LIV. I. Cil A P. 111. OZONC. S
sous rinlhieiice tic l’air, l’éther s’acidifie et il se forme eu meme temps de l’eau oxygénée. On le démontre en ajoutant au liquide une goutte d’acide chromique étendu et agitant, pourpermetlre à l’éther de dissoudre l’acide perchroniique formée.
ÜZÜNK (ôXt„ odeur).
lOG. L’oxygène peut acquérir dans certaines circonstances une odeur particulière et un pouvoir oxydant plus considérable que celui qu’il possède d’ordinaire. A cet état, on lui donne le nom à'ozone.
La découverte importante de l’ozone est due à M. Schœnbein. Ce savant constata, en 1840, que l’oxygène dégagé au pôle positif de la pile pendant la décomposition de l’eau sous l’influence du courant voltaïque, possédait les propriétés nouvelles que nous venons d’indiquer; il les attribua d’abord à un corps particulier mélangé à l’oxygène, mais une étude plus approfondie des propriétés et des circonstances de la production de l’ozone a fait abandonner cette hypothèse.
107. Propriétés de Fozone. — L’oxygène odorant se comporte, dans la plupart des cas, comme le chlore et le brome. Il décompose, en effet, l’iodure de potassium en mettant l’iode en liberté ; mais si on le fait agir sur une dissolution de ce sel, l’ozone est absorbé et transforme l’iodure en iodate. Un papier amidonné, imprégné d’iodure, deviendra donc bleu au contact de l’ozone, et pourra servir de réactif à ce corps; on emploiera, au contraire, la solution d’iodure pour constater le pouvoir oxydant de l’ozone contenu dans de l’oxygène odorant.
Quand l’ozone est humide^ il oxyde la plupart des métaux et les amène à leur maximum d’oxydation ; on fait l’expérience sur l’argent et le mercure ; mais si le gaz est sec, il n'y a pas d’oxydation, même avec le zinc. L’acide sulfureux et l’acide azoteux sont transformés en acide sulfurique et en acide azotique par l’ozone humide ; il peut oxyder l’azote en présence des bases puissantes et donner naissance à des azotates ; l’ammoniaque au contact de l’ozone est transformée en acide azotique. 11 détruit les matières organiques; il peut môme altérer rapidement le caoutchouc, il le perce et le rend cassant.
10b, Circonstances de la production de l’ozone. — D’après M- bcb03nbein, l’ozone ne se produit dans la décomposition de beau par la pile que si les électrodes sont formées d’un métal inoxydable, et si l’eau est rendue conductrice par l’un des acides sulfurique, azotique, pbospborique, ou par quelques sels oxygénés. Les dissolutions des chlorures, bromures et iodures ne donnent pas d’ozone. M. Marignac, pour éliminer 1 influence de l’azote que M. Schœnbein croyait nécessaire è la production de l’ozone, a opéré la décomposition de l’eau dans le vide. L’expé-
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rience a élé continuée pendant plusieurs jours, et le quart de 1 eau du voltamètre décomposé ; à la fin de l’opération , l’oxygène était aussi odorant qu’au commencement. Ces résultats ont été vérifiés depuis par MM. Frémy et Ed. Becquerel. D’après M. Soret, en décomposant de l’eau additionnée de I/o d’acide sulfurique, dans un grand voltamètre refroidi è 5 ou 6° au-dessus de zéro, et dont les électrodes sont séparées par un diaphragme poreux, on peut obtenir un gaz odorant dont le pouvoir oxydant dépasse 1/100 du poids de l’oxygène recueilli. C est 1 oxygène le plus ozonisé C|ue l’on ait encore obtenu.
On obtient plus facilement l’oxygène odorant en faisant passer de 1 air humide sur des bâtons de phosphore contenus dans un tube de verre. L’expérience réussit également, si l’oxygène est mélangé d’hydrogène ou d’acide carbonique qui sont sans action sur le phosphore. Toutefois l’ozone ne se produit qu’autant que le phosphore peut s’emparer d une portion de l’oxygène, par conséquent l’oxygène pur ou mélangé d une trop petite proportion d’un gaz inerte (153) ne peut devenir odorant.
Ces faits ont été constatés par M. Marignac.
L’ozone prend également naissance quand on fait passer une série d étincelles dans de l’oxygène sec. C’est ce que M. A. de La Rive a démontré en 1846. Il faisait passer un courant lent d’oxygène sec obtenu au moyen du chlorate fondu à travers un tube de verre très-étroit dans lequel il avait scellé deux fils de platine dont les extrémités étaient très-rapprochées. L’un des fils étant mis en communication avec une machine électrique et l’autre avec le sol, il se produisait une série d’étincelles électriques dansle tube. L’oxygène qui se dégageait alors contenait une quantité très-appréciable d’ozone, ce qui prouve bien que l’ozone n’est qu’un état particulier de l’oxygène. En i85l MM. Becquerel et Frémy ont repris ses expériences. Ils remplissaient des tubes de verre d’oxygène pur, et
après les avoir fermés â la lampe, ils y faisaient passer une série d’étincelles au moyen de fils de platine qui traversaient leurs parois {fig. 3i). Au bout d’un certain temps , la pointe des tubes étant ouverte sur une dissolution d’iodiire de potassium, la diminution volume d’oxygène donnait le volume d’ozone produit. Ils consla- 3/, lèrent ainsi (pie la quantité d’ozone
formé croissait pendant un certain temps (dix ou douze heures), au bout duquel rélectricité semblait détruire ce (ju’clle avait produit d’abord.