PORCELAINE
Nous décrirons sommairement les diverses opérations de la fabrication de la porcelaine. '
1036. Préparation des pâtes. — Le kaolin forme la partie essentielle de la pâte ; c est une argile friable, que l’on sépare facilement des matières siliceuses (sables, leldspalb non altéré) qui y sont mélangées, en la mettant en suspension dans l’eau ; on décante rapidement, et par le repos le liquide laisse déposer l’argile pure.
A la manufacture de Sèvres, les pâtes ont toujours la môme composition ; elles contiennent :
Kaolin lavé
Pâte de service.
Pâte de sculpture.
Craie fie Boogival
Sable frAninont
Sable feldspal bique
Feldspath quartzeux
UV. NI. Cil A P. XIV. POHCCCAlNE.
Ces dernières substances ont une grande dureté; pour les réduire en poudre, on les fait rougir et on les refroidit subitement par une immersion dans l’eau froide; la matière ainsi étonnée est plus friable, on la broie è la meule et l’on sépare les parties légères des parties lourdes par décantation. Lorsqu’ils sont amenés à l’état de ténuité voulu, on opère le mélange de ces divers matériaux avec de l’eau, on leur donne un certain degré de consistance (ressuyage de la pâte) en les mettant dans des moules en plâtre qui absorbent l’eau ; on malaxe ensuite cette pâte pendant longtemps, afin de la rendre homogène, soit en la piétinant (marchage), soit en la réduisant en boules que l’on bat fortement avec les mains.
1057. Faeonnag'*^ «les objets. — On façonne les objets par trois procédés différents: 1° le travail au tour; 2° le moulage par impression; 3° le coulage.
1° Travail au tour. — Le tour se compose de deux disques en bois horizontaux, mobiles autour d’un axe vertical; l’ouvrier, étant assis, peut faire mouvoir avec le pied le disque inférieur et lui imprimer un mouvement de rotation plus ou moins rapide. Il place la pâte sur le plateau supérieur, dans l’axe du tour, et la façonne d’abord avec les doigts pour lui donner à peu près la forme qu’elle doit avoir; puis, quand elle a pris de la consistance, il lui donne sa dernière forme et ses dimensions, en la tournant avec un outil tranchant (tournassage).
2" Moulage. — Nous prendrons comme exemple la fabrication d’une assiette. L’ouvrier comprime avec une éponge une plaque de pâte d’une épaisseur convenable, sur un moule en plâtre placé sur un tour, qui présente en relief la forme de l’intérieur de l’assiette, puis il place le moule concentriquement au tour et le fait tourner. En descendant un couteau en acier dont le tranchant présente le demi-profil delà surface extérieure de l’assiette, il enlève l’excédant de pâte et donne à l’assiette la forme voulue. Des arrêts placés sur le support du couteau l’empêchent de trop descendre et lui permettent d’obtenir des assiettes d’égale épaisseur.
3" Coulage. — On verse dans un moule en plâtre une bouillie liquide de pâte de porcelaine {barbotine], et on l’y laisse séjourner pendant un temps plus ou moins long. Le moule absorbe l’eau et solidifie sur ses parois une couche de pâte plus ou moins épaisse. On renverse le moule pour faire couler l’excès de barbotine, et l’on retire l’objet du moule. Ce procédé s’applique, à Sèvres, à la confection des grands vases et d’objets de très-pelite épaisseur, tels que les tasses à café, les (ubes de porcelaine, etc.
1038. Cuiëson fie la porcelaine. — Les objets labi’iqués par ces divers procédés sont soumis à une première cuisson, qu’on ai)pellc le dégourdi., qui les dessèche et leur donne un certain degré de consistance; on les recouvre alors de leur eovverte ou glaçure. Cetle couveite doit s’étendre
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aci eiiUM]|, (Ml concJio mince vitrifiée sur toute la pièce, sans pénétrei- ( ans intérieur de la pâte, cecjui suppose qu’elle n’est pas beaucoup plus usi e qu elle; il faut en outre qu’elle présente la même dilatabilité pour a chaleur que la pâte, afin qu’elle ne se fendille pas par le refroidissement, en produisant des tressai Hures.
On se sert à Sèvres de pegmalite (mélange de quartz et de feldspath) réduite en poudre impalpable et délayée en bouillie claire dans l’eau : on plonge dans celle eau l’objet à vernir; le liquide, rapidement absorbé, laisse à la surface une couche mince de substance vitrescible. Si la pièce était cuite, on déposerait la couverte avec un pinceau.
On place les pièces ainsi préparées dans des cazeltes ou cylindres en
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terre réfractaire, ayant àl’intérieur une forme en harmonie avec celle de chaque pièce; on les empile les unes au-dessus des autres dans le four ou doit s’opérer la cuisson {fig. 162). L’emploi des cazettes est indispensable, il protège la surface de la porcelaine contre l’action des cendres entraînées par le courant d’air, et empêche les pièces de se souder ensemble. La porcelaine ne se colle point à la cazette, parce qu’elle repose sur elle par une partie non vernissée (bordure inférieure de la tasse, de l’assiette, etc.).
Nous donnons ici (fig. 163) une
Fig.
coupe
([uali’e
du four foyers (al
à porcelaine â trois élag andiers). dans lesquels on
es; l’inférieur est chauffé pai' brûle de la houille ou du bois;
I^iv. III. CIIAP. XIV. POUCFJ.AIînK. Hji
les produits de la combuslioii traversent l’étage intérieur et s’élèvent dans le second, cbauifé également par des alandiers; de là ils vont à l’étage supérieur, où se fait le dégourdi, la porcelaine se cuit dans les deux autres. Des ouvertures latérales, murées pendant la cuisson avec des briques réfractaires, permettent d’y pénétrer quand le four est refroidi.
GRÈS CÉRAMES.
105J. La pâte de ces grès est de la pâte de porcelaine, ordinairement colorée par du fer et travaillée avec moins de soin. On cuit le grès à haute température, et on le vernit en projetant dans le four, lorsqu’il est bien chaud, quelques poignées de sel marin humide. Le sel en vapeur est décomposé par l’argile sous l’influence de l’eau, et donne du silicate de soude qui se combine au silicate d’alumine pour former un silicate double très-fusible, qui vernit la surface.