LIV. III. CHAP. OXYDES DE PLOMB
pare en chaufTant del’oxalale de plomb à 300% à Tabri du contact de l’air* 2(PbO,GW) =. Pb20+G0 + 3C0% Les acides le décomposent en protoxyde et plomb métallique, mais on démontre que ce n’est point un mélange de ces deux corps, en mettant au contact du mercure, qui ne lui enlève point de plomb, ou au contact de l’eau sucrée. Gette dissolution, qui dissout facilement le protoxyde de plomb lorsqu’il est libre, est sans action sur le sous-oxyde.
Protoxyde de plomb, PbO.
946. Préparation. — On prépare l’oxyde de plomb, dans les laboratoires, en calcinant de l’azotate de plomb ou du carbonate de plomb ; on obtient l’hydrate en précipitant un sel de plomb par un alcali en léger excès.
947. Propriétés. — L’oxyde de plomb anhydre est une poudre jaune très-lourde, fusible au rouge, qui donne par refroidissement une masse très-pesante, composée d’écailles cristallines de couleur jaune ou rouge (lilharge). Get oxyde se combine facilement* avec la silice, en donnant un verre pesant très-fusible; aussi perce-t-il facilement les creusets de terre dans lesquels on opère sa fusion. L’oxyde de plomb est soluble dans la potasse ou dans la soude, môme à froid, et il se dépose de ces liqueurs par évaporation ou par refroidissement, sous forme de cristaux anhydres diversement colorés, en jaune, rose ou rouge, suivant les circonstances de l’opération. Ges cristaux sont des octaèdres à base rhombe voisins du cube.
11 est sensiblement soluble dans l’eau (1/7000 environ), mais la présence de sels étrangers empêche cette dissolution. Les corps réducteurs (hydrogène, charbon, etc.) le ramènent très-facilement à l’état métallique ; on peut donc le considérer comme un oxydant énergique à une température suffisamment élevée.
L’hydrate de plomb (2PbO, HO) se déshydrate facilement par la chaun peu au-dessus de 100^ ; en le faisant bouillir avec une dissolution ^6 potasse insuffisante pour le dissoudre, on le transforme rapidement oxyde cristallisé.
948. Uassicot et litharg^e. — Dans le commerce, l’oxyde de plomb anhydre est connu sous le nom de massicot et de litharge. Le massicot est une poudre d’un jaune sale, obtenue par l’oxydation du plomb à une température inférieure à celle delà fusion de l’oxyde de plomb; cet oxyde n’a aucune application par lui-même, c’est un produit transitoire qui sert à la préparation du minium (949). Les litharges sont des produits de l’oxydation du plomb à une température élevée, capable de fondre 1 oxyde. Elles sont préférables au massicot, parce qu’elles n’absorbent point, comme lui, l’acide carbonique de l’air; d’ailleurs, ce sont des pro-
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duits d’opérations métallurgiques inévitables, qui permettent de les livrer à plus bas prix que le massicot, qu’on n’obtient que par une oxydation spéciale du métal.
La litharge est tantôt jaune (litharge d’argent), tantôt rouge (litharge d’or), suivant que son refroidissement est plus ou moins rapide; on croyait autrefois, mais à tort, que le produit rouge devait sa couleur à un peu de minium; c’est, en réalité, une simple modification moléculaire. M. F. Leblanc, à qui l’on doit la connaissance de ces faits, a constate une autre propriété remarquable de la litharge, que nous rencontrerons bientôt pour l’argent et le platine; fondue, elle absorbe l’oxygène de 1 air (50 centimètres cubes par kilogramme) et le dégage en se refroidissant.
La litharge est principalement employée dans la préparation de la céruse.
Minium, 2PbO,PbO^.
949. Préparation. — On prépare industriellement ce produit important en chauffant au contact de l’air, à la température de 300% du massicot très-divisé. A une température plus élevée, le minium serait détruit.
On emploie à cet usage des fours à deux étages; dans l’inférieur, plus • fortement chauffé, on oxyde du plomb bien exempt de cuivre; le pro-duit de cette calcination est broyé entre deux meules, et, par le tamisage* et des lavages, on sépare l’oxyde des parties de plomb qui ont pu échap-* per à l’oxydation. Le massicot ainsi obtenu est séché, puis introduit dans • des caisses en tôle placées à l’étage supérieur, où il se suroxyde par une' calcination soutenue, mais modérée. La beauté du produit dépend de lai durée de l’opération ; de là les noms de minium à un feu, deux feux, etc.,, suivant qu’il a subi une ou plusieurs calcinations successives.
On prépare en Angleterre un minium fort estimé (mine orange), eni oxydant le massicot très-divisé et très-pur qui provient de la calcinationi du carbonate de plomb (céruse).
950. Propriétés et usagées» — Le minium est une poudre lourde, d un rouge vif, légèrement orangé ; la lumière le noircit à la longue, la cba--| leur le transforme en protoxyde et oxygène qui se dégage. L’acide azoti--‘ que le transforme en azotate de plomb et oxyde puce.
On l’emploie comme couleur dans la fabrication des papiers de ten- | ture, de la cire à cacheter ; mélangé à la céruse, il sert à fabriquer le mastic avec lequel on lute les orifices des machines à vapeur. Mais son principal usage est dans la fabrication du cristal, verre incolore à base de | plomb ; l’oxyde de cuivre colorant le verre en bleu ou vert, on comprend pourquoi il est nécessaire d’employer à la préparation du minium du massicot ne contenant point de cuivre ; la litharge ne peut remplacer le j