CHAPITRE V
ZINC, Zn = 33.
835. Préparation dn zinc pur. — Le zinc du commerce contient toujours un peu de plomb, de fer et de carbone; il renferme rarement de 1 arsenic; dans ce cas, il donne de l’hydrogène mélangé d’arséniure d’hydrogène quand on le dissout dans les acides. On lui enlève facilement son arsenic en chauffant dans un creuset un mélange de 4 parties de zinc en limaille et de 1 partie d’azotate de potasse, disposés par couches alternatives, et en terminant par une couche de salpêtre. Le sel fond d’abord et recouvre toute la surface du zinc d’une couche liquide, et, à im moment donné, il se produit une vive déflagration, pendant laquelle tout arsenic et une portion du zinc s’oxydent. Le métal restant se rassemble lu fond du creuset.
En distillantce zinc ou le métal du commerce exempt d’arsenic dans
CHIMIE INOHGANIQUE.
une cornue de grès, on le sépare du fer et du charbon qui y sont conte- nus, mais il relient toujours une trace de plomb entraînée par la vapeur du zinc. On n’obtient ce métal dans un état de pureté absolue qu’en distillant un mélange d’oxyde de zinc pur (841) et de charbon de sucre.
836. Propriétés. — Le zinc est un métal blanc bleuâtre, dont la texture est cristalline. S’il est pur, on peut le marteler et le réduire en feuilles à la température ordinaire, mais le zinc du commerce est toujours un peu cassant à froid. Il se lamine facilement, au contraire, vers la température de 150^ il ne faut pas dépasser cette température, car il devient tellement cassant vers 205°, qu’on peut le pulvériser dans un mortier. La den- sité du zinc fondu est 6,862, elle s’élève jusqu’à 7,2 par le marrtelage. Ce • métal a une mollesse particulière qui le fait adhérer à l’outil ; il graisse la » lime. Le plomb, qui est bien plus mou que lui, ne possède pas cette pro- ■ priélé ; on ne la retrouve que dans le cuivre, mais à un moindre degré, et il est remarquable que le laiton, qui est un alliage de cuivre et de zinc, graisse beaucoup moins la lime que ces deux métaux.
Le zinc fond à 350°, il distille à 1040°.
837. Action tics métalloïdes. — Le zinc ne s’altère pas dans l’oxygène ^ pur et sec à la température ordinaire; mais au contact de l’air sa surface * se recouvre d’une couche d’hydrocarbonate imperméable à l’air et inso-lubie dans l’eau ; cet enduit protège le reste du métal de l’oxydation. A. chaud, il s’enflamme à l’air et brûle avec un vif éclat ; on utilise cette' propriété dans les chandelles romaines : c’est de la limaille de zinc enflammée par de l’azotate dépotasse en décomposition qui produit les « étoiles brillantes projetées lors de l’explosion de ces pièces d’artifice.
Le soufre exerce sur le zinc une action remarquable, que nous avons ' déjà eu l’occasion de signaler; on peut distiller du soufre sur ce métal 1 sans que celui-ci soit altéré ; mais si l’on fait passer dans un tube un mé- lange de vapeurs de soufre et de zinc, il y a combinaison, accompagnée ' parfois d’explosion. Un mélange de zinc et de cinabre ou de persulfure * de potassium fait également explosion quand on le chauffe.
Le chlore, le brome, l’iode, le phosphore et l’arsenic se combinent di- rectement au zinc.
838. Action «les acides. — Les acides étendus, et surtout l’acide sul- furique, n’attaquent pas facilement le zinc pur, à moins que l’on n’opère ' dans des vases de platine ou de métaux peu altérables, car, dans ce cas, le métal du vase devient le pôle positif d’une pile dont le zinc est l’élément attaquable. Dans un vase de verre, l’action pourrait être absolu- * ment nulle. Le zinc ordinaire s'attaque toujours facilement dans les acides; cela tient à ce que les métaux étrangers qu’il renferme sont ' électro-négatifs par rapport à lui, et jouent le môme rôle que le métal des vases métalliques.