LIV. III. CHAP. IX. BISMUTH
ne Pavons point fait, parce que nous avons admis que le caractère distinctif des métaux et des métalloïdes résidait dans l’éclat métallique et dans la basicité de l’un des oxydes (474). Ce caractère n’est donc pas absolu, comme on aurait pu le croire en se bornant à l’examen des métalloïdes et des métaux bien caractérisés, comme le soufre ou fe fer; mais il serait impossible de lui en substituer un autre d’une plus grande valeur. Il faut d’ailleurs remarquer que, dans toutes les familles des métalloïdes* on voit, à mesure que l’équivalent s’élève, les propriétés physiques se rapprocher de celles des véritables métaux. Exemples : sélénium, iode, silicium. Il peut en être de môme des propriétés chimiques de l’oxyde: ainsi, le tellure forme avec .l’oxygène un composé doué d’une certaine tendance basique qui a fait ranger ce corps, par Berzelius et d’autres chimistes, dans la classe des métaux.
BISMUTH, Bi = 106,43.
933. Préparation. — On trouve le bismuth dans la nature à l’état natif; sa fusibilité permet de le séparer facilement de sa gangue, en le fondant dans des tubes inclinés, chauffés dans un four. Le métal ainsi obtenu est impur, il contient un peu de soufre, d’arsenic et quelques
métaux étrangers, dont on le sépare en le fondant avec 1/40 de son poids de nitre.
On obtient du bismuth absolument pur, dans les laboratoires, en fondant dans un creuset un mélange d'azotate basique de bismuth et de flux noir (706).
934. Propriétés. — Ce métal est surtout intéressant au point de vue de ses propriétés physiques; il a peu d’applications importantes.
Le bismuth est un métal d’un hlanc légèrement rougeâtre, à structure cristalline, on ne peut pas le travailler, car il se pulvérise sous le marteau. Sa densité est égale à 9,8.
La chaleur le fond, à 264% en un liquide notablement plus lourd que le métal solide; on peut faire surnager des morceaux de bismuth à la surace d’un bain de ce métal ; il augmente donc considérablement de voume en se solidifiant, et lorsqu’il est sur le point de se figer, il perce a croûte extérieure déjà solidifiée et sort en partie pour se congeler, i egalement démontrer ce fait en le fondant dans des tubes de
verre, qu il brise en se solidifiant, comme le fait l’eau dans les mômes
< circonstances. A une haute température, le bismuth peut être distillé en * vases clos.
On le fait cristalliser par fusion, et s’il a été suffisamment purifié par le nitre, on 1 obtient en magnifiques trémies d’apparence cubique, comme celles du chlorure de sodium, mais qui sont en réalité rhomboédriques.
CHIMIE INORGANIQUE
Ces cristaux, d’une beauté extraordinaire, sont irisés des plus belles couleurs. Ce fait tient à la production d’une nnince couche d’oxyde transparente, qui décompose la lumière de la même façon que les bulles de
savon. . „
Le bismuth est le type des substances diamagnétiques , comme e er
est le type des substances magnétiques.
Le bismuth ne s’altère pas à l’air, à la température ordinaire; dans l’eau, il se transforme lentement en hydrate de sous-oxyde, et ensuite en carbonate blanc, si l’air atmosphérique a accès. A une température elevée, le bismuth se transforme en oxyde, Bi^O^, en brûlant avec une petite flamme bleue. Cet oxyde fond en huile comme la litharge (938 . Les acides faibles sont sans action sur lui, mais les acides concentres attaquent; son véritable dissolvant est l’acide azotique ; avec les autres, I ac-
lion est lente.