LIV. III. CHAP. VIII. CHLORUIUiS D’ÉTAIN
l’acide azotique apoiir formule Sn^O,*®10HO; chauffé à 100", il perd 5 équivalents d’eau; cet acide, insoluble dans les acides, se combine seulement à 1 équivalent de base et donne des métastannates, dont la formule générale est
MO,4HO,Sn50io.
2® Acide stanni que . — L’acide stannique est soluble dans l’acide chlorhydrique et régénère le bichlorure hydraté; il se dissout également dans l’acide sulfurique. Il a pour composition SnQ2,HO et donne des sels de composition générale :
M0,Sn02.
On passe facilement d’une modification à l’autre ; ainsi les métastan- 1 liâtes, bouillis avec un excès de potasse, se transforment en stannates. Un stannate neutre fortement chauffé se transforme en métastannate plus stable et en alcali. On voit que les deux acides, quoique ayant la même I composition centésimale, ont une capacité de saturation bien différente ; l’acide stannique sature, en effet, une quantité de base cinq fois plus forte que l’acide métastannique. On exprime ordinairement cette dissemblance de propriétés de corps de composition analogue par la dénomination de corps isomères.
916. Usages. — On n’emploie que l’acide métastannique. C’est lui qui donne aux verres opalescents cette propriété ; il entre dans la composition des émaux et du pink-colour employé à donner à la faïence la couleur rouge-sang; on prépare cette couleur en calcinant au rouge un mélange de 100 de bioxyde d’étain, 34 de craie et 1 partie environ d’oxyde de chrome.
CHLORURES d’eTAIN.
Les deux chlorures d’étain correspondant au protoxyde et au bioxyde d’étain sont fréquemment employés en industrie ; ce sont d’ailleurs les seuls composés, autres que l’oxyde, doués de quelque importance.
Proloclilorure, SiiCI.
917. Préparation. — En dissolvant l’étain dans l’acide chlorhydrique concentré, on obtient une liqueur donnant par évaporation des cristaux de chlorure hydraté, SnCl-(-2HO. C’est le sel d’étain des teinturiers. On obtiendrait le protochlorure d’étain anhydre en chauffant l’étain dans un courant de gaz chlorhydrique; il ne présente d’ailleurs aucun intérêt.
918. Propriétésdu chlorure hydraté. — Lechlorured étain hydiaté, soumis à l’action de la chaleur, fond à 250®, en se décomposant paitie lement. Il se dégage de l’eau et de l’acide chlorhydrique, et il leste un
mélange de chlorure anhydre et de bioxyde; une température plus élevée en sépare le chlorure, qui distille, et il reste dans la cornue une petite quantité de bioxyde d’élain.
Ce chlorure se dissout dans l’eau en produisant un froid très-vif; si la proportion d’eau est peu considérable, on obtient une liqueur limpide, mais en y ajoutant beaucoup d’eau, on en précipite un oxychlorure insoluble (SnCljSnO), et la liqueur devient acide.
C’est un réducteur puissant. On peut le démontrer en le mettant au con tactdes sels de mercure qui se trouvent précipités à l’état métallique par une quantité suffisante de ce chlorure. Versé dans du chlorure de cuivre, CuGl, il donne un précipité blanc de sous-chlorure de cuivre, Cu^Cl, en s’emparant de la moitié du chlore. Les dissolutions de protochlorure d’étain exposées à l’air donnent bientôt un précipité qui est une combinaison de bichlorure et d’acide stannique; mais, si elles sont fortement acidulées par l’acide chlorhydrique, elles conservent leur limpidité, parce que l’acide stannique se dissout à mesure qu’il se forme, en donnant du bichlorure hydraté.
Ces propriétés le font employer dans la fabrication des toiles peintes
pour ronger les couleurs de rouille ou solitaire, que l’on obtient en fixant '
sur les tissus du sesquioxyde de fer ou du sesquioxyde de manganèse. Il :
ramène, en effet, ces corps à l’état de protoxydes facilement solubles ^
dans les acides étendus, et permet de les enlever par des lavages avec ces : agents. ^ " !
Biclilorure, SiiCl’^. i
~ ®0‘’PS> connu sous le nom de liqueur fumante \
e Libavius, se prépare soit en distillant un mélange de 5 parties de bichlorure de mercure avec 1 partie d’étain en limaille dans une cornue de verre munie d’un récipient, soit en chauffant de l’étain dans un courant e chlore sec, et distillant ensuite le liquide ainsi obtenu.
920. Propriétés. — Liquide incolore, répandant à l’air d’épaisses fumées, tres-mobile, bouillant à 120». Sa densité à l’état liquide est 2 2, ce e de sa vapeur est égale à 9. Il se combine avec l’eau, en faisant entendre un sifflement aigu, etdonne un hydrate cristallisable, SnCr-4-5H0, qui se décompose en acide chlorhydrique et acide métastannique, quand 011 porte sa dissolution à l’ébullition. Le bichlorure d’élain se combine avec les chlorures alcalins et terreux, etdonne naissance à des chlorures doubles cristallisés et bien définis.
Le& teintuiiers 1 emploient pour rehausser l’éclat de la cochenille et la transformer en couleur écarlate ; ils se servent alors de compositions rf’étam^ qui sont des mélanges des deux chlorures obtenus en dissolvant le métal dans des eaux régales de composition différente, suivant l’usage
UV. III. CIIAP. VIII. ALLIAGES IVÉTAIN.
qu’on en veut faire. C’est avec une de ces compositions que l’on prépare le précipité connu sous le nom de pow'pre de Cassius (1018), employé pour la coloration du verre ou de la porcelaine.
CARACTÈRES DES DISSOLUTIONS u’ÉTAIN.
921. L’étain est précipité de ses dissolutions à l’état métallique et cristallin parle zinc. L’hydrogène sulfuré donne un précipité brun-marron de sulfure dans les dissolutions de protoxyde, et un sulfure jaune clair dans les dissolutions de bioxyde. Ces deux sulfures sont solubles dans le sulfhydrate d’ammoniaque. La potasse précipite le protoxyde ou le bioxyde à l’état d’hydrates blancs, solubles dans un excès de réactif. Le protoxyde hydraté est insoluble dans l’ammoniaque, l’acide stannique s’y dissout, les carbonates alcalins précipitent un oxyde hydraté des deux espèces de sels.