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CHLORURE DE COBALT

906. i*rép.aration et propriétés. — On l’obtient en dissolvant l’oxyde ou le carbonate dans de l’acide chlorhydrique; sa dissolution donne par évaporation des cristaux rouge-grenat de chlorure anhydre. Ce sel possède la singulière propriété de devenir bleu, quand on ajoute a sa dissolution de 1 acide chlorhydrique concentré ou quand on le porte a une température convenable. Dans ce dernier cas, la dissolution repiend sa couleur en refroidissant. Lorsqu’on écrit avec une dissolution étendue

CHIMIE INORGANIQUE

de chlorure de cobalt, on obtient des caractères à peine visibles; mais si Ton chauffe légèrement le papier sur lequel on les a tracés, ils apparaissent avec une belle teinte bleue foncée, pour disparaître ensuite, si l’on n’a pas trop chauffé le papier. Le chlorure de nickel peut s’employer au môme usage, et les encres de sympathie sont le plus souvent composées d’un mélange de ces deux chlorures. On ne peut attribuer ces phénomènes à un changement de composition du sel, à une déshydratation, par exemple, car la coloration se produit également quand on chauffe la dissolution concentrée dans des tubes fermés.

907. Application du nickel et du cobalt. — Le nickel s’emploie pour la confection d’alliages, dont les plus importants sont le maillechort et l’alliage monétaire de la monnaie d’appoint de la Belgique (alliage de cuivre et de nickel). Ces alliages ont une belle couleur blanche qui se rapproche de celle de l’argent, et sont peu altérables à l’air. Le cobalt ne s’emploie qu’à l’état de combinaison ; son oxyde donne en effet, en se dis- , solvant dans le verre, une belle substance bleue (smalt); c’est la base du bleu de cobalt ou bleu Thénard; enfin, combiné à l’oxyde de zinc, il donne une belle couleur verte (vert de Rinmannj.

908. Préparation de ces diverses matières. — On trOUVe le CObalt et le nickel à l’état d’arséniosulfures, dans lesquels ces deux métaux sont ordinairement associés. Cependant on trouve à Tunaberg (Suède) un minerai de cobalt (cobalt gris), qui ne renferme presque pas de nickel et qu’on emploie avec avantage pour la préparation de l’oxyde destiné à la décoration de la porcelaine. A cet effet, on fond ce minerai avec du soufre et du carbonate de soude, et l’on obtient un culot de sulfure de cobalt et

une scorie de sulfure d’arsenic combiné au sulfure de sodium. Le culot, i traité par l’acide sulfurique concentré et chaud, donne du sulfate de cobalt, d’où l’on extrait facilement l’oxyde.

On prépare le bleu Thénard en calcinant un mélange de phosphate de cobalt et d’alumine en gelée; le phosphate s’obtient en précipitant le sulfate de cobalt par le phosphate de soude. Cette belle couleur bleue, employée dans la peinture, noircit malheureusement par l’action prolongée de la lumière.

Le smalt s’extrait du kupfernickel (sulfoarséniure de nickel), contenant du cobalt; on commence par le griller, afin de se débarrasser de la majeure partie de l’arsenic, et l’on mélange intimement le produit du grillage avec du sable blanc et du carbonate de potasse. Ce mélange, fondu, donne un verre coloré en bleu par l’oxyde de cobalt, tandis qu’au fond du creuset il se dépose une matière d’apparence métallique, qui porte le nom de speiss et contient du soufre, de l’arsenic, du nickel, du fer et du cuivre. Le verre refroidi est pulvérisé et mis en suspension dans l’eau, afin d’en séparer des parties Irès-ténues qui possèdent une cou-

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