LIV. in. CllAP. 11. TllÉOHlE DE L’AMMONIUM
U(i (ipptircil (lu ^ciirc (1*^ C6lui (^uc nous ti\ons cl(^ciil (î386J u propos de la dccoiuposiliou des sels alcalins, une dissolulion d’ammonia(iue sur le mercure, el plongèrent dans la dissolution l’clecU ode positive d’une pile, tandis que le mesure servait d’électrode négative; ils virent bientôt le mercure gonfler et prendre la consistance du beurre, sans cesser d’être métallique 11 se tonnait donc un amalgame, mais cet amalgame avait peu de stabilité ; abandonné h lui-même, il se détruisait en dégageant de l’ammoniaque et de l’hydrogène; le mercure reprenait alors son aspect et ses propriétés primitives.
On obtient aujourd’hui plus facilement ce corps singulier en mettant une dissolution de chlorhydrate d’ammoniaque en contact avec de l’amalgame de sodium (499) ; le mercure gonfle rapidement, et dans une telle proportion, qu’on le voit bientôt surnager à la surface de l’eau.
Ces expériences conduisirent Berzelius à admettre l’existence d’un composé peu stable d’ammoniaque et d’hydrogène, radical doué de propriétés métalliques, auquel il donna le nom d^ammonium, et dont il représenta la composition par la formule AzHL
D’après Ampère, l’ammonium existerait dans les sels ammoniacaux. La composition de ces sels s’exprime alors avec facilité; le chlorhydrate d’ammoniaque, AzH^,HGl, devient du chlorure d ammonium AzH Cl, iso
morphe du chlorure de potassium RCl.
Le sulfate d’ammoniaque à i équivalent d’eau devient du sulfate anhydre d’ammonium AzH^O,SQ3, analogue au sulfate anhydre de potasse K0,S03.
La dissolution d’ammoniaque contient dans cette hypothèse de l’oxyde d’ammonium dissous, et sa décomposition par la pile ou celle des sels ammoniacaux s’effectue d’après les lois ordinaires. L’oxygène et l’acide se portent au pôle positif, le métal à 1 electrode negati\e.
La préparation de l’amalgame d’ammonium par l’amalgame de sodium est un phénomène de déplacement analogue à celui que nous produisons quand nous mettons une lame de zinc dans un sel de cuivre. On a en
effet :
Na H- AzH^Cl = NaCl + AzH*.
La théorie de l’ammonium explique donc d’une manière très-simple les analogies des propriétés des sels ammoniacaux et des sels de potasse par une analogie de composition ; la supposition d un métal compose,
AzH’*, n’a rien d’ailleurs d’impossible, puisque nous connaissons déjà un
métalloïde composé, le cyanogène, et qu’il existe en chimie orgainqim^mi nombre considérable de radicaux organiques jouant le lô e ce ^ ’
cependant on ne peut se dissimuler que celte hypothèse, si mg qu’elle soit, soulève quelques diflicultés.
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CHIMIE INORGANIQUE
Nous ne nous arrôlerons pas à celle qu’onvoudrail tirer de ce fait, que l’ammonium n’a pas été isolé jusqu’à ce jour, on n’a pas plus isolé le fluor dont tout le monde admet l’existence ; il suffit qu’on ne démontre pas l’impossibilité d’une pareille découverte. L’objection suivante, due à M. Clievreul, est beaucoup plus sérieuse. Comment admettre que 1 ammoniaque AzH^ s’empare de l’hydrogène de l’acide chlorhydrique pour former de l’ammonium qui s’unirait ensuite au chlore; quand on voit, d’une part, l’ammoniaque avoir si peu d’afflnité pour l’hydrogène et, d’autre part, le chlore en posséder une si puissante pour ce corps?
Quoique l’hypothèse d’Ampère apporte une grande simplicité dans l’étude des sels ammoniacaux, cette objection et quelques autres encore ont empêché beaucoup de chimistes de l’accepter. *-
750. Sources de l’amuioniaqiie. La seule so.urce de 1 ammoniaque et des produits ammoniacaux employés dans les arts et les laboratoires ' a été pendant longtemps le chlorhydrate d’ammoniaque, qu’on tirait ;
exclusivement de l’Égypte. \
Ce sel existe tout formé dans la fiente et dans l’urine des chameaux ; |
ces matières, desséchées et brûlées, donnent une fumée épaisse, riche j en sel ammoniac, qui se condense avec la suie. Celle-ci, soumise à la | distillation, donne le chlorhydrate d’ammoniaque du commerce. ;
Aujourd’hui on retire beaucoup d’ammoniaque et de sels ammoniacaux des produits de la putréfaction et de la distillation des matières azotées. L’urine, en se putréfiant, donne naissance à du carbonate d’ammoniaque volatil, qui se dégage en communiquant à ce liquide l’odeur particulière qu’on lui connaît. En ajoutant à ces urines du plâtre (sulfate de chaux), on produit par double décomposition du sulfate d’ammoniaque fixe et du carbonate de chaux insoluble. La distillation des matières azotées (viande, corne, peau, etc.) produit également des eaux chargées de carbonate d’ammoniaque, qu’on transforme de la même manière en sulfate. L’épuration du gaz de l’éclairage au moyen du chlorure de manganèse fournit également une certaine quantité de sel ammoniac. Le manganèse est précipité par le sulfhydrate d’ammoniaque contenu dans le gaz ; il ne reste plus dans la liqueur que du chlorhydrate d’ammonh\que, qu’on extrait en évaporant le liquide décanté.
