LIV. III. CIIAP. IX. SULFURES D’ANTIMOINE
Matière incolore, d’apparence butyreuse (beurre d’antimoine des anciens chimistes), volatile au rouge sombre. Le chlorure d’antimoine absorbe rapidement l’humidité de l’air et se dissout dans une petite quantité d’eau; mais, si l’on ajoute à la liqueur une plus grande quantité d’eau il se décompose en produisant un précipité blanc, connu sous le nom de poudre d’Algaroth, que l’on employait autrefois en médecine aux mômes usages que l’émétique. Ce corps est un oxychlorure d’antimoine dont on peut représenter la composition par la formule ^Sb^O^-fSb^Gl^
ou plus simplement par Sb^O^Gl ; un excès d’acide chlorhydrique le dissout.
On se sert du beurre d’antimoine pour cautériser les morsures des chiens enragés ou les piqûres d’animaux venimeux, pour bronzer les armes et les préserver de l’oxydation; dans ce cas, le fer de l’arme détermine, en réagissant sur le chlorure, un dépôt superficiel d’antimoine, bien moins altérable que le fer.
Perchlonire, Sb^Cl^,
929. Préparation et propriétés. — On le prépare en faisant passer du chlore dans du beurre d’antimoine ou même sur de l’antimoine métallique, on peut alors se servir de l’appareil qui sert à préparer le chlorure de phosphore. Il est bien évident, d’ailleurs, que l’action du chiore sur l’antimoine peut donner l’un ou l’autre des deux chlorures, suivant que 1 on tiendra le métai ou le chlore en excès.
Le perchlorure d’antimoine est un liquide fumant et volatil; il peut se combiner à une petite quantité d’eau, mais une quantité plus grande
de ce liquide le décompose en acide antimonique et acide chlorhydrique.
SULFURES d’antimoine.
Il existe deux sulfures d’antimoine qui correspondent, comme les deux chlorures, aux acides de l’antimoine. Le persulfure a peu d’intérêt, on le prépare en faisant passer un courant d’hydrogène sulfuré dans une dissolution de perchlorure ou d’antimoniate de potasse. G’est un sulfacide.
Protosulfure.
930. naturel et propriétés. — Il est abondant dans la nature, en ilons dans les terrains anciens, où il est associé à du quartz et à du sulate de baryte, ou en amas dans les terrains neptuniens. Les cristaux sont les prismes rhomboidaux. Leur densité est 4-, 62. Ge sulfure est tellerient fusible, qu’on peut le fondre à la flamme d’une bougie; aussi le
CHIMIE liNOHGAiNIQUE.
sépare-t-on facilement de sa gangue par une simple fusion. On le coule ensuite en pains pour le livrer au commerce. On peut le préparei dans, les laboratoires, en fondant k plusieurs reprises un mélange d’antimome et de soufre. Celui qu’on obtient en précipitant une dissolution d’oxyde d’antimoine par l’acide sulfhydrique est un sulfure hydraté d une cou eur
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Le sulfure d’anliraoine se volatilise à une température élevée; il se grille facilement et se transforme en oxyde d’antimoine, qui s unit avec la portion du sulfure non décomposée et donne des substances connues sous les noms de verre d'antimoine, de safran des métavx, de foie d'antimoine, qui ne sont en définitive que des oxysulfures de composition variable et contenant parfois un peu de la. silice des creusets dans lesquelson les a fondus (verre d’antimoine).
L’hydrogène réduit complètement le sulfure d’antimoine; le charboni le réduit partiellement, en donnant du sulfure de carbone et de l’anli-moine. Le fer et d’autres méhaux le désulfurent facilement.
Les acides l’attaquent plus facilement que le métal ; nous rappellerons^ seulement ici que l’acide chlorhydrique peut le dissoudre complètement, en donnant du protochlorure d’antimoine et de l’acide sulfhydrique pur. Le sulfure d’antimoine est un sulfacide. C’est ce que l’on démontre facilement avec le sulfure hydraté.
931. Kermès. — On désigne sous ce nom un oxysulfure d antimoine,, employé encore actuellement en médecine, que 1 on prépare de la manière suivante :
On fait bouillir, pendant une heure environ, 1 partie de sulfure d’antimoine pulvérisé, 22 1/2 parties de carbonate de soude desséché etl 250 parties d’eau; on filtre la liqueur, qui laisse déposer par refroidissement une matière d’un jaune brun, c’est le kermès. Le sulfure^, eni réagissant sur le carbonate de soude, donne du sulfure de sodium, dfi l’oxyde d’antimoine, et dégage de l’acide carbonique. Du sulfure d an-i’ timoine s’unit au sulfure de sodium, et l’oxyde d’antimoine à de la soude.', Ces deux corps restent dissous dans l’eau bouillante; mais par refroii dissement la liqueur laisse déposer une partie de sulfure d’anlimoine ep’ de l’oxyde d’anlimoine dissous à l’état de kermès.
Si, dans la liqueur froide qui contient encore une certaine quantiUde sulfure, on ajoute de l’acide chlorhydrique, on en précipite du sull fure hydraté rougeâtre, qu’on désignait autrefois sous le nom de soufra doré d' antimoine .
932. Analogies «le l’antimoine. — Par la nature de ses combinaison, avec l’oxygène, l’hydrogène, le chlore elle soufre, l’anlimoine ressembh certainement plus k l’arsenic et au phosphore qu’à la plupart des mé taux- aussi beaucoup de chimistes l’ont-ils placé dans cette famille. Non