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LIV. III. ClIAP. VI. CIILOMUHKS DE FER

caèdres rhomboïdaiix, d’une couleur analogue à celle de l’or, très-durs et absolument inaltérables A l’air; ^2“ la sperkise ou pijrite blanche oui cristallise dans le système du prisme rhomboïdal droit, mais qu’on trouve ordinairement en rognons qui se délitent à l’air en s’oxydant et se transforment en sulfate de fer.

La pyrite jaune est tellement dure, qu’on s’en servait autrefois à la place du silex dans les armes à feu. Sa belle couleur jaune la fait souvent prendre pour de l’or dans les campagnes.

. ^ sous 1 une ou l’autre forme, est toujours inatta-

quable par les acides étendus; chauffé en vase clos, il se décompose en soufre et en sulfure, Fe^S\ x[u’on désigne sous le nom de pyrite magnétique, parce qu’elle possède, comme le composé oxygéné correspondant, la propriété d être attirée par l’aimant. Le grillage transforme ces sulfures en acide sulfureux et sulfate de protoxyde de fer; si la température est suffisamment élevée, il ne reste que du sesquioxyde de fer. C’est cette dernière réaction qui se produit quand on grille les pyrites pour en obtenir l’acide sulfureux nécessaire à la préparation de l’acide sulfurique.

La pyrite magnétique se produit toujours sous forme de petits cristaux

couleur de bronze, dans les vases de fer ou de fonte où l’on distille du soulre.

Chlorures de fer.

865. Protochlorure. — Il existe deux chlorures de fer correspondants au protoxyde et au sesquioxyde.

On obtient le protochlorure de fer anhydre en faisant passer un courant d’acide chlorhydrique sec sur du fer chauffé au rouge dans un tube de porcelaine. On obtient ainsi des écailles cristallines brillantes et incolores, très-solubles dans l’eau et formant avec elle une liqueur verte, d’où l’on peut retirer par évaporation des cristaux verdâtres de chlorure hydraté, FeC14-4HO. On obtient le chlorure hydraté en dissolvant le fer dans l’acide chlorhydrique.

866. Sesquichiorure. — Quand on chauffe du fera une température modérée dans un tube de verre où l’on fait passer du chlore, on voit le fer brûler et se transformer en paillettes d’un noir violacé, douées d’un éclat semi-métallique. Ces eristaux constituent le sesquichlorure de fer anhydre. Ils sont extrêmement solubles dans l’eau et donnent une liqueur jaunâtre foncé, qui, par évaporation spontanée, donne des cristaux d’un jaune-rouge de chlorure hydraté, Fe^GF-f- 12HO. On prépare ordinairement le sesquichlorure hydraté en dissolvant du fer dans l’eau régale ou du sesquioxyde de fer dans l’acide chlorhydrique.

CHIM[E INORGANIQUE

Cyanures de fer.

Les cyanures de fer correspondants au protocblorure et au sesquichlorure de fer ne sont pas bien connus, on peut môme douter qu’ils aient été isolés ; mais ils forment, en se combinant, soit entre eux, soit avec les autres cyanures métalliques, des combinaisons très-importantes.

Bleu de Prusse, 3FeCy -j- Fe^Cy'"* 9110.

Le bleu de Prusse fut découvert en 1704 par Diesbacb, chimiste de Berlin. On peut le considérer comme résultant de la combinaison de protocyanure et de sesquicyanure de fer hydratés.

867. Préparation et propriétés. — On le prépare en précipitant un sel de sesquioxyde de fer par une dissolution de cyanoferrure de potassium. Le bleu du commerce est ordinairement en masses légères, qui prennent sous le frottement un éclat métallique bronzé, se rapprochant beaucoup de celui de l’indigo. 11 est insoluble dans l’eau et dans les acides étendus ; l’acide oxalique le dissout et produit une belle encre bleue souvent employée. Les alcalis le transforment facilement en cyanoferrure de potassium et sesquioxyde de fer. Desséché dans le vide, le bleu de Prusse retient 9 équivalents d’eau; quand on le chauffe au-dessus de 200°, il se décompose en eau, en cyanbydrate et carbonate d’ammoniaque, qui résultent de l’action des éléments de l’eau sur le cyanogène; il reste alors dans la cornue où l’on opère la distillation un mélange de charbon et de fer carburé.

Le bleu de Prusse est employé dans la teinture, mais il constitue une couleur que les alcalis et môme la lumière seule altèrent facilement. M. Cbevreul a montré à ce sujet que le bleu de Prusse, exposé à l’action des rayons solaires, blanchissait en perdant du cyanogène, et qu’il redevenait bleu dans l’obscurité et au contact de l’air, en absorbant de l’oxygène, parce que, l’oxygène suroxydant une partie du fer du produit blanc, le métal et le cyanogène restants reproduisent le bleu de Prusse.

Il existe encore d’antres combinaisons analogues au bleu de Prusse et qui sont connues sous les noms de bleu de Prusse soluble, de bleu de Turnbull, etc., mais nous ne pouvons les étudier ici.

Cyanoferrure de potassium (2KCy -f FeCy -h 3110).

Ce corps est connu sous les noms de prussiate de potasse et de fer, de cyanure jaune, etc.

