LIV. 111. CHAP. X. CARBONATE DE PLOMB
2PbO,AzO^HO, que l’on obtient en faisant bouillir une dissolution d’azotate de plomb avec de l’oxyde de plomb ; par refroidissement, il se dépose en écailles nacrées très-peu solubles dans l’eau froide.
En faisant digérer à 70°, une dissolution très-étendue contenant 100 parties d’azotate de plomb, avec 63 parties de plomb en lames (équivalents égaux), on voit la liqueur se colorer peu à peu, sans qu’il se dégage aucun gaz, et le plomb se dissoudre en totalité. Par refroidissement, il se dépose des lamelles cristallines jaunes, brillantes, très-peu solubles, dont la composition est représentée par la formule 2PbO,AzOSHO : on doit considérer ce sel comme une combinaison d’azotite et d’azotate basiques à équivalents égaux : . '
2(2PbO,AzOSHO) = 2PbO,AzOs,HO + 2Pb0,Az03,H0.
d’après la manière dont il se comporte en présence des alcalis.
Par une ébullition prolongée avec un excès de plomb métallique, on obtient des cristaux roses d’azotite quadribasique de plomb, 4PbO, AzO^,HO ; l’acide carbonique le transforme en carbonate de plomb et en azotite neutre, PbO,AzO^, soluble dans l’eau, que l’on peut obtenir en cristaux par l’évaporation dans le vide.
Carbonate de plomb.
955. Le carbonate de plomb PbO,CO^, existe dans la nature. On le trouve en cristaux transparents, incolores, très-réfringents, de même forme que les cristaux d’arragonite (784) ; celui que Ton obtient en précipitant un sel de plomb par un carbonate alcalin a la môme composition, mais il est pulvérulent et amorphe. Le carbonate de plomb du commerce, connu sous le nom de ceVwse, blanc de plomb^ blanc d'argent^ est un carbonate basique de plomb, de composition variable, mais ordinairement comprise entre les deux formules PbO,HO -f- 2(PbO,CO^) et PbO,HO -|-3(PbO,Gû2J. Tous ces carbonates se décomposent facilement parla chaleur, en dégageant leur acide carbonique, il reste de l’oxyde jaune de plomb; ils sont insolubles dans l’eau, mais l’eau chargée d’acide carbonique en dissout une petite quantité. Bouillis avec de la soude, ils lui cèdent leur acide carbonique et donnent de l’oxyde de plomb en cristaux de couleur rouge.
956. Usages de la céruse. — La céruse est employée dans la peinture, parce qu’elle fournit une couleur d’un blanc très-pur et très-opaque. 11 suffit d’une faible épaisseur de peinture à la céruse pour masquer complètement la couleur de l’objet recouvert; c’est ce que l’on entend lorsqu’on dit que la céruse cowüre beaucoup. Le blanc de zinc ne pré-
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ghimih: inorganique.
sente pas cette propriété au même degré. La céruse enlève, en outre, à l’huile sa couleur jaunâtre ; aussi la mélange-t-on à presque toutes les substances employées dans la peinture à l’huile. Mais elle a l’inconvénient de tous les sels de plomb, elle noircit sous l’influence de l’acide sulfhydrique; sa préparation et son maniement nécessitent de grandes précautions, soigneusement prises dans les usines actuelles, car l’absorption des poussières plombifères produit des accidents graves, connus sous le nom de coliques de plomb.
957. Préparation industrielle île la céruse.—— On préparé actuellement la céruse par trois procédés bien différents par le mode d’opérer, quoique des réactions semblables se produisent dans tous les trois.
1° Procédé deClichy. — On fait arriver un courant d’acide carbonique dans une dissolution d’acétate tribasique de plomb; il se produit de la céruse qui se précipite dans une liqueur ne contenant plus que de l’acétate neutre de plomb ; on lave le carbonate et on le sèche à basse température ; cette dissolution, mise en digestion avec de lalitbarge, reproduit de l’acétate tribasique de plomb, qui sert à une nouvelle opération.
L’acétate neutre de plomb n’est donc qu’un intermédiaire qui permet de transformer facilement la litbarge en carbonate de plomb ; aussi ne s’en perd-il dans l’opération que la petite quantité retenue par la céruse ou contenue dans les dernières eaux de lavage. Ce remarquable procédé a été imaginé par Thénard et mis en œuvre par Roard à l’usine de Clicby ; à l’origine, Tacide carbonique était produit par la combustion du charbon ; mais aujourd’hui, et d’après les indications de M. Dumas, on le prépare par la calcination de la craie, qui donne en même temps un résidu utilisable de chaux grasse.
2° Procédé anglais. — On mélange, dans des auges en schiste, de la litharge broyée avec 1 pour iOO d’acétate de plomb dissous; on y ftiit passer un courant d’acide carbonique provenant de la combustion du coke ou de la calcination de la chaux, en agitant le mélange pour faciliter la réaction. Ce procédé ne diffère du précédent qu’en ce que les réactions qu’on produit séparément à Clicby pour tr^insformer l’acétate neutre en acétate tribasique et celui-ci en céruse et acétate neutre par l’acide carbonique, se font simultanément dans le môme appareil.
3° Procédé hollandais. — On donne ce nom à un procédé qui nous est venu de la Hollande et qu’on suit aujourd’hui dans beaucoup de pays. On introduit des lames de plomb terminées en spirale ou des grilles de ce métal dans des pots présentant un rebord sur lequel repose le plomb ; le fond du vase est recouvert de vinaigre de mauvaise qualité, (fig. 131). Les pots ainsi disposés sont placés par étages dans une fosse {fig. 132), où on les fait reposer sur des couches alternatives de fumier de cheval, en ayant soin de ménager la circulation de l’air dans la masse. On opère