes ou môme quelqiui fragment de potasse projeté hu’s de la rupture du globule qu’on opère dans une cloche a bords éfi'vés.

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Si la potasse touchait les yeux, elle y produirait les accidents les plus graves.

On démontre la production de la potasse dans cette circonstance, au s moyen de teinture rouge de tournesol, qu’on ramène au bleu avec l’eau de la cloche.

Le sodium produit des effets analogues, seulement l’hydrogène ne s’enllamme pas ; mais, en forçant le métal à rester en place, l’inflammation a lieu parce que le refroidissement est moindre. On obtient ce résultat en opérant avec une mince couche d’eau ou avec de l’eau gommée dont la consistance gêne les mouvements du métal et les rend plus rapides.

Le potassium s’unit directement avec la plupart des métalloïdes.

SODIUM, Na= 23.

699. Propriétés. — Les propriétés principales du sodium sont les mêmes que celles du potassium. Toutefois, il faut remarquer qu’il est moins altérable que celui-ci. On peut, en effet, le couler dans l’air et le chauffer même. bien au delà de son point de fusion, sans qu’il prenne feu. Il fond à 95“,6 et bout à la température du rouge. Sa densité est 0,97.

3 parties de sodium et 1 partie de potassium forment un alliage liquide ^ à la température ordinaire et même à zéro. Ce n’est pas seulement le mélange des deux métaux qui constitue un produit plus fusible que cha- ; cun d’eux; la même remarque peut être étendue à toutes les combinaisons correspondantes de ces deux corps : ainsi le mélange des deux chlorures de potassium et de sodium, ou des deux carbonates, etc., est notablement plus fusible que les sels isolés L

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