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MV. III. CHAP. V. ZINC

Les acides chlorhydrique et sulfurique, eu dissolvant le zinc, dégagent de l’hydrogène; mais l’acide azotique donne du protoxyde d’azote- il peut même dissoudre le zinc sans dégagement d’acide, s’il est très-étendu et il produit alors de l’azotate d’ammoniaque. Avec l’acide sulfureux le zinc donne un mélange de sulfite et d’hyposulfite sans dégagement d’aucun gaz.

839. Action fies bases. — L’oxyde de zinc est une base puissante, il peut néanmoins se combiner avec les bases énergiques. Aussi le zinc peut-il se dissoudre dans une eau alcaline, avec dégagement d’hydrogène ; il se dissout même dans une dissolution de chlorhydrate d’ammoniaque, avec dégagement simultané d’hydrogène et d’ammoniaque L

840. Usa§res du zinc. — Ce métal est connu en Europe depuis le douzième siècle; on le connaissait sous le nom des Indes. Ilaété exploité d’abord en Chine par des procédés qui ont été importés en Angleterre en 1770, mais ce n’est que depuis une trentaine d’années que les usages de ce métal ont pris une grande extension. On s’en sert depuis longtemps déjà pour la fabrication du laiton. Comme il ne s’altère que superficiel-

I lement à l’air, en donnant un produit insoluble dans l’eau, on peut l’em- ! ployer en leuilles minces et légères à couvrir les toits ou à confectionner

des vases destinés à contenir l’eau ordinaire. Le seul inconvénient que présentent les toitures en zinc résulte de l’inflammabilité de ce métal; car en cas d’incendie, le zinc, en brûlant, peut lancer de tous côtés des particules enflammées susceptibles de propager le feu à distance.

Il faut éviter avec le plus grand soin de mettre des clous en fer ou des I soudures métalliques au contact des feuilles de zinc avec lesquelles on recouvre les toitures. Au contact de l’eau pluviale, les métaux formeraient avec le zinc un clément de pile dans lequel le zinc se corroderait rapidement. Aussi on agrafe simplement les feuilles les unes aux autres; de cette manière on ne gêne pas les mouvements de contraction ou d’extension du zinc, qui sont considérables par suite des variations de températur-e, car le zinc est le plus dilatable de tous les métaux connus.

Cette propriété du zinc, d’être électro-positif par rapport aux autres métaux usuels, permet de préserver le fer contre l’oxydation qu’il éprouve si rapidement à l’air. Il suffit, comme on l’a déjà dit, de recouvrir ce métal d’une couche de zinc. Cette opération, qui porte le nom de galvamsaticn, peut d’ailleurs s’effectuer de deux manières bien diffé-

D après Boeltger, lorsqu’on plonge une lame de cuivre dans la dissolution ainsi produite au fond de laquelle se trouve du zinc non dissous, on voit le cuivre se recouvrir d’une pellicule de zinc métallique réduit par le courant électrique produit par un couple dans lequel le cuivre devient l’élément attaquable et le zinc le pôle positif. On peut citer ce fait pour montrer 1 influence du liquide sur le sens du phénomène électrique produit par un même couple métallique.

CHIMIE iNORGANlQUÉ.

rentes. On trempe l’objet bien décapé que l’on veut galvaniser dans un bain de zinc fondu, qui s’allie superficiellement au fer, ou bien on dépose du zinc à la surface du fer par voie électro-chimique. Le second procédé n’altère en rien la solidité des pièces les plus délicates, tandis que le premier peut rendre cassants des objets un peu minces, parce que l’alliage superficiel qui prend naissance est lui-môme très-cassant.

Il faut éviter avec soin l’usage de vases de zinc pour les préparations culinaires, à cause de la facilité avec laquelle les acides les plus faibles attaquent ce métal, en donnant des sels vénéneux et qui ont déjà été la cause de nombreux accidents.

Oxyde de zinc, ZnO = 41.