868. Préparation. — On le prépare en grand en calcinant au rouge

< UV. ni. CHAP. VI. CYANOFERUUllE DE POTASSIUM. ÏAl

sombre im mélange de malières azotées (cornes, débris de cuir chair desséchée) avec du carbonate de potasse et de la limaille ou des battitures de fer. On chauffe ensuite la masse avec de Peau au contact de Pair; il se produit du cyanoferrure, qui cristallise par refroidissement.

Voici la théorie de ce procédé. Nous avons dit (442) que le charbon et Pazote des matières animales peuvent, à une température élevée, secom biner pour former du cyanogène, quand la réaction s’opère en présence des alcalis; dans l’opération précédente, il se produit donc du cyanure de potassium, qui se trouve mélangé intimement avec du fer divisé; ce mélange absorbe rapidement l’oxygène de Pair, et se transforme en cyanoferrure de potassium et en potasse, d’après l’équation suivante, où l’on néglige Peau d’hydratation :

3KGy + Fe + O = 2KCy + FeCy KO.

Si Pon opère à l’abri du contact de Pair, Peau est en partie décomposée à l’ébullition; il se dégage de Phydrogène, et les mômes produits prennent naissance :

3KCy -1- Fe HO = 2KCy + FeCy -|- H KO.

On a préparé le cyanoferrure de potassium en Angleterre, pendant quelques années, par un procédé très-remarquable, qui consistait à faire arriver Pazote de Pair (dépouillé de son oxygène en passant sur du charbon rouge) sur une colonne de coke imprégné de carbonate de potasse chauffé à la plus haute température possible. Il se produisait du cyanure de potassium, qu'on dissolvait dans Peau; la liqueur, bouillie dans des bassins en fer avec du carbonate de fer naturel, se transformait en cyanoferrure de potassium et carbonate de potasse :

3KCy -F Fe0,C02 = (2KCy + FeCy) + KO.CO^.

Le premier procédé, plus économique, est exclusivement employé aujourd’hui.

869. Propriétés. — Ce sel est ordinairement sous forme de cristaux aplatis, de couleur jaune-citron, et facilement clivables. A 100° il perd son eau de cristallisation et se transforme en une matière blanche qui lOnd au rouge, en se décomposant en cyanure de potassium et en fer carburé. Chauffé avec de l’acide sulfurique étendu, il est partiellement décomposé. La moitié du cyanogène se dégage à l’état d’acide cyanhydrique, et il reste un corps blanc qui bleuit rapidement à Pair; c’est une combinaison de cyanure de fer et de cyanure de potassium (KCy-f-2FeCy) mélangée au bisulfate de potasse formé :

2(2KCy -(- FeCy) -|- GS03,H0 = 3(HCy) + 3(KO,HO,2SO=') -j- (KCy -F 2FeCy).

INORGAMQUE.

L'acide sulfurique plus concentré décompose le cyanure jaune, d’une manière extrêmement netle, en oxyde de carbone qui se dégage et en sulfates de fer, de potasse et d’ammoniaque. Cette opération, qu’on effectue en chauffant légèrement dans un ballon de verre le cyanure pulvérisé avec un excès d’acide, fournit un excellent mode de préparation de l’oxyde de carbone; il est bon néanmoins de faire traverser à ce gaz un flacon laveur contenant de la potasse, pour arrêter les vapeurs d’acide cyanhydrique qui pourraient se dégager. On se rendra facilement compte de cette réaction, qui se produit d’ailleurs avec la plupart des cyanures simples ou composés, si l’on se rappelle ce que nous avons dit de la tendance des composés de cyanogène à se transformer en ammoniaque, en fixant les éléments de A équivalents d’eau :

2(KC2Az)+F.'C^Az+3H0+G(S0â,H0)+3H0=2(K0,S03)+re0,S03+3(AzH3,H0,S03]+CC0

870. Cyanoferrures. — Le cyanoferrure de potassium est le type d’une classe nombreuse de composés représentés par la formule générale : 2MCy -f-FeCy, dans laquelle M représente un métal quelconque. On les prépare ordinairement en mélangeant une dissolution de cyanoferrure de potassium avec une dissolution du sel métallique. Ces composés insolubles se précipitent, et comme ils sont très-diversement colorés, le cyanoferrure de potassium devient un réactif très-utile pour reconnaître le métal d’un sel. Les cyanoferrures de sodium, de calcium, de barium et de strontium se préparent directement comme celui de potassium ; ils sont, comme lui, solubles dans l’eau.

Ces divers cyanures doubles de fer et d’un autre métal ne présentent pas les caractères des sels de fer ordinaires ; la potasse n’en précipite pas l’oxyde, le sulfure de potassium n’y détermine pas de précipité de sulfure de fer. Le fer est donc, dans ces composés, à un étal bien différent de celui qu’il a dans les sels ou dans les composés binaires qui se comportent comme eux.

Ces raisons ont conduit Gay-Lussac à admettre que les éléments invariables de ces composés faisaient partie d’un radical composé qu’il a nommé ferrocyanogène ou cyanofei, et auquel il a attribué la formule Cy^Fe. Ce radical, toujours combiné à 2 équivalents d’un métal quelconque , donne des composés représentés par la formule générale M2(Cy^Fe). Ces composés deviennent les analogues des chlorures métalliques, et se comportent comme eux dans toutes les réactions chimiques.

Si l’on traite, par exemple, le cyanoferrure de plomb, Pb-(CyTe), tenu en suspension dans l’eau, par l’hydrogène sulfuré, on obtient un précipité noir de sulfure de plomb et un composé analogue aux hydracides ordi-

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