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LIV. ni. CHAP. VI. FPR

Ils peuvent former avec l’oxygène des composés doués de propriétés différenles, mais les oxydes de même composition de ces divers métaux sont analogues par l’ensemble de leurs propriétés chimiques. C’est ce qui ressort de l’inspection du tableau suivant :

FeO

MnO

CrO

CoO

NiO

protoxydes isomorphes de la magnésie et de l’oxyde de zinc.

Fe^O^

Mn30^

Cr30^

oxydes salins.

Fe*03

Mn^O®

Cr«03

Co203

Pvi203

Les deux derniers sont peu stables et peu connus ; les trois autres sont isopiorphes de l’alumine.

Mn02

Oxyde singulier, analogue du bioxyde d’étain.

Fe03

Mn03

Cr03

Oxydes acides. Les acides manganique et chromique forment des sels bien connus, les manganates et les chromâtes sont isomorphes des sulfates.

Mn207

Cr2Q7

L’acide perchromique est très-instable, l’acide hypermanganique forme des sels isomor-

plies des perchlorates.

On voit également que cette famille peut se subdiviser en deux groupes, l’un comprenant le fer, le manganèse et le chrome, l’autre le cobalt et le nickel. Ces deux’derniers métaux n’ont qu’un sesquioxyde peu stable et ne forment pas d’acide métallique. Nous étudierons le fer et le manganèse dans ce chapitre; les propriétés des autres métaux de cette famille seront indiquées d’une manière plus sommaire dans le chapitre suivant.

FER, Fe = 28.

Ce métal est très-répandu dans la nature, ainsi que nous le verrons en traitant de sa métallurgie; par ses propriétés, c’est de beaucoup le plus important de tous les métaux connus.

852. Préparation du fer pur. — Le fer du commerce contient toujours un peu de carbone et de silicium; pour l’obtenir à l’état de pureté absolue, on réduit l’oxyde de fer ou l’un de ses chlorures par l’hydrogène.

1° Réduction de l’oxyde par l' hydrogène. — On fait passer un courant d’hydrogène sur du sesquioxyde de fer chauffé dans .un tube de verre ou de porcelaine; il se produit de l’eau et du fer métallique très-divisé. Si la réduction s’opère k une température basse, le fer divisé s’enflamme dès qu’il a le contact de l’air. Mais il perd celte propriété quand il a été fortement chauffé dans le courant d’hydrogène où on le réduit. On fait ordinairement cette expérience, dans les cours, en réduisant le fer dans un tube de verre muni d’une ampoule, que l’on ferme à la lampe quand l’opération est terminée. On brise la pointe de celte ampoule refroidie et l’on secoue pour faire tomber le fer; ce métal s’enflamme dès qu il a le

CHIMIE INORGANIQUE

contact de l’air. L’expérience réussit toujours avec un oxyde de fer quelconque, à la condition de réduire à une basse température (250 à 300°).

Le fer n’est pas le seul métal capable de s’enflammer à l’air. Le nickel et le cobalt préparés de la rüiême manière possèdent cette même propriété, constatée pour la première fois par M. Magnus.

2° Réduction du chlorure. — On met du sesquichlorure de fer dans un tube de verre ou de porcelaine, l’on y fait passer un courant d’hydrogène bien desséché, et quand le tube est rempli de ce gaz, on chauffe vers 230° environ le point du tube où se trouve le chlorure, tandis que l’on porte au rouge vif la partie vide du tube. Le chlorure peut se volatiliser sans décomposition dans l’hydrogène à 250°, mais la réduction s’opère dans la partie fortement chauffée, dont les parois se tapissent de cristaux de fer brillants et transparents sous une faible épaisseur.

Le métal obtenu par l’une de ces deux méthodes est nécessairement divisé ; on prépare avec le fer du commerce un fer très-suffisamment pur, en fondant dans un creuset réfractaire de la limaille de fer avec un cinquième de son poids de sesquioxyde de fer. On recouvre le mélange de verre pulvérisé et l’on chauffe dans un fourneau au coke, alimenté d’air par un soufflet, pendant une heure environ. On obtient ainsi un culot métallique bien fondu.

853. Propriétés physiques. — A cet état de pureté, le fer a une couleur blanche se rapprochant beaucoup de celle de l’argent. Il jouit d’une ténacité extrême, il est plus mou que le fer ordinaire. Son poids spécifique est 7,84.

Le bon fer ordinaire en barres est blanc-grisâtre, sa cassure est fibreuse et hérissée de pointes. Son poids spécifique est d’environ 7,7. Il est toujours très-tenace, mais cette propriété varie avec le degré de pureté du métal. Il fond vers 1600°. Le fer se ramollit avant de fondre, et à cet état il possède la remarquable propriété de se souder sur lui-même. Les deux extrémités des barres de fer qu’on veut souder sont chauffées au blanc et saupoudrées d’un peu de sable, on les rapproche et l’on frappe avec un marteau sur les surfaces en contact; le sable se combine à l’oxyde de fer et forme un silicate fusible, ce qui permet de décaper les deux surfaces, qui se soudent alors et forment un tout d’une homogénéité parfaile. On doit remarquer que le fer et le platine sont, parmi les métaux usuels, les seuls qui jouissent à ce degré de cette propriété; on n’agglomère d’ordinaire les autres métaux qu’en les fondant ou en réunissant leurs diverses parties par l’intermédiaire d’un alliage plus fusible (soudure).

Le fer possède à un bien plus haut degré que tout autre corps la propriété d’être attiré par l’aimant; on retrouve d’ailleurs cette propriété dans la plupart de ses composés. Les autres métaux, excepté le nickel et

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