LIV. III. CIIAP. XI. OXYDi:S DE MERCIJHE
de vapeur aux lemporalurcs ordinaires est insigiiifianle, elle est au plus de I millimèlre h lOO degrés. On peut néanmoins le disliller facilement dnns un courant de vapeur d’eau au-dessous de sa température ordinaire d’ébullilion. Sa densilé est 13,596 à 0° ; c’est donc, après le platine et l’or, le plus lourd des métaux usuels. La densité de sa vapeur est de 6,976 d’après M. Dumas.
984. Action fies métalloïdes. — Le mercure s’altère peu à l’air à la température ordinaire ; cependant le mercure des cuves des laboratoires se recouvre à la longue d’une pellicule grisâtre d’oxyde, qui se dissout partiellement dans ce métal ; mais l’oxydation du mercure ne se produit nettement qu’à la tempéiature de l’ébullition.
Le chlore attaque le mercure même à froid ; le soufre se combine facilement avec ce métal à une température peu élevée ; l’azote, le phosphore, le silicium, le bore et le carbone ne se combinent pas <lirectement avec lui.
983. Action des acides. — Les acides étendus sont sans action sur le mercure, l’acide chlorhydrique concentré ne l’attaque même pas à chaud, mais l’acide sulfurique concentré produit dans ces circonstances de l’acide sulfureux et du sulfate de mercure; l’acide azotique moyennement concentré donne du bioxyde d’azote pur et de l’azotate de mercure.
986. Purification du mercure. — Le mercure du commerce peut contenir une petite quantité de métaux étrangers, dont on ne peut le séparer par la distillation, parce que la vapeur de iiK'rcure les entraîne ; on traite le mercure par l’acide azotique, en chautfant le mélange vers 50 ou 60° ; une portion du mercure se dissout; mais comme les métaux ordinaires précipitent tous le mercure de ses dissolutions, aucun d’eux ne peut rester dans le mercure dès qu’il s’est produit une certaine quantité d’azotate de ce métal. On lave ensuite le mercure à l’eau distillée et on le sèche.
Si le mercure est simplement sali par de l’oxyde, on peut le purifier en le filtrant à travers un entonnoir très-ei'filé ; la pellicule d’oxyde reste attachée aux parois de l’entonnoir.
Le mercure souillé par des métaux étrangers ou par de l’oxyde perd la propriété de se rassembler en globules sphériques ; quand on le projette sur une assiette, il donne des globules irréguliers, il mouille le verre et la porcelaine ; c’est ce que l’on entend quand on dit que le mercure fait la queue.
Oxydes de mercure.
987. Le mercure possède deux oxydes salifiables, assez difficiles à i classer ;on donne au premier la formule Hg'^0, au second la formule HgO,
en s appuyant sur les considérations des chaleurs spécifiques (6:21) et sur 1 insolubilité du sous-chlorure de mercure Hg-Cl, ce qui le rapproche du soirs-chlorure de cuivre.
CHIMIE liNORGANIQUE.
988. Oxyduie lie mercure, llg^o. — Oii (lissout le mercure dans-
I acide azotique froid et étendu, afin qu’il ne se produise que del’azotate< de sous-oxyde de mercure ; on précipite ensuite ce sel par la potasse. On obtient une poudre noir-verdâtre très-instable, que la lumière solaire ou une température de 100'’ décompose en mercure métallique et protoxyde de mercure.
989. Oxyde de mercure, H^o. — On le prépare en décomposant par la chaleur Tazotate de protoxyde de mercure dans un creuset de terre
II laut chauffer modérément jusqu’au moment où il ne se dégage plus de vapeurs nitreuses, car, au-dessus de 400", l’oxyde de mercure se décom-pose. On l’obtient également en précipitant le sublimé corrosif (HgCl) par la potasse. L’oxyde préparé par voie sèche est une poudre rougeâtre cristalline ; celui qui est préparé par voie humide est jaune orangé! Sous , cette seconde forme, l’oxyde de mercure jouit de propriétés chimiques , plus énergiques que sous la première : ainsi, par exemple, il est attaqué par le chlore sec, à la température ordinaire, tandis que l’oxyde rouge ne l’est pas.
Les sels de mercure ont peu d’inlérêt, nous les passerons sous silence ;
nous ne nous occuperons que des principaux composés binaires de ce métal.