841. Préparation. — On le prépare ordinairement en calcinant le carbonate basique de zinc obtenu en mélangeant à chaud deux dissolutions de sulfate de zinc pur et de carbonate de soude. Le carbonate de zinc peut contenir un peu de carbonate de soude que l’eau ne peut lui enlever ; mais, en lavant l’oxyde provenant de sa calcination, on dissout facilement tout l’alcali retenu par le carbonate.

La calcination de l’azotate de zinc donne de l’oxyde de zinc beaucoup plus compacte. Enfin on obtient aujourd’hui des quantités considérables de cet oxyde, à l’état de flocons légers d’une grande blancheur, en distillant le zinc du commerce dans des cornues en terre et brûlant la vapeur dans un courant d’air qui transporte l’oxyde dans des chambres où il se dépose.

842. Propriétés. — ■ L’oxyde de zinc est blanc à la température ordinaire; chauffé, il devient jaune, et perd cette couleur quand on le refroidit. Il est infusible et fixe. Le charbon le réduit au rouge; l’hydrogène peut également le réduire, mais beaucoup plus difficilement. Aussi, quand on fait passer sur de l’oxyde de zinc fortement chauffé dans un tube un courant lent d’hydrogène, on trouve dans la partie antérieure du tube de beaux cristaux d’oxyde qui semblent avoir été sublimés ; on ne trouve d’ailleurs aucune trace de zinc réduit; mais, si le courant est rapide, la presque totalité du zinc est réduite, et l’on ne trouve plus que très-peu d’oxyde de zinc. Ce fait, constaté par M. H. Sainte-Claire Deville, tient à ce que le zinc provenant delà réduction de l’oxyde entraîné parle courant de vapeur d’eau décompose celle-ci à son tour un peu plus loin ; quand le courant est rapide, le métal se trouve entraîné presque totalement dans des parties du tube où la température n’est plus suffisante pour la décomposilion de l’eau.

L’oxyde de zinc est une base puissante, isomorphe de la magnésie ; toutefois, ce cmrps n’absorbe point l’acide carbonique de l’air quand il

LlV. III. CHAP. V. OXYDE DE ZINC.

a été calciné; mais son hydrate, qu’on peut obtenir en précipitant un sel de zinc par une quantité convenable dépotasse, s’y combine avec facilité. Il s’unit aux bases et même aux oxydes indilfércnts, tels que l’alumine. Aussi, quand on précipite un sel de zinc par un excès de potasse, de soude ou d’ammoniaque, on voit l’oxyde, un instant précipite, se redissoudre rapidement dans un excès de réactif. Si l’on ajoute à une dissolution d’oxyde de zinc dans l’ammoniaque une dissolution d’alumine dans la potasse, il se précipite une combinaison des deux oxydes, soluble dans un excès d’alcali. On trouve, d’ailleurs, dans la nature un composé d’alumine et d’oxyde de zinc, ZnO,ADO% analogue au rubis spinelle et cristallisé comme lui en octaèdres réguliers.

On obtient aussi l’bydrate de zinc (ZnO,HO) cristallisé, en fixant du zinc à un morceau de fer et laissant le tout pendant quelque temps dans l’animoniaque caustique; il se dégage de l’hydrogène par suite de la décomposition de l’eau, et il se produit des cristaux transparents d’oxyde appartenant au système du prisme rbomboïdal droit, qui se déposcntsur le zinc et sur les parois du vase.

843. Usag'es. — L’oxyde de zinc obtenu par la combustion du zinc s’emploie dans la peinture. Cet oxyde remplace la céruse avec avantage, parce qu’il ne noircit pas, comme cette substance, sous l’influence des émanations sulfureuses. Cette différence tient à la propriété du zinc de donner un sulfure blanc, tandis que le sulfure de plomb est noir.

Pour cet usage, l’oxyde de zinc est délayé dans de l'buile, qu’on rend siccative en la faisant chauffer avec le bioxyde de manganèse ou en la mélangeant avec des sels de manganèse dont le sulfure est peu coloré. La peinture au blanc de zinc peut remplacer la peinture à la céruse dans l’intérieur des bâtiments ou pour les travaux artistiques ; mais, si on l’expose au soleil ou à l’humidité, elle paraît inférieure à l’ancienne peinture.

