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en poussière Irès-fine, quand on casse la pointe. Ce phénomène lient ii l’étal moléculaire instable dans lequel se trouve le verre brusquement refroidi ; comme sa surface a été solidifiée la première, le verre ne peut éprouver son retrait ordinaire, et ses molécules intérieures, en se solidifiant ensuite, se trouvent écartées d’une manière anormale ; aussi une rupture en un point de la masse suffit-elle pour détruire leur arrangement. Les fioles philosophiques sont des es\^èces de malras à parois trèsépaisses refroidies brusquement ; on laisse tomber dans leur intérieur un corps un peu lourd, elles se brisent alors en éclats.
lOoO. itecuit. — Le verre refroidi un peu trop brusquement perd ses propriétés fâcheuses par le recuit. Cette opération consiste à chauffer le verre jusqu’au point où il commence à se ramollir, et à le refroidir trèslentement ; il peut alors supporter toutes les variations de température sans se briser.
1051. Action «les principales substances sur le verre. — L’air et
l’oxygène secs n’agissent pas sur le verre, mais les corps réducteurs peuvent facilement réduire le plomb du cristal ; c’est ce que l'on observe quand on chaulfe un tube de cristal à la jampe à émailleur un peu fumeuse : sa surface se recouvre d’une matière noire , qui est du
plomb.
L’eau agit sur presque tous les verres, et surtout sur ceux qui contiennent beaucoup d’alcali ; Scheele a le premier fait la remarque que l’eau qui a bouilli pendant longtemps dans des vases de verre devient alcaline et laiteuse. Le précipité qu’elle tient en suspension est un silicate terreux qu’elle a enlevé aux parois du vase. Il suffit d’ailleurs de mettre du verre à vitre finement pulvérisé avec de l’eau pour lui communiquer une réaction alcaline. Gomme le verre condense toujours une légère couche d’eau à sa surface, on comprend pourquoi beaucoup de verres se dépolissent à la longue superficiellement ; c’est ce qui fait qu’on est quelquefois obligé de repolir la surface des glaces. On explique également par cette cause l’altération profonde des vitres des anciennes écuries ou des vases de verre trouvés dans d’anciens tombeaux. Leur surface peut devenir opaque, et le plus petit frottement la fait tomber en pellicules tellement minces, qu’elles sont colorées des nuances que l’on observe sur les bulles de savon.'
Les alcalis dissolvent lentement le verre des flacons où on les conserve ; M. Chevreul a fait voii' que la chaux et la baryte attaquent surtout les verres à base de plomb et dissolvent une certaine quantité de l’oxyde de ee métal. Les acides attaquent lentement le verre en s’emparant des laases, et mettent en liberté de la silice gélatineuse ; les verres a bouteilles très-alumineux peuvent même être facilement attaqués par le bilartiale de potasse contenu dans les vins. L’acide fluorhydriquc attaque tous les
CHIMlt: INORGANIQUE.
verres, en s emparant de leur silice, avec laquelle il forme du fluorui de silicium et de l’eau.
1052. Variétés principales de verres. — On connaît huit variétés prili cipales de verre qui sont, parmi les verres ordinaires, le verre solubR? le verre de Bohême, le verre à glaces et le verre ordinaire, ét parmi h verres à base de plomb, le cristal, le flint-glass, le strass et l’émail.
1° Verre soluble. dépotasse, qui contient 3 équivalenlii
de potasse pour 7 de silice (30 de potasse pour 70 de silice) est peu altô rable à froid, mais il se dissout complètement dans l’eau chaude. Poui obtenir un silicate de soude soluble, il faut environ 3 équivalents de soudi pour 2 de silice, c’est-à-dire à peu près poids égaux. Ces silicates se pro parent en grand aujourd’hui, en dissolvant des silices naturelles très^ divisées, ou le résidu siliceux de la préparation de l’alun (828) dans dedissolutions alcalines concentrées et chaudes. Ils servent à imprégner les tissus qu’on veut rendre incombustibles, ou à silicatiser la pierres M. Kublmann a montré que le silicate de soude transformait à la longue, le carbonate de chaux en silicate de chaux, insoluble et extrômemeni dur, et en carbonate de soude soluble. L’eau de pluie enlève le carbonate alcalin et n’agit pas sur le silicate ; on peut donc se servir de ce
procédé pour protéger les pierres tendres contre l’action érosive dei eaux pluviales.
2° Verre de Bohême. — Le verre de Bohême est remarquable par sf:
tiansparence, son éclat et sa dureté. Il est léger, infusible et peu alté?
rable ; aussi est-il très-employé dans les laboratoires de chimie. C’est un
silicate double de potasse et de chaux. Vq crown-glass est un verre d’op->
tique transparent, qui contient plus de chaux et de potasse que le verret
e Bohême ; il sert, avec le flint-glass, à achromatiser les instruments' d optique.
3 V et res à glaces et àvitres. — Ce sont des verres plus fusibles que les? précédents et, par conséquent, plus faciles à préparer ; la soude leuit communique une couleur verdâtre. Le verre à glaces contient moins dei' c laux que e verre à vitres, ce qui le rend moins dévitrifiable. On connaîtl les usages importants de ces deux espèces de verres.
4» Verre a bouletUes. — C’est un verre fabriqué avec des matières impures, du sable lerrugineux, de l’argile, des cendres qui apportent des; alcalis, et du calcin ou débris de verres de toute espèce ; il est facilement! fusible, on peut donc le préparer économiquement.
5“ Cnslal. — C’est un silicate de potasse et de plomb, que l’on prépare avec les matières les plus pures : sable exempt de fer, carbonate de potasse rafliné et minium. L’o.xygène de ce dernier sert à oxyder les matières organiques contenues dans la potasse. C’est un verre que l’o.xyde de plomb rend facilement fusible. Ses principales propriétés sont l’éclatt