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LIV. III. CHAP. XII. FUSION DU PLATINU:. 50M

de plaline qui se trouve immédiatement réduit par l’alcool. On lave le noir de platine à l’acide azotique, à la potasse caustique et à l’eau distillée, et on le sèche. A cet état, il absorbe plusieurs centaines de fois son volume d’oxygène. Humecté d’alcool, il l’enllamme. Mais le noir de platine, moins divisé, obtenu en précipitant un sel de platine par une lame de zinc, transforme l’alcool, sans combustion vive, en acide acétique. Nous rappellerons les principales réactions chimiques opérées sous l’influence de la mousse de platine : transformation de l’acide sulfureux en acide sulfurique anhydre par l’oxygène sec (221); transformation du bioxyde d’azote en ammoniaque (134); transformation.de l’ammoniaque en acide azotique (146). .

1032. Propriétés chimiques. — Le platine n’cst Oxydable directement à aucune température, il ne s’unit que difficilement aux métalloïdes, excepté au carbone, au bore, au silicium, au phosphore et à l’arsenic. Presque tous les composés qu’il forme avec les métalloïdes sont décomposables par la chaleur (oxydes, sulfures, chlorures, etc.). Aucun acide simple ne l’attaque, on ne peut le dissoudre que dans l’eau régale. Les alcalis l’attaquent facilement à chaud. 11 s’unit facilement avec beaucoup d’autres métaux; aussi doit-on éviter de le mettre, au rouge, au contact de combinaisons métalliques faciles à réduire (comme celles de plomb, d’argent, etc.); on doit également éviter de le chauffer au contact du charbon et des silicates; le platine, inaltérable dans beaucoup d’autres circonstances et infusible, est devenu indispensable aux chimistes; il est donc nécessaire d’insister sur les circonstances où il se détériore, afin d’apprendre à les éviter.

1033. Fusion «lu platine. — Cette opération peut s’effectuer facilement aujourd’hui, môme sur de grandes quantités, dans l’appareil suivant, imaginé par MM. H. Sainte-Claire Deville et Debray.

Il se compose d’un chalumeau à gaz,

I destiné à produire la chaleur, et du ! creuset où le métal à fondre est con- I tenu.

Le chalumeau est composé d’un cy- ! lindre EEE'E' (fig. 15i), de 12 millimètres de diamèire, en cuivre, terminé à sa partie inférieure par un ajutage en platine légèrement conique. Un tube de cuivre CC, de 3 à 4 milli-

CHIMIE INORGANIQUE

mètres de diamètre inlérieiir et terminé par un bout de platine qui s’y ajuste à vis, pénètre dans le premier cylindre par sa partie supérieure et y est maintenu par une vis de pression P, qui permet, lorsqu’elle est desserrée, de donner au bout de platine la hauteur que l’on veut, par rapport à l’extrémité inférieure du cylindre EEE'E'.

Ce cylindre porte latéralement une tubulure assez large, à laquelle est adapté un robinet H de grande section. Un robinet O termine également l’extrémité coudée du tube G. C’est par le robinet H que l’on fait arriver, au moyen d’un tube de caoutchouc, le gaz de l’éclairage servant de combustible; c’est par le robinet O qu’est introduit l’oxygène destiné à le brûler. L’extrémité inférieure du tube qui amène l’oxygène est percé' d’un trou dont le diamètre varie de 2 à 3 millimètres, suivant les dimensions du four que l’on veut employer.

Le four où se fait la combustion se compose de deux parties :

1° La voûte AA, formée d’un morceau de chaux rendue cylindrique au tour, et que l’on a légèrement cintrée à sa partie inférieure. Elle est, en outre, percée en son axe d’un trou légèrement conique, par où pénètre le chalumeau, et porte latéralement une rainure peu profonde.

2° D’une sole creusée dans un autre morceau de chaux également cylindrique; la cavité est une calotte sphérique, dont la hauteur est à peu près les oeux tiers du ra}mn du cercle de base. Sur le bord de cette calotte, on pratique avec une râpe une rainure inclinée en dedans, qin correspondra à celle de la voûte. C’est par l’ouverture qu’elles forment par leur réunion que les produits de la combustion s’échapperont; c’est également par là que le métal sera introduit pour être fondu et qu’il sera coulé. Enfin, et pour empêcher l’appareil de se briser pendant l’opération, la voûte et le four sont entourés de fils de fer fortement serrés, qui

maintiendront les diverses parties de l’appareil, si le four vient à se fissurer.

Pour faire une fusion, on commence par ajuster la voûte sur le four, de manière à faire correspondre les rainures ; puis, tenant le chalumeau à la main, on ouvre le robinet H pour faire arriver un assez faible courant de gaz combustible, que l’on enflamme; on ouvre le robinet O de manière a donner la quantité d’oxygène nécessaire pour le brûler. On fait alors plonger la flamme dans le trou de la voûte et l’on y fixe le bout du chalumeau. On chauffe lentement les parois du four, en augmentant peu à peu la vitesse du gaz, jusqu'à ce que l’on ait atteint le maximum de température; avec une lame de platine que l’on introduit par l’ouverture latérale et que l’on met dans le jet de gaz, on juge bientôt du point où la chaleur est le plus vive, c’est-à-dire du point où la fusion se fait le mieux. En abaissant ou élevant au besoin l’orifice du tube qui amène l’oxygène, on arrive à chauffer assez fortement le fond du four pour que le.plaiiney

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reste füiKhi, (ont en laissant le maximum de clialem- un peu au-dessus On assujettit alors la vis el l’on introduit peu à peu le plaline par l’ou verUire latérale. Si le plaline est en lames minces, on a à peine lé temné de les introduire, elles disparaissent en entrant dans le four. Il est bon ipie l’oxygène arrive sous une certaine pression, de 4 à 5 centimètres de mercure environ, de manière à imprimer au platine liquide un mouvement giratoire qui régularise la température dans toute sa masse.

On peut alors couler le platine dans une lingolière en fer recouvert de plombagine ou dans un moule en chaux. Ce procédé est susceptible d’applications en grand ; on a pu ainsi, dans des fours façonnés avec des

morceaux de chaux assujettis par une ceinture en tôle, fondre et couler J 00 kilogrammes de plaline.

Ce môme appareil sert à la fusion des autres métaux du platine; seulement, pour l’iridium ou pour le ruthénium, il faut substituer au gaz de l’éclairage le gaz hydrogène pur.

La chaux joue un rôle chimique important dans l’opération; elle a^it sur toutes les impuretés dont on a intérêt à débarrasser le platine ou Tes autres métaux analogues. Le fer, le cuivre, le silicium, etc., oxydés par 1 oxygène de la flamme, forment avec la chaux des combinaisons fusibles qui pénètrent dans les pores du creuset. Ce n’est pas une simple fusion que l’on fait éprouver au platine dans ces appareils, c’est un affinaoe, et le plus complet de tous ceux qu’on peut lui faire éprouver. Aussfle platine qui en sort est-il d’une ductilité remarquable.

La fusion de i kilogramme de platine et son affinage nécessitent la dépense de 50 à 60 litres d’oxygène et d’une quantité à peu près double de gaz d’éclairage.

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