LIV. 111. CIIAP. Xll. 0SM11IR1<S
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10^9. Prt'paration du platine et du palladium. — Après avoir enlevé les grains d’or par le mercure ou par l’eau régale très-laible, on attaque à chaud le minerai de platine par l’eau régale; le platine natif se dissout et laisse un résidu insoluble d’osmiure d’iridium, de sable et des divers oxydes naturels. La dissolution, traitée par le chlorhydrate d’ammoniaque, donne un précipité jaunâtre de chlorure double de platine et d’ammonium; le palladium reste dans la liqueur. Le précipité jaune, lavé, séché et calciné dans un creuset de porcelaine, donne la mousse de platine. On précipite le palladium, contenu dans la liqueur, par le cyanure de mercure, à l’état de cyanure blanc de palladium,* facilement décomposable par la chaleur en rnétal et cyanogène.
1030. Traitement des osmiures. — Les autres métaux du platine s’extraient de l’osmiure. On débarrasse celui-ci du sable et des matières étrangères qu’il contient, en le fondant avec de la litharge et du plomb dans un creuset de terre; l’osmiure, très-lourd, entre dans le plomb, le sable et les oxydes étrangers vont dans la litharge. Le culot de plomb, dissous dans l’acide azotique, laisse l’osmiure.
En grillant l’osmiure d’iridium, on obtient facilement de l’acide osmique, OiO*, très-volatil, en beaux cristaux incolores; il reste un oxyde d’iridium impur, contenant encore beaucoup d’osmium, et il se forme en outre des cristaux prismatiques d’oxyde de ruthénium, qui vont se condenser dans des parties encore chaudes du tube. Cette opération s’effectue dans un tube de porcelaine où l’on chauffe l’osmiure contenu dans des naeelles de porcelaine. Au moyen d’un aspirateur, on y fait passer de l’air, qui entraîne l’acide osmique dans une allonge, ou mieux, dans un ballon refroidi; au sortir du ballon, le gaz traverse un flacon contenant une dissolution de potasse destinée à arrêter les dernières traces d’acide osmique. Ces précautions sont indispensables, car l’aeide osmique est un poison plus violent encore que l’acide arsénieux, et il exerce sur les yeux une action irritante très-vive. •
Mais, si l’on veut séparer de l’osmiure tous les métaux qu’il contient, on commencera par le fondre au rouge avec cinq à six fois son poids de zinc dans un creuset de charbon, puis on élèvera la température de manière à chasser tout le zinc ; l’osmiure restera alors sous forme de mousse, très- friable, facilement réductible en poudre impalpable. L’osmiure naturel est, au contraire, extrêmement dur et presque impossible à pulvériser, même dans un mortier d’acier. La poudre d’osmiure est mélangée avec trois ou quatre fois son poids de bioxyde de barium, auquel on ajoute un peu d’azotate de baryte; on cbaulTe le mélange dans un creuset de platine ou même de terre, au rouge naissant; il se transforme en une matière noire, composée principalement d’osmiale et d’iridiate de baryte; cette matière, bouillie avec de l’eau régale dans une cornue de
CHIMIE INORGANIQUE
verre, laisse dégager tout son acide osmique, que l’on recueille dans un récipient où l’on a préalablement introduit un peu d’ammoniaque liquide, pour mieux condenser l’acide osmique; il reste un liquide coloré contenant l’iridium, l’osmium et le rhodium, avec du fer et du cuivre. On précipite l’iridium et le ruthénium par le sel ammoniac en grand excès; le rhodium reste en dissolution; la liqueur est évaporée à siccité et calcinée, et le résidu est repris par les acides, qui dissolvent le fer et le cuivre et laissent le rhodium.
Le précipité de sel ammoniac et de chlorure d’iridium ét de ruthénium calciné donne une mousse métallique, que l’on chauffe dans un creuset d’argent avec un mélange de potasse caustique et de nitre, pour dissoudre le ruthénium; on reprend par l’eau distillée, et l’on obtient une liqueur jaune que l’on décante (sans filtrer) et que l’on sature exactement pai 1 acide azotique; il se produit alors un précipité noir d’oxyde de ruthénium peu abondant, car la proportion de ce métal dans les osmiures est toujours très-faible
Ces divers métaux sont ensuite fondus au chalumeau à hydrogène et oxygène, dans des creusets en chaux vive (1033).
PLATINE, Pl = 98,5.
1031. Propriétés. — Ce métal a une couleur intermédiaire entre le gris de l’acier et le blanc de l’argent, mais il est moins brillant que ce dernier métal ; il est aussi mou que le cuivre, très-malléable et très-tenace ; aussi peut-on l’étirer en fils d’une minceur extrême (1/1200 de millimètre). Il n’est fusible dans un fourneau qu’en employant la disposition décrite à propos de la fusion du manganèse; mais il fond facilement dans la flamme du gaz de l’éclairage, alimentée par l’oxygène. Lorsqu’il est fondu, il absorbe l’oxygène et roche, comme l’argent, en se refroidissant. On peut 1 amener à l’état métallique sans le fondre, en chauffant fortement sa mousse et en le martelant; il peut en effet se souder facilement sur lui-même. La densité du platine fondu est 21,15.
Le platine, même obtenu par fusion, devient incandescent au contact du mélange d hydrogène et d’oxygène et enflamme le mélange; mais ce phénomène, ainsi que tous ceux du même genre, se produit plus rapidement avec la et surtout avec \q noir de platine. La mousse de platine est le résultat de la calcination du chlorure double de platine et d’ammoniaque; le noir s obtient en traitant une dissolution de chlorure de platine par une dissolution alcoolique de potasse. L’alcali précipite l’oxyde
1 Nous renvoyons, pour plus de détails sur le traitement du minerai de platine, au mémoire de MM. H. Sainte-Claire Deville et Debray, inséré dans les Annales de chimie et de physique, li® série, t. LVI.