UV. III. CHAP. VIII. ÉTAIN
L’étain se combine dircclcment avec la plupart des mélalloïdes. Il décompose l’eau au rouge ci se transforme en bioxyde d’élain. 11 se dissout dans les acides sulfurique et chlorhydrique avec dégagement de gaz hydrogène, mais la dissolution s’opère avec lenteur, et seulement quand les acides ont un certain degré de^concentration. L’acide chlorhydrique concentré et chaud le dissout assez rapidement, en donnant du protochlorure d’étain. L’acide azotique attaque toujours l’étain, mais les produits de la réaction varient avec l’élat de concentration de l’acide. Si l’acide marque 12 à 15° à l’aréomètre de Baumé, l’étain se dissout sans dégagement de gaz, en s’oxydant aux dépens de l’eau et de l’acide; il se forme alors de l’azotate de protoxyde d’étain et d’ammoniaque. Si, au contraire, l’acide est concentré et si l’on opère à la température d’ébullition, il se dégage du bioxyde d’azote, et l’étain passe à l’état de bioxyde, SnO^; toutefois, il se forme encore un peu d’azotate d’ammoniaque. L’acide monohydraté pur n’exerce aucune action sur l’étain.
L’étain se dissout dans les dissolutions concentrées de potasse ou de soude, à cause de l’affinité de ses oxydes pour les alcalis ; il peut môme, grâce à cette propriété, se dissoudre dans des dissolutions concentrées de certains sels, tels que le sulfate de potasse, l’alun et le chlorhydrate d’ammoniaque.
913. Usa^^es. — L’étain, s’altérant peu au contact de l’air et des acides et ne donnant en outre que des sels non vénéneux à petite dose, est naturellement employé à la confection d’ustensiles destinés à contenir les matières alimentaires ; on en fait des couverts, des plats, des mesures de capacité pour les boissons, etc. L’étain en feuilles minces sert à envelopper le chocolat, le thé; mais sa fusibilité ne permet point d’en fabriquer les casseroles ou autres vases destinés à la cuisson des aliments ; on tourne heureusement cette difficulté par l’étamage, qui consiste à recouvrir d’une mince couche d’étain l’intérieur des casseroles de fer ou de cuivre. De cette manière, le vase, tout en possédant les propriétés de l’étain à l’intérieur, conserve l’infusibilité de la matière étamée. Voici comment on effectue l’étamage du cuivre. On saupoudre la pièce à ét-amer de sel ammoniacal, on la chauffe et on la frotte vivement avec un tampon d’étoupe, pour étendre le sel sur toute sa surface et la décaper ; lorsqu’elle est devenue très-brillante, on met une quantité d’élain convenable sur cette pièce, que l’on maintient sur le feu; lorsque l’étain est fondu, on l’étend sur la surface de cuivre avec un morceau d’étoupe.
oxYDiiS d’étain.
On connaît deux oxydes d’étain : le protoxyde, SnO, base faible et peu importante, et le bioxyde, SnO^, ou acide stannique.
CHIMIE INORGANIQUE
Prolovyde , SiiO.
914. Préparation et propriétés. — On traite la dissolution de protochlorure d’étain par un carbonate alcalin; il se dégage de l’acide carbonique et il se précipite de l’bydrate de protoxyde d’étain blanc, que l’on calcine à l’abri du contact de l’air, pour obtenir l’oxyde anhydre; ainsi préparé, c'est une poudre lourde, d’un violet noir, aussi combustible que l’amadou et qui donne, en brûlant, de l’acide stannique blanc. C’est une base faible; c’est ce qui résulte, d’ailleurs, du mode de préparation de l’hydrate au moyen des carbonates alcalins.
L’hydrate d’oxyde d’étain joue également le rôle d’acide, il se dissout dans la potasse et dans la soude; mais, si l’on évapore cette dissolution à un certain point de concentration, elle laisse précipiter du protoxyde anhydre en cristaux noirs assez volumineux. Toutefois, si la potasse est en grand excès, le protoxyde peut être décomposé en acide stannique, qui se combine à la potasse, et en étain métallique, qui se précipite sous forme de poudre noire.
^ Le protoxyde d’étain anhydre présente des propriétés physiques différentes, suivant son mode de préparation. Celui qui se dépose de la dissolution de l’hydrate dans la pota'sse est en cristaux noirs ; on obtient la même variété en faisant bouillir l’hydrate de protoxyde avec une eau légèrement alcaline, en quantité insuffisante pour le dissoudre. Ce même hydrate, bouilli avec l’ammoniaque, donne des cristaux anhydres de couleur olive ; mais, si, après avoir fait bouillir l’hydrate obtenu par la précipitation du chlorure par l’ammoniaque, avec un excès de réactif, on le dessèche à une douce chaleur avec le sel ammoniac formé dans la réaction, on voit cet hydrate blanc se transformer en un corps d’une belle couleur rouge. Cet oxyde, frotté avec un corps dur, se transforme en oxyde olive, identique à celui qu’on obtient par l’ébullition avec l’ammoniaque. C’est, d’ailleurs, la modification la plus stable du protoxyde, -car l’oxyde noir, chauffé à 250°, éprouve une espèce de décrépitation, et chaque cristal se transforme en une infinité de lamèlles de couleur olive.
Bioxyde d’élaiii, SnO^.
915. On connaît deux acides stanniques de propriétés physiques semblables, mais doués de propriétés chimiques bien différentes; l’un, l’acide métastannique, s'obtient par la réaction de l’acide azotique sur l’étain; l’autre, l’acide stannique, s’obtient en décomposant le bichlorure d'étain par le carbonate de chaux.
1° Acide métastannique. — Le produit de l'oxydation de l'étain par