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LIV. in. CHAP. XV. métallurgie

compi’inie l’anialganie dans une peau de chamois, pour en extraire la majeure partie du liquide; il reste une matière solide que l’on chauffe dans des appareils distillatoires pour en extraire le mercure; l’or reste.

En Australie, on extrait l’or des roches quartzeuses au moyen de machines qui broient, lavent et amalgament le minerai d’un seul coup. Ce sont des bassins en fonte, dans lesquels on introduit du mercure, les fragments de roche et deux boulets en fonte d’un poids considérable; on imprime h ces bassins un mouvement rapide de rotation; les roches sont réduites en poudre impalpable par le choc des billes, et comme on fait arriver un filet d’eau continu à la surface du mercure, les parties légères tenues en suspension sont entraînées, tandis que les parcelles d’or vont au fond et s’amalgament avec le mercure, d’où on le retire comme il est dit ci-dessus.

L’or se trouve, dans quelques localités, associé à des sulfures de plomb, de cuivre et d’argent; on l’exploite alors comme minerai de cuivre ou de plomb, et l’on retire de ces métaux l’argent en même temps que l’or par des procédés qui seront décrits plus loin; mais on peut aussi, comme en Piémont, retirer l’or par amalgamation de ces minerais, en faisant tourner des tonneaux fermés contenant du mercure, du minerai, de l’eau et des disques de fer, qui réduisent les sulfures en poudre impalpable; l’or, dégagé de sa gangue, s’unit au mercure.

L’or extrait de l’amalgame ou des cuivres et plombs aurifères n’est point pur; on l-’affine comme on l’a indiqué à l’affinage des métaux précieux.

4068. Production de For. — L’or, relativement rare jusqu’en 4848, a été trouvé en abondance à cette époque dans les sables d’alluvion de la Californie, puis en 4851 dans les gisements de Victoria en Australie. La production annuelle en 4858 pouvait être évaluée ainsi qu’il suit :

Millions de francs.

Amérique (sans la Californie; 225

Californie 350

Australie 250

Russie d’Asie. . . 87

Europe 4

■ En tout, 916 millions de francs représentant un poids d’environ 1 280,000 kilog. au prix de 3,270 francs le kilogramme. Ce chiffre de la I production actuelle ne paraît pas avoir sensiblement varié depuis cette I époque L

’ Pour plus de détails sur la production de l’or et des autres métaux, nous lenveiions le lecteur à la Iraduction du traité de miiiéralocie du docteur Percy, de MM. l’etit^and el

CHIMll<: INOHGA NiQUK.

AKGEINT.

1069. L argent natif est assez rare, quoique Irès-dissérniné à la surface' U globe ; le sulfure d’argent, le sulfoantimoniure, l’antiinoniure, le chlolure, le bromure et l’iodure d’argent, ordinairement mélangés à des substances étrangères, sont les minerais principalement exploités. On eiii extrait egalement des plombs et des enivres argentifères par des procédés^ qui seront indiqués dans la métallurgie de ces deux métaux.

On connaît deux méthodes de traitement des minerais d’argent; dans^ chacune d’elles on transforme le sulfure en chlorure ; on ajouleà'la dis-solution de ce chlorure dans le sel marin un métal capable de précipiter argent. On rassemble le métal en mettant la matière en contact intime* avec le mercure, et l’on obtient un amalgame d’où il est facile de retirer argent par distillation. Mais ces deux méthodes diffèrent singulièrement par les moyens que l’on met en œuvre pour obtenir ces diverses réactions.

1070. Méthofie saxonne. — On exploite en Saxe des minerais sulfurés, riches en pyrites, dont on sépare autant que possible tout le sulfure de plomb et de cuivre, que l’on traite à part, et l’on en compose des tas dont la teneur moyenne en argent est de 160 à 240 grammes par quintal, et contenant de 34 a 35 pour 100 de pyrite. On y ajoute 10 pourlOü de sel marin et l’on grille le mélange dans un four à réverbère. Par suite delà combustion des pyrites, il se produit de l’acide sulfureux et de l’acide sullurique; ce dernier décompose le sel marin et forme du sulfate de soude ; le chlore du sel décomposé s’unit à l’argent et donne naissance a un chlorure d’argent. Il se forme en outre du sulfate et de l’oxyde de fer.

Le minerai grillé, criblé et moulu, est introduit dans de grands tonlœaux, que 1 on peut faire tourner aulour de leur axe. On y met lOquinaiix e minuai, 3 à 5 quintaux d’eau et 30 à 33 kilogrammes de plaques er oiç, , apiès une heure de rotation, on y ajoute 50 kilogrammes de mercure et l’on fait tourner de nouveau pendant seize ou dix-huit leures. Dans la première partie de l’opération, le fer précipite l’argent U c 1 oiuie argent dissous dans l’excès de sel marin restant ; dans la seconde, le niercure réunit l’argent et s’amalgame avec lui. L’amalgame soutire est hltré et donne un produit solide contenant 82 à 83 de mercure et 17 à 18 pour 100 d’argentet d’autres métaux. Pour en retirer l’ai gent on le soumet à la distillation; cette opération s’eflèclue dans une grande cloche en fonte qui plonge dans l’eau par sa partie inférieure et

Uonna. I eur inlrodaclion qui coutienMes reuseignements les plus précis sur la statistique de la métallurgie, nous a fourni tous les cl.idres dout nous avons fait usage dans ce livre, pour donner une idée sommaire de la produrliun des métaux les plus imporiauls

UV. III. CHA1‘. XV. MÉTALLUHGI i:.

