CARACTÈRES DES SELS DE PLOMB
961. La plupart sont incolores; les sels solubles ont une saveur douce et astringente. L’acide sulfurique et les sulfates y donnent un précipité blanc; les alcalis caustiques y donnent un précipité également blanc, facilement soluble dans un excès de potasse ou de soude; le sel marin, un précipité blanc cristallin de chlorure, soluble dans l’eau chaude; l’iodure de potassium, un précipité jaune qu’on peut dissoudre dans beaucoup d’eau chaude, et qui donne par refroidissement des écailles cristallines d’une belle couleur d’or. L’acide sulfhydrique donne un sulfure noir; le zinc en précipite le plomb en écailles cristallines.
CUIVRE, Cu = 31,75.
962. Préparation du cuîTrc pur. — Le cuivre du commerce est rarement pur; il contient le plus souvent des traces de fer, d’étain, de plomb et même d’argent. On obtient du cuivre chimiquement pur en précipi-
I tant ce métal d’une dissolution de sulfate de cuivre bien pur par des la-
I mes de fer décapées. On décante ensuite la liqueur et l’on hiit digérer
le cuivre avec de l’acide chlorhydrique, pour enlever le fer; on lave et, après avoir séché le métal, on le fond avec du borax mélangé d’un peu d oxyde de cuivre, qui sert à enlever la dernière trace de fer ou d’autre métal qui aurait pu rester dans le cuivre. On obtienl au rouge vif un culot lecouvert d’une scorie vitreuse, colorée en rouge foncé par du sous-oxyde de cuivre.
La réduction de l’oxyde par l’hydrogène donne aussi du cuivre divisé bien pur; le tube de verre dans lequel on effectue cetle réduclion se recouvre souvent d’une mince couche de cuivre transparente, qui laisse passer une lumière verte analogue à celle de l’or.
963. Propriétés physiques. — Le cuivre possède une belle couleur
CHIMlt: INORGANIQUE.
rouge particulière ; il a une odeur et une saveur sensibles et désagréables ; son odeur s’exalte surtout par le frottement. C’est un des métaux les plus malléables (486) : il peut s’étirer en fils très-fins doués d’une grande ténacité (488). Sa densité varie entre 8,85 et 8,952, selon qu’il a été fondu ou travaillé. Il fond vers 1150°, et se vaporise très-lentement en colorant en vert la flamme du foyer. Toutefois, la quantité de matière ainsi volatilisée est assez minime pour qu’on puisse admettre dans les applications que le cuivre est un métal fixe; en effet, en chauffant ce métal dans un four à porcelaine, pendant un temps très-long, Berthier a constaté qu’il avait seulement perdu 1/2 pour 100 de son poids.
964. Action «les métailoï«ies. — Exposé au contact de 1 air humide, le cuivre se recouvre d’une couche superficielle d’hydrocarbonale de cuivre vert, qui le protège contre l’oxydation ultérieure; cette matière, qu’on désigne sous le nom de vert-de-gris constitue la patine des statues anciennes et d’objets d’art en cuivre ou en alliages riches en cuivre, qui ont subi l’action du temps.
Le cuivre chauffé à l’air brûle avec une extrême facilité et à une température assez basse, en donnant de l’oxyde noir de cuivre, si l’oxygène est en excès, et du sous-oxyde rouge dans le cas contraire; on comprend alors que si l’on chauffe une barre de cuivre, elle se recouvre d’abord d’une couche rougeâtre de sous-oxyde, qui s’en détache par le choc sous forme d’écailles (battitures de cuivre), tandis que si l’on continue à chauffer, on obtient du protoxyde noir de cuivre.
La plupart des métalloïdes se combinent directement au cuivre, excepté l’azote, l’hydrogène et le carbone.
965. Action «les aci«les et «le l’ammoniaque. — Le Cuivre ne décompose pas l’eau â froid, en présence des acides, ni à une température élevée. On connaît l’action de l’acide azotique sur ce métal (135) ; l’acide sulfurique l’attaque à chaud, en donnant de l’acide sulfureux et du sulfate de cuivre; l’acide chlorhydiique l’attaque à peine, môme à chaud, à moins que l’on n’opère dans des vases de platine.
Sous l’inlluence des acides les plus faibles, le cuivre absorbe rapidement l’oxygène de l’air. On prépare le sulfate et l’acétate de cuivre en exposant à l’air des lames de cuivre recouvertes d’acide sulfurique ou de vinaigre. Les corps gras acides déterminent aussi une oxydation rapide du cuivre (bougeoirs, chandeliers en alliages riches en cuivre).
Comme tous les sels de cuivre sont vénéneux, on comprend le danger que présente la conseivation dans des vases de cuivre,, au contact de l’air, des aliments qu’on y a préparés.
Le cuivre humecté d’ammoniaque absorbe l’oxygène de l’air en pro-
' On donne aussi le nom de vert-de-fjris à un acétate basique de cuivre.
UV. ni. CHAP. \. OXYDES DE CUIVRE.
diiisant de l’oxyde de cuivre et de l’azotate d’ammoniaque, qui se dissolvent dans l’excès d’ammoniaque employée et donnent une liqueur bleue, douée de la singulière propriété de dissoudre le coton (cellulose). On peut faire l’expérience en introduisant dans de grands flacons de 12 à 15 litres, 15 à 20 grammes de cuivre et 60 à 80 centimètres cubes d’ammoniaque concentrée. Bientôt le flacon s’échauffe et se remplit d’épaisses fumées d’azotite d’ammoniaque; la réaction terminée, il ne reste plus que l’azote dans l’atmosphère du flacon. L’ammoniaque saturée d’un sel ammoniacal produit plus rapidement encore la dissolution du cuivre dans 1 ces circonstances.
Si l’on fait passer un courant de gaz ammoniac sur des fils de cuivre ! légèrement rougis dans un tube de porcelaine, l’ammoniaque est décomposée en azote et hydrogène, et le cuivre, sans changer de poids, devient blanchâtre et extrêmement cassant.