ESSAI DES MATIÈRES D’OR
t054. L’essai des matières d’or se fait par une méthode très-exacte, due àGay-Lussac. L’or se coupelle comme l’argent, mais il est impossible d’employer cette méthode pour les alliages ordinaires, parce qu’elle est nécessairement en défaut quand l’alliage contient de l’argent, et que, dans tous les cas, elle est peu précise, un peu d’or pouvant passer dans la coupelle et un peu de cuivre et de plomb restant dans le bouton d'or. On évite ces inconvénients en procédant de la manière suivante : on ajoute à la matière à essayer une certaine quantité d’argent et de plomb, et l’on coupelle ; on obtient ainsi un bouton, alliage d’or et d’argent, qui contient tout l’or. En le traitant par l’acide azotique de concentration convenable, on dissout tout l’argent, si la proportion de ce métal est
convenable, et l’or reste avec la forme primitive de l’alliage, sans donner trace de poussière. L’expérience a démontré que l’alliage le plus convenable pour ces essais contenait 1 partie d’or pour 3 d’argent.
Cela posé, voici comment on procède à l’essai d’une pièce de monnaie : on fond 500 milligrammes de l’alliage, supposé contenir 450 milligrammes d’or pur, on y ajoute l^^SoO d’argent; les deux métaux, enveloppés de papier, sont introduits dans une coupelle contenant 5 grammes de plomb fondu. La coupellation se fait comme à l’ordinaire, seulement on n’a pas à craindre le rochage. Le bouton est aplati sur un mortier, puis passé sous un laminoir réglé de manière à donner une lame d epaisseur convenable. On recuit cette lame et l’on en fait un cornet que l’on introduit dans un malras d’essayeur, contenant 30 grammes d acide
CHIMIE INORGANIQUE
azotique à 22° de Baume. On lait bouillir pendant quelques minutes, puis on décante et l’on ajoute de nouvel acide à 32°. Ap rès avoir fait )oui lir dix minutes environ, à deux reprises, l’argent est dissous, on décrite de nouveau et on lave à l’eau distillée. On emplit ensuite le matras d eau et on le renverse de manière à faire tomber le cornet d’or dans un petit creuset; après avoir séparé la majeure partie de l’eau, on chauffe le creuset dans le moufle. Cette dernière opération a pour but de donner de la cohérence au cornet; sous l’influence de la chaleur, on rapproche ses molécules, ses dimensions diminuent, mais il devient assez solide pour qu on puisse le manier sans le briser. Il ne reste plus qu’à le peser.
Cette méthode ne peut évidemment s’appliquer aux bijoux de petite dimension; pour ces objets on se contente de la méthode du touchau. On se sert d’une pierre siliceuse très-dure, de couleur noirâtre (pierre de touche), sur laquelle on frotte un alliage d’or qui y laisse une trace métallique ; cette trace, mouillée avec une eau régale particulière prend une couleur vanable suivant son titre. Afin d’éviter de trop grandes erreurs d’approximation, l’essayeur frotte la pierre avec deux alliages, l’un à 740/1000, 1 autre à 760/1000, et produit deux traces, l’une à droite et 1 autre à gauche de celle du bijou, que nous supposons au titre de 750, les passe toutes trois à l’eau régale et compare leur couleur. Il est clair
que la méthode du touchau ne peut donner de bons résultats qu’entre des mains exercées.
1023. Aflînag^e des matières d’or et d’arg^eiit. — La valeur vénale de ce métal (3400 à 3500 francs lekilog.) le fait nécessairement rechercher dans les alliages d’argent qui en contiennent les plus petites quantités. Voici le procédé que l’on suit pour retirer l’or de ces alliages. Après les avoir fondus et réduits en grenaille, on les attaque par l’acide sulfurique concentré et chaud (trois fois le poids de l’argent) ; l’argent et le cuivre se dissolvent, 1 or reste. On étend la liqueur et on laisse reposer pour permettre à l’or de se déposer, puis on décante et l’on introduit dans la liqueur limpide des lames de cuivre; l’argent se précipite, on le lave et on le fond ; la liqueur évaporée donne des cristaux de sulfate de cuivre.
L ai gent contenant 1/2000 d or peut être économiquement traité par ce procédé ; aussi a-t-on pu retirer l’or des pièces d’argent fabriquées au commencement de ce siècle, avant que les procédés d’affinage fussent aussi parfaits qu’ils le sont aujourd’hui.
1 Elle est formée de 98 parties d’acide azotique, chlorhydrique du commerce. Ou en prend avec trace métallique.
à 1,34 de densité, et de 2 parties d’acide un bouchon de verre pour mouiller la