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CHLORURE DE MAGNÉSIUM

818. On le prépare, dans les laboratoires, en dissolvant delà magnésie blanche dans l’acide chlorhydrique : il se dégage de l’acide carbonique.

En évaporant celte liqueur on obtient des cristaux hydratés qui ont pour composition MgCl-)-5HO, mais que l’on ne peut dessécher sans transformer le chlorure en oxyde (568), mais les ehorures alcalins donnent au chlorure de magnésium, en se combinant avec lui, assez de stabilité pour rendre possible sa dessiccation. On emploie d’ordinaire le chlorhydrate d’ammoniaque, et l’on chauffe vivement le mélangeai! rouge; le chlorhydrate d’ammoniaque se volatilise, et le chlorure de magnésium anhydre fond; on l’obtient ainsi sous forme d’une masse qui se partage facilement en lamelles micacées et que l’on conserve h l’abri de l’humidité de l’air.

L’eau de mer et la plupart des eaux des sources contiennent du chlorure de magnésium ; aussi, quand on les distille, elles finissent, lorsqu’elles sont trop concentrées, par laisser dégager des vapeurs d’acide chlorhydrique, par suite de la décomposition du chlorure sous l’influence de l’eau. Il faut tenir compte de ce fait dans la distillation des eaux chargées de quantités notables de ce sel.

819. Caractères «les sels de mag'iiésie. — Les sels de magnesic soluhles sont caractérisés par une saveur spéciale amère et désagréable. L’ammoniaque y donne un précipité, mais la moitié seulement de la magnésie est déplacée, parce que les sels de magnésie, avec une quantité équivalente de sel ammoniacal, donnent des sels doubles que l’ammoniaque en excès ne décompose plus. Le carbonate d’ammoniaque ne donne pas de précipité dans les liqueurs qui coniicnnent des sels ammoniacaux; mais le phosphate de soude y donne un précipité cristallin de phosphate ammoniaco magnésien. La potasse caustique et le carbonate

CHIMIE INOHCANIQUE.

(ie polasse produisent dans les sels de magnésie un i)récipité blanc, gélatineux, Irés-soluble dans une dissolution de sel ammoniac.

ALUxMINIUM = 13,75.

L’aluminium est le métal le plus abondamment répandu dans la nature. Il y existe à l’état d’alumine, base de toutes les argiles. L’argile est en effet un silicate d’alumine hydraté (A1^0^,Si0^,2H0) plus ou moins mélangé de matières étrangères, provenant de la décomposition desfeldspatbs, qui constituent, comme nous l’avons déjà dit, l’im des éléments importants des roches granitiques dont l’écorce terrestre est principalement formée. Ce n’est néanmoins que depuis un petit nombre d’années que l’on connaît les propriétés éminemment ulilisablcs de ce métal et qu’on le prépare industriellement. La raison en est simple : les méthodes peu compliquées de la métallurgie ordinaire, qui consistent principalement dans la réduction des oxydes par le charbon, ne s’appliquent pas à l’aluminium ; son extraclioi^ suppose des connaissances chimiques bien plus approfondies que celles qui guidaient autrefois les métallurgistes, et que nous ne possédons que depuis peu d’années. Il suffit de remarquer, pour s’en convaincre, que la découverte de l’aluminium est nécessairement liée comme conséquence à celle de métaux alcalins, seuls réducteurs capables d’opérer le déplacement de ce métal de quelques-unes de ses combinaisons.

820. lEistorîquc de la décoiiTcrtc de l’alumiiiinm. — Davv, BerzClius et CErstedt essayèrent inutilement de réduire l’alumine par le courant de la pile; ce ne fut qu’en 1827 que ce métal fut isolé en môme temps que le glucinium et le zirconium par M. Wohler, au moyen d’un procédé ap[)licable à plusieurs autres métaux. OErstedt, utilisant une réaction indiquée par Gay-Lussac et Thénard, était parvenu à préparer le chlorure d’aluminium en faisant passer un courant de chlore sur un mélange intime de charbon et d’alumine. C’est ce chlorure quelM. AYohler

réduisit i»ar le potassium. Ces recherches, reprises par lui en 1845, ne donnèrent toutefois de ce métal qu’une idée bien imparfaite. Comme on ne l’obiena.t qu’en poussière ou en globules très-petits, plus ou moins mélangés de matières étrangères qui augmentaient singulièrement sonallérabililéct modifiaient ses propriétés physiques, on fut conduit à le ranger dans la classe des métaux qui décomposent l’eau bouillante et à le considérer comme dénué de toute propriété susceptible d’application pratique.

En 185-4, M. H. Sainte-Claire Deville parvint à l’obtenir à l’état de pureté et lui découvrit des propriétés inattendues qui le plaçaient parmi les métaux les plus utiles. L’année suivante, il put faire lignrer à l’Expo-

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