LIV. III. CHAP. 1. POUDRt
l’eau mère s’écoule par une ouverture inférieure, et on la chasse complètement, en versant dessus une dissolution saturee à froid d’azotate de potasse pur, qui déplace peu à peu le chlorure; quand la dissolution qui s’écoule ne contient plus de chlorures, on cesse de laver. 11 ne reste plus qu’à faire recristalliser le nitre pour lui donner une forme commerciale.
Le salpêtre raffiné, employé dans la fabrication de la poudre, ne doit pas contenir plus de 1/3000 de chlorures ; celui qu on raffine dans la manufacture de l’État, à Paris, n’en contient que 1/10000 au plus.
722. Essai des salpêtres. — Les salpêtres bruts ont une valeur variable avec leur richesse en azotate, il est donc necessaire de les essayer par un procédé rapide. On fait ordinairement cet essai en traitant un poids connu de salpêtre par une dissolution saturée d’azotate de potasse pur, qui dissout seulement les sels étrangers. Toutefois cet essai conduit à des résultats peu exacts; si le salpêtre brut contient du chlorure de sodium, celui-ci, en se dissolvant, favorise la dissolution du salpêtre; si, au contraire, le nitre contient du chlorure de potassium, une portion du salpêtre de la dissolution se dépose, parce que l’eau chargée de chlorure de potassium dissout moins d’azotate de potasse que 1 eau pure. Les exemples suivants montrent jusqu’où peut aller l’erreur d’un tel procédé quand on l’emploie pour des sels très-impurs.
Un mélange de 70 pour 100 de nitre pur et 30 pour 100 de chlorure de potassium essayé à la manière ordinaire, par une dissolution concentrée d’azotate de potasse pur, ne donne qu’une perte de 17,8 pour 100 ; il s’est donc déposé 12,2 pour 100 de nitre de la dissolution d’essai, par suite de la dissolution du chlorure de potassium.
Un mélange de 70 de nitre et 30 de sel marin accuse au contraire une perte de 36,85, parce que la dissolution du sel marina déterminé la dissolution de 6,85 de nitre dans une dissolution qui en était précédemment saturée.
Il vaut mieux employer le procédé suivant, qui a été indiqué par M. Persoz; il consiste à fondre un mélange de nitre desséché et de bichromate de potasse. L’acide chromique en* excès chasse l’acide azotique, mais il est sans action sur les chlorures et les sulfates. La perte de poids du mélange donne donc la quantité d’acide azotique contenue dans le sel. Toutefois, si le nitre contient de l’azotate de soude, ce procédé présente un grave inconvénient, puisqu’il fait compter l’acide azotique de cet azotate comme étant à l’état d’azotate de potasse.