Cette nouvelle industrie, récemment fondée parM. Leclaire, a pris une extension considérable ; elle consomme annuellement plus de 6 millions de kilogrammes de blanc de zinc.

L’oxyde sert également à produire une nouvelle peinture sans huile ni essence, dont la découverte est due à M. Sorel. On délaye du blanc de zinc, au moment de s’en servir, dans une solution de chlorure de zinc à 58° de Baumé, additionnée d’un peu decarbonate de soude, demaLiière à former une peinture de consistance ordinaire, que l’on peut applupiei sur le bois, le fer et la toile. On obtient ainsi un oxychlorure d’un beau blanc mat, qui couvre autant que la peinture à la céruse et acquiert une grande solidité : on peut, en effet, laver ou brosser cette nouvelle peinture, sans la détruire; elle est, de plus, extrêmement économique. Malheureusement on n’a pas encore pu le colorer de diverses nuances, ce

CHIMIE liNOHGANIQUE.

qui limile nalurellemenl son emploi. La peinture ordinaire au blanc de zinc a pris, au contraire, une grande extension, parce qu’il a été possible, en mélangeant l’oxyde à d’autres substances exemptes de plomb, d’obtenir toutes les nuances le plus ordinairement employées dans la peinture L

Sulfate de zinc (vitriol blanc).

844. Préparation. — On l’obtient comme résidu de la préparation de l’hydrogène par le zinc; les piles voltaïques en produisent de grandes quantités; mais on le prépare surtout en Allemagne, à Goslar (Hanovre), où l’on exploite des minerais composés de sulfure de plomb, de cuivre, d’argent, de zinc et de fer. C’est un produit secondaire que l’on obtient en grillant les minerais les plus riches en zinc et en lessivant la masse encore chaude. La dissolution évaporée donne un mélange de sulfate de zinc et de fer. Ce produit desséché est distillé dans une cornue de terre ; le sulfate de fer se décompose en donnant de l’acide sulfurique fumant et du colcothar, qui reste mélangé avec le sulfate de zinc, beaucoup plus stajplle. On redissout celui-ci dans l’eau et on le fait cristalliser. Ces cristaux, fondus dans leur eau de cristallisation et coulés dans des formes à sucre, donnent, en se refroidissant, une masse cristalline connue dans le commerce sous le nom de vitriol blanc.

' Ce produit contient toujours des sulfates de fer, de cuivre et de magnésie. Il serait^assez facile de lui enlever le fer et le cuivre qu’il peut contenir, mais la magnésie est difficile à séparer. Pour obtenir le sulfate de zinc pur, on dissout le zinc du commerce dans l’acide sulfurique étendu, et l’on fait passer dans la liqueur un courant de chlore pour peroxyder le fer ; on fait ensuite chauffer légèrement la liqueur avec du carbonate de zinc, qui précipite le sesquioxyde de fer, en dégageant de l’acide carbonique. La liqueur filtrée ne contient plus que du sulfate de zinc qu’on fait cristalliser.

845. Propriétés. — Le sulfate de zinc est ordinairement en cristaux tiansparents, ettlorescents à la surface, qui contiennent 7 équivalents d eau et sont isomorphes de ceux de sulfate de magnésie. Sa saveur est âpie et styptique. Ce sel est soluble dans deux fois et demie son poids d’eau froide et dans son propre poids à 100'’. La chaleur le déshydrate d’abord, puis le décompose au rouge vif, en donnant un peu d’acide sulfurique et un mélange d oxygène et d’acide sulfureux ; il reste alors de l’oxyde de zinc. Nous avons indiqué, d après Gay-Lussac (640), l’action remarquable que le charbon exerce sur le sulfate.

1 Nous renvoyons, pour plus de détails sur l’industrie du blanc de zinc, à la Chimie industrielle de M. l’ayen, 2^ édition.

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