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En faisant passer jusqu’à refus un courant d hyc lOoeii

CHIMIE INORGANIQUE

travers une dissolution de potasse, on obtient du sulfhydrate de sulfure de potassium KS, HS. Si l’on partage la dissolution alcaline en deux parties et qu’on salure l’une d’elles par l’hydrogène sulfuré, en les mélangeant ensuite, on obtiendra une dissolution de monosulfure.

Le sodium donne, dans les circonstances que nous venons d’indiquer, des produits correspondants à ceux du potassium. Le sulfure de sodium existe tout formé dans les eaux minérales sulfureuses.

Chlorure de potassium, KCl.

740. Il cristallise en cubes incolores et transparents; il a la même saveur que le sel marin; il est très-soluble dans l’eau. On l’extrait principalement des cendres des varechs de Normandie, qui en contiennent jusqu’à 30 pour 100 de leur poids ; on en retire aussi des salins de betterave. C’est un sel précieux, parce qu’il peut être transformé en d’autres sels de potasse par voie de double décomposilion. Nous avons vu cette transformation dans la préparation du chlorate de potasse et de l’azotate de potasse.

Chlorure de sodium, NaCI.

741. Propriétés. — Le chlorure de sodium ou sel marin cristallise en cubes comme le chlorure de potassium. Si le dépôt s’effectue dans une eau tranquille, les cristaux s’accolent entre eux de manière à former des trémies; ce sont des pyramides quadrangulaires, creuses, dont chaque

face est constituée par une série de gradins 140). Le sel marin est anhydre, cependant on peut l’obtenir hydraté (NaCl -)-4HO), en le faisant cristalliser dans une dissolution refroidie à — 12°.

Projeté sur des charbons ardents, il décrépite

♦ Fig. 140. avec violence. Il fond au rouge, sans décomposition.

Sa solubilité varie peu avec la température, comme on peut en juger par le tableau suivant :

Température.

Quantités de sel dissoutes dans 100 parties d’eau.

Une eau saturée de sel marin à la température ordinaire contient environ 27 pour 100 de son poids de sel, et 29 à l’ébullition.

Le sel marin n’est pas altéré dans l’air ordinaire, à moins qu’il ne soit

I,1V. III. ClIAP. I. SEL MARIN.

impur et mélangé de chlorure de calcium et de magnésium (sel gris); mais, même raniné, il tombe en déliquescence dans un air presque saturé d’humidité. . ,

74^ Effraction. semme. — Oii extrait le chlorure de sodium des

mines de sel -emme, des sources salées qui prennent naissance dans les terrains salillres, ou des eaux de la mer. Le sel gemme forme dans la terre des amas considérables. Quand il est en roches ou en masses compactes, on l’exploite à ciel ouvert ou au moyen de galeries, comme la houille. Les blocs extraits de la mine sont réduits en poussière dans des moulins (mines de Yieliczka en Pologne et de Gardone en Catalogne).

Le sel gemme en fragments décrépite souvent, quand on le dissout dans l'eau. Cette décrépitation est due au dégagement de gaz protocarbure d’hydrogène très-condensé, qui finit par briser les parois des cavités souvent imperceptibles qui le renferment, quand 1 action dissolvante

de l’eau les a suffisamment amincies.

Si le sel gemme est mélangé de matières terreuses, on le purifie en le

dissolvant dans l’eau et en évaporant sa dissolution. On opère souvent la dissolution dans la mine elle-meme. A cet effet, on ereuse un trou de sonde qui aboutit au milieu d’une masse de sel, et l’on fait descendre un long tube muni d’ouvertures à sa partie inférieure. On fait arriver de l’eau dans le trou.de sonde, elle dissout le sel gemme et donne une dissolution dont les parties les plus concentrées vont au fond et pénètrent dans le tube par les ouvertures inférieures. L’eau continuant d affluer a l’extérieur, la dissolution concentrée s’élève dans ce tube h une hauteui moindre qu’autour, à raison de la diflerence de densité des liquides intérieur et extérieur. On amène la dissolution concentrée et contenue dans le tube à la surface du sol, au moyen d’une pompe. Comme elle contient 27 pour 100 de sel, on peut l’évaporer à l’aide de la chaleur.