Enfin les eaux ammoniacales qui proviennent de l’épuration du gaz de l’éclairage servent, depuis les recherches de M. Mallet, à préparer l’ammoniaque en dissolution (14'J).
Chlorhydrate d’ammoniaque, Azll'VlCl (chlorure d’ammonium, Azll'‘Cl).
751. Préparation. — On torréfie le sulfate d’ammoniaque, provenant d’ordinaire des urines de vidange, pour détruire les matières organiques
LIV 111. CIIAP. II. SULFHYDRATE D’AM.MONIAQUE.
nui lui communiquent une odeur dés.ngrcable, et on les dissout dans l'eau, il laquelle on ajoute du sel marin. En évaporant le mélange à chaud, il se dépose du sulfate de soude et il reste dans la liqueur du chlorhydrate
d’ammoniaque, qui cristallise par refroidissement. On le sublime ensuite
dans des pots en terre, si l’on veut obtenir le sel ammoniac en pains, forme sous laquelle il est ordinairement livré au commerce.
75=» Propriété, et «sage,. -Le chlorhydrate d’ammoniaque en pains possède une certaine dexibilité. Cristallisé, il a la forme d’arborescences ou de feuilles de fougère constituées par une multitude de cristaux octaédriques accolés. L’eau en dissout environ les deux cinquièmes de son poids à la température ordinaire, en produisant un froid sensible, 1 eau bouillante en dissout son poids. Sa saveur est fortement salee; la chaleur
le volatilise sans le fondre. i • f
Les oxydes mélalliqnes le décomposent à chaud, en produisant de l’eau et un chlorure généralement volatil. Cette propriété le fait emplojer dans le décapage du cuivre ; c’est là son principal usage. 11 sert encore a
' préparer ia dissolution d’ammoniaque dans les laboratoires, eta pieu-
piter le platine de sa dissolution dans l’eau régale. Il donne, en effet, en se combinant au chlorure de platine un produit insoluble,
AzH3,HCl + PtCl^
oui donne de la mousse de platine par calcination .
La composition de ce corps s’établit facilement. 11 prend naissance par l’union de volumes égaux d’acide chlorhydrique et d’ammoniaque ; on effectue la combinaison des deux gaz sur la cuve à mercure. Sa formule
est donc AzH^HCl (624).
Snllhjiliale d’ammoiiiaiiue, Azll3,llS (sulfure (l’amniouiuni, AzlI'S).
753. Préparation. - On peut obtenir ce produit en faisant réagir a une basse température 2 volumes d’acide sulfhydrique et4 volumes d an moniaque secs. 11 se forme des cristaux très-volatils, dont la formule est
On leprépare, dans les laboratoires, en opérant de la maniéré suiu • On partage une dissolution d’ammoniaque en "S'! .
dans l’une d’elles on fait passer jusqu’à refus du gaz acii e ^“ 0 il se produit alors du bisulfhydrate d’ammoniaque, J
ramène à l’état de sulfhydrate ordinaire en lui ajoutant .
d’ammoniaque mise en réserve. o 1p nlomb des vi-
Ce corps se dégage des fosses d’aisances ‘ effets au
dangeurs, et nous avons vu que l’on combattait se
CHIMIE INORGANIQUE
moyen de sels métalliques (251), avec lesquels il donne des sulfures insolubles. Comme la couleur et les propriélés chimiques de ces sulfures varient beaucoup avec la nature du métal, on se sert de sa dissolution, dans les laboratoires, pour reconnaître ou pour séparer ces corps.
La dissolution de sulfhydrate d’ammoniaque dissout le soufre et donne du sulfhydrate d’ammoniaque sulfuré, correspondant par ses propriétés aux polysulfures alcalins. Dans la théorie de l’ammonium, la composition des composés sulfurés de l’ammoniaque est la môme que celle des composés sulfurés du potassium et du sodium. En elïet,
Le sulfhydrate d’ammoniaque AzH3,HS devient AzH'‘S, sulfure d’ammonium.
Le bisulfhydrate AzH3,2HS devient AzlDS,HS, sulfhydrate de sulfure
d’ammonium.
Le sulfhydrate sulfuré AzRs, HS H- S“ — ^ devient AzH^S" , polysulfure d’ammonium.
SELS A OXACIDES DE l’aMMONIAQUE.