‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 365 sur 537 · POTERIES A PATE POREUSE · texte numérisé non relu

POTERIES A PATE POREUSE

1060. Faïences. — La pâte de la faïence fine est composée d’argile plastique et de quartz ; si l’argile contient un peu de chaux, elle constitue la terre de pipe. On les façonne comme la porcelaine et on les cuit en deux lois. Après la première cuisson à haute température, on applique par immersion une couverte facilement fusible (verre à base d alcali et d’oxyde de plomb).

Pour les faïences à pâte colorée par l’oxyde de fer, la couverte doit être opaque, afin de ne pas laisser voir la pâte ; on se sert alors d’un véritable émail, que l’on colore parfois par divers oxydes.

La faïence va moins bien au feu que la porcelaine, la couverte surtout se fendille et éprouve des tressaillures par suite du lavage à l’eau chaude.

1061. Poterie commune. — La poterie très-commune, employée à la cuisson des aliments, est faite avec des argiles très-ocreuses (ferrugineuses) et mélangées de sable; on y ajoute une certaine quantité de marne et de sable. Ces poteries reçoivent une couverte formée par un mé lange d argile et de litharge; on les cuit à une température bien moins élevée que la porcelaine.

1062. Terres cuites. — On comprend sous ce nom les briques, les tuiles, les pots à fleurs, les formes à sucre, etc. Ces objets sont fabriqués avec des argiles ôu des marnes argileuses dégraissées avec du sable ; on y ajoute parfois des scories ou des escarbilles; on les cuit quelquefois à une température assez élevée pour les ramollir. Les briques sont fabriquées dans des moules, les pots à fleurs sont tournés, etc.

Les briques réfractaires sont faites avec des argiles exemptes de fer el de marne, auxquelles on ajoute du sable blanc.

CHIMIl': liNOHGANIQUIL COLORATION DES POTERIES.

1063. Les poteries de choix reçoivent une décoration qui consiste en peintures ou ornements colorés, déposés avec le pinceau. Cette peinture diffère de la peinture ordinaire, en ce que celle-ci n’est nullement modifiée par la toile sur laquelle on la dépose, tandis que les couleurs employées à décorer la porcelaine, par exemple, doivent satisfaire à des conditions particulières faciles à prévoir.

Elles doivent être inaltérables par la chaleur, ou du moins fondre à une température inférieure à celle de leur altération, en donnant une matière vitreuse très-adhérente. De plus, ce verre doit être inaltérable par les agents atmosphériques et doit posséder une dilatabilité sensiblement égale à celle de la pâte et de la couverte.

On appelle couleurs de grand feu celles qui ne s’altèrent pas dans le four à porcelaine, et couleurs de moufle celles qui ne supporteraient pas cette température et que l’on fixe en chauffant les pièces dans un moufle à une température convenable.

Les couleurs de grand feu sont peu nombreuses (oxydes de cobalt, de chrome, sesquioxyde de fer et de manganèse, oxyde de titane [jaune] et oxyde d’uranium [noir]); celles de moufle sont plus nombreuses; on les obtient en fondant dans un creuset les oxydes métalliques avec des verres incolores appelés fondants^ et dont la fusibilité varie avec la température de décomposition de la couleur.

Pour l’or, on le prépare en précipitant un sel d’or par le sulfate de fer; on le mélange avec un peu d’oxyde de bismuth et de borax, et on délaye dans l’essence. La matière s’applique au pinceau; par la cuisson elle donne de l’or mat, qu’on peut polir avec le brunissoir.

La cuisson des couleurs s’opère dans des moufles chauffés entièrement à la flamme du bois; l’ouvrier règle la température en examinant des morceaux de porcelaine (montres) placés dans le moufle à côté des vases; sur ces montres on a déposé des couleurs susceptibles de s’altérer, et c’est par leur teinte qu’on juge de la manière dont marche l’opération.

Page 1