On obtient ainsi du sel très-pur.

743. Sources salées. Bâtiments de graduation. — Les sources salces sont en général trop peu concentrées pour qu’on puisse les évaporer au feu avec proût. Il faut d’abord leur faire subir une concentration préalable par des moyens plus économiques; on y parvient au moyen des bà-

timents de graduation. ^ • t f

Ce sont des bâtiments en charpente, ouverts de tous côtés, qui portent

à leur partie supérieure des bassins où l’on fait arriver 1 eau salée, ci s’écoule par un grand nombre de petits orifices sur des fagots epines placés au-dessous, et, en mouillant la surface des branchages, e^ e se répand sur une énorme étendue. Elle y subit une évapoialion rapide, et, après s’ôtre concentrée, elle tombe dans un gran assii creusé à la partie inférieure. On la fait remonter de autre bassin supérieur, où elle retombe sur des lagots poui ^

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nouvelle graduation. L’opération, répétée cinq ou six fois, donne une eau contenant 20 à 22 pour 100 de sel.

Les bâtiments de graduation ont une grande longueur (400 à 500 mètres) et une largeur de 2 à 3 mètres seulement, leur hauteur est de 10 a 15 mètres; ils sont dirigés perpendiculairement à la direction du vent le plus sec qui règne dans la contrée, afin que l’évaporation y soit plus active.

Les eaux ainsi concentrées contiennent une notable proportion de sulfate de chaux et de soude et de chlorure de magnésium, que 1 eau salée a empruntés au sol qu’elle a parcouru. Si on les évapore, elles laissent déposer d’abord un sulfate double de chaux et de soude, qu on désigne sous le nom de schlot. On relire ce sel à l’aide de râteaux, et, quand le schlotage est terminé, le salinage commence, c’est-à-dire que du sel marin pur se dépose. On amène ce sel contre les bords de la chaudière, où il s’égoutte, il ne reste plus qu’à le faire sécher.

On ne peut recueillir tout le sel contenu dans ces eaux, parce que le chlorure de magnésium, se concentrant dans les eaux mères, finirait, en se déposant avec le sel, par lui communiquer une amertume désagréable elle rendrait déliquescent. Il est facile d’éliminer la magnésie, comme l’a montré Berthier. On ajoute de la chaux aux eaux concentrées par la graduation; elle déplace la magnésie qui se précipite, et forme du chlorure de calcium; si l’eau contient une quantité suffisante de sulfate de soude (sinon on en ajoute), il se produit par double décomposition du sulfate de chaux et du chlorure de sodium, à la température de l’ébullition le sulfate de chaux se précipite en entraînant avec lui le sulfate de soude en excès, à l’état de schlot. Il ne reste plus qu’une dissolution de sel marin pur, que l’on fait cristalliser sans avoir d’eaux mères.

744. Extraction du sel de l’eau de mer. — On 1 extrait ordinairement par l’évaporation spontanée de l’eau de mer dans des bassins imperméables, peu profonds et très-étendus, dont l’ensemble constitue un marais salant ou salin.

Dans le midi de la France, l’eau est amenée de la mer ou des étangs salés du littoral, dans un vaste bassin qui sert de réservoir. L’eau de ce bassin s’écoule lentement à l’aide de pentes ménagées dans une série de bassins rectangulaires très-peu profonds, où elle présente à l’air une surface d’évaporation considérable. Eu sortant de ces bassins, elle tombe dans un puits d’où on la fait remonter à l’aide d’appareils hydrauliques. On la conduit dans d’autres bassins, où l’évaporation se continue, et quand elle commence à déposer du sel, on la fait arriver (en l’élevant s’il est nécessaire) dans de nouveaux bassins plus petits et plus profonds, qu’on appelle tables salantes. La couche d’eau qui recouvre les tables a 5 à 6 centimètres d’épaisseur, et on la renouvelle à mesure qu’elle s’é-

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