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LIV. 1. CHAP. IV. PROTOXYDE D’AZOTE. <j;j

quand on les clianflc, n’a pas permis de prendre la densité de leur vapeur.

Tous ees corps sont facilement détruits par la chaleur, excepté l’acide liypoazolique, qui ne se décompose qu’au rouge vif en oxygène et azote; aussi trouve-t-on toujours ce corps dans les produits de la décomposition des composés oxygénés de l’azole sous l’influence de la chaleur. Les formules suivantes nous montrent ce qui se passe alors pour chaque corps en particulier :

4AzO = AzO'* -f- 3Az ,

• 2AzO^ = AzO'^ q- Az ,

4AzQ3 = 3AzO^'' -h Az ,

AzQS = AzO^ -h O.

PnOTÜXYDE D’AZOTE, AzO = 22.

Historiiiue. — Découvert par Priestley en 1772, le protoxyde d’azote a été étudié successivement par Berthollet (1795) et, dans le commencement de ce siècle, par H. Davy.

113. Préparation. — On introduit dans une petite cornue de verre munie d’un tube abducteur 25 à 30 grammes d’azotate d’ammoniaque

Fig. 3G.

desséché; on chauffe modérément la cornue sur un petit fourneau à main; l’azotate fond d’abord et se décompose en eau et protoxyde d’azote 36).

AzH3,HO,Az05 = 4HO 2AzO.

Si l’on chauffait trop, une partie du protoxyde d’azote se transformerait en azote et acide hypoazotique, et, de plus, la décomposition de l’azotate d’ammoniaque pourrait devenir tellement vive, qu’elle déterminerait l’explosion de l’appareil. On recueille le gaz sur l’eau, mais il y est notablement soluble ; il faut donc boucher les flacons où on le reçoit.

Cil IM 11^ INOUr.ANIQUC.

à mesure qu’ils sonl pleins, pour éviter sa dissolution. On peut en obtenir de 7 à 8 litres avec le poids indiqué plus haut.

114. l'ropriétés physiques. — Gaz sans couleur, sans odeur, d’une

saveur légèrement sucrée. Son poids spécifique est 1,527 ; 1 litre de ce gaz pèse \ L’eau en dissout son volume à la température de 5° (77).

Il est encore plus soluble dans l'alcool. On peut l’obtenir à 1 état liquide (Faraday) ; il suffit de le soumettre à une pression de 30 atmosphères dans un appareil refroidi à 0°. Il constitue un liquide ordinairement verdâtre, très-mobile, qui bout à — 88° et se transforme vers 100 en cristaux transparents de protoxyde solide, quand on l’évapore rapidement sous le récipient de la machine pneumatique.

115. L<iq U éf action du protoxyde d’azote. — L’appareil qui sort actuellement à liquéfier le protoxyde d’azote, se compose d’un réservoir R en fer forgé auquel on peut visser un corps de pompe G dans lequel on fait mouvoir un piston p au moyen d’une manivelle [fig. 37). Le gaz

pénètre dans le corps de pompe par la tubulure soulève la soupape conique Z qui ferme l’extrémité inférieure du réservoir où il se liquéfie. On facilite l’opération en entourant de glace ou même d’un mélange ré- IVigéranl Mie réservoir R; il faut de plus refroidir le corps de pompe

UV. I. CllAP. IV. PUOTOXYDli: h’AZOTK.

que le mouvemenl rapide du piston échauffe considérablement, on faisant circuler de l’eau froide dans le manchon M' qui l’entoure.

Quand on a liquéfié assez de gaz, on dévisse la pompe G, on retourne l’appareil, et l’on tourne la vis qui ferme par sa pointe conique l’extréinité supérieure du réservoir [fîg. 38). Le liquide, poussé par le gaz comprimé qui reste dans l’appareil, s’échappe par la tubulure latérale t. On le reçoit dans un tube de verre fixé dans le bouchon d’un flacon à large ouverture qui contient des matières desséchantes, de l’acide sulfurique, par exemple. On évite ainsi le^ dépôt de givre qui se produirait sur le tube de verre refroidi par l’évaporation du protoxyde d’azote, si l’on opérait dans l’air ordinaire toujours humide. Cette disposition permet donc d’observer facilement le liquide et de plus de le manier en évitant autant que possible toutes les causes d’écbauffement extérieur à cause de la mauvaise conductibilité de l’air et du verre; aussi dans ces circonstances l’évaporation du protoxyde d’azote est-elle extrêmement lente.

116. Remarque sur les sfaz liquéfiables. — Le protOXyde d’azote est le premier exemple de gaz liquéfiable que nous ayons constaté, il faut remarquer de plus que c’est aussi le premier des gaz étudiés qui possède une solubilité notable ; il y a toujours entre ces deux propriétés une corrélation intime. Les gaz permanents sont toujours très-peu solubles (azote, oxygène, hydrogène, oxyde de carbone, bioxyde d’azote). Tous les gaz notablement solubles sont liquéfiables et souvent d’autant pins faciles h liquéfier qu’ils sont plus solubles. •

117. Action physiologique du protoxy<le d’azote. — H. Davy avait remarqué que le protoxyde d’azote produit, quand on le respire, des effets comparables à ceux que l’on obtient aujourd’hui avec l’éther et le chloroforme, qui provoquent une espèce d’ivresse plus ou moins agréable, suivie d’insensibilité complète. De là le nom de gaz hilarant qu’il lui avait donné. Mais la présence d’une petite quantité d’acide hypoazotique dans ce gaz le rend très-dangereux à respirer et peut provoquer dans les poumons des désordres très-graves. On s’expliquera ainsi comment la découverte de Lavy, que des expériences plus récentes ont pleinement confirmée, a pu être contestée pendant longtemps. La difficulté de préparer le protoxyde pur n’en rend pas moins son usage impossible jusqu’ici dans la pratique.

118. Propriétés chimiques. — Le protoxyde d’azote possède, comme l’oxygène, la propriété de rallumer une allumette présentant encore quelques points en ignition. Il doit cette propriété à la facilité avec laquelle, au contact des corps chauds, il se décompose en ses éléments, en donnant ainsi un mélange beaucoup plus riche en oxygène que l’air ordinaire. La combustion des corps qui peuvent brûler dans l’air sera donc plus vive dans le protoxyde d’azote, sans toutefois être aussi énergique que dans l’oxygène pur.

ClilMili: INORGANIQUE.

On met en évidence le pouvoir comburant du protoxyde d azote en plongeanl dans des llacons remplis de ce gaz un morceau de phosphore, de soulre et de charbon enflammes préalablement à l’air {fuj. 39). La combustion de ces diverses matières s’effeclue avec éclat, et les produits de la combustion ne dillèrent de ceux que l’on a obtenus dans l’oxygène pur que par l’azote du protoxyde

employé.

Si l’on remplit une éprouvette de parties égales d’hydrogène et de protoxyde d’azote, et que l’on plonge une bougie enflammée dans le mélange, il s’enflamme en produisant une explosion. Le passage de l’étincelle électrique produirait le meme effet. Les produits de la combustion sont de l’eau et de 1 azote :

AzO + H = Az + HO.

119. Analyse du protoxyde d’azote. Cette propiiété du protOXydc d’azote permet de déterminer facilement sa composition. Si nous introduisons dans l’eudiomètre à mercure 100 volumes de protoxyde d’azote et 100 volumes d’hydrogène, après le passage de l’étincelle, il restera 100 volumes d’azote parfaitement pur, et de l’eau se condensera sur les parois de l’eudiomètre. Il résulte de cette expérience que 100 volumes de protoxyde d’azole sont formés de 100 volumes d’azote et de 50 volumes d’oxygène nécessaires pour absorber les 100 volumes d’hydrogène qui ont disparu en donnant naissance à l’eau formée.

Il est un autre moyen plus simple encore et tout aussi exact d’analyser ce gaz. Dans une cloche courbe placée sur la cuve à mercure {fig. 40), on introduit du protoxyde d’azote, et l’on tait arriver dans la cavité de la partie courbe un petit fragment de sulfure de barium L On chauffe le sulfure avec une lampe à alcool; il absorbe alors l’oxygène du protoxyde, et l’azote reste. Après le refroi-

Fig. 40.

I Le potassium décompose plus facilement les composés oxygénés de l’azote que le sulfure (le barium mais il a l’inconvénient d’absorber un peu d’azole.

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