(il II

dont la partie supérieure peut être entourée de charbons ardents [fig, 168). Dans Taxe de cette cloche on place une espèce d’étagère en tonte sur laquelle sont disposés les morceaux d'amalgame.,Quand la cloche s’échauHe, le mercure distille el va se condenser dans la partie inférieure refroidie.

L’argent qui reste sur les [jlaleaux contient environ ^8 pour 400 de cuivre et 3 pour 400 de plomb ; on le fond à l’air, pour oxyder le plomb et quelques autres matières oxydables, et on l’amène , par quelques fusions, à ne plus contenir que 25 pour 400 de cuivre ; on le livre au commerce au titre de 750 millièmes.

4071. Méthode américaine. — Au Mexique, au Pérou et au Chili, le combustible est rare, elles minerais, doubles et de chlorures, sont encore plus pauvres qu’à Freyberg ; on ne peut donc produire la chloruration du sulfure qu’ils contiennent par le sel marin à chaud.

On réduit le minerai en poudre fine et l’on en étend de 500 à 600 quintaux sur une aire en pierre, où on le fait piétiner par des chevaux, après y avoir ajouté quelques centièmes de sel marin et de l’eau. Au bout de quelques jours, le mélange est devenu intime, on ajoute 4 cenlième de pyrite cuivreuse grillée (magistral), on fait piétiner do nouveau et l’on introduit une première portion de mercure dans le mélange. Après quinze jours environ, le mercure a dissous assez d’argent pour constituer une masse brillante; on remet du mercure et, quelques jours pins lard, une troisième et dernière portion. L’opération terminée (elle dure plusieurs mois), on lave toutes les boues, pour séparer le mercure des parties terreuses ou solubles que l’eau enlève; on en relii’C l’argent a i)cu près de la même manière qu’à Freyberg.

Fig. 108.

mélanges de sulfures simples ou

CHIMIE INORGANIQUE

Voici les principales réactions qui se produisent dans cette longue opé ration. Le magislral contient une certaine quantité de sulfate de cnivn (iO pour 100 environ), qui se transforme, au contact du sel marin, er chlorure de cuivre, GuCl, et en sulfate de soude ; le chlorure de cuivre cède la moitié de son chlore à l’argent natif et réagit sur le sulfure pour produire du chlorure d’argent et du sulfure de cuivre; le chlorure d’argent se dissout dans le sel marin, d’où le mercure précipite l’argent qui. se dissout dans l’excès de mercure.

1072. Comparaison des deux méthodes. — Les différences entre les; deux procédés sont faciles à saisir. Le mode de chloruration du mineraiii est différent, la méthode américaine exigeant l’emploi d’un chloruranti à froid. A Freyberg, la dissolution de chlorure d’argent dans le sel marinn est précipitée par le fer, et le mercure n’y intervient que comme dissolvant de l’argent; en Amérique, le mercure sert à la fois à précipiter le métal et à le recueillir; par conséquent, il y a théoriquement 100 kilogrammes de mercure qui vont prendre la place de 108 kilogrammes d’ar-gent, et qui sont nécessairement perdus. Toutefois l’expérience montre que la production de 100 kilogrammes d’argent nécessite une perte de 130 kilogrammes de mercure ; il y a donc une partie du mercure altérée par des reactions secondaires. C’est qu’en elïet la chloruration du mine-rai ne se produit complètement qu’à la condition de mettre un excès de chlorure de cuivre; mais ce corps, en présence du mercure, lui cède la» moùié de son chlore et le transforme en sous-chlorure; aussi est-on; obligé de surveiller avec le plus grand soin la marche de l’amalgamation; si le mercure reste trop fluide, parce qu’il ne rencontre pas d’argent, on ajoutera du magistral, mais si on en ajoute trop, le mercure se divise et prend une couleur gris foncé, parce qu’une notable portion de ce métal passe à l’état de chlorure; il faut alors détruire l’excès de magistral, en ajoutant de la chaux. Aucun inconvénient de ce genre ne se produit en Saxe, parce que toutes les opérations y sont nettement séparées, au lieu de s effectuer toutes dans le môme appareil et presque d’une manière continue, comme en Amérique.

1073. Production de Parg-ent. — En 1860 les diverses exploitations d’argent en Europe ont donné

Angleterre 21,333 kilogr

France 48,600 —

Prusse 11,600 —

Autriche 34,137 —

Russie 20,429 —

Suède 10,130 —

A BEPORTER 146,229 kilogr.

Report 146,229 kiloar.

Espagne 80,000 — "

Italie 300 —

Hanovre et Brunswick. il, 312 —

Saxe 27,343 —

Nassau 3,-213 —

Autr. Etats de l’Europe. 403 —

T OTAL 268,800 kilogr.

représentant une valeur d’environ 60 millions de fi ancs (220 fr. le kil.). La production de l’argent en Amérique est plus considérable: mai:

UV. III. CIIAP. XV. MÉTALLUHllIE.

les renseignements sont moins certains. En 1850 le Mexique seul a lourni pour 110 millions de francs d’argent, mais la production a baissé depuis. En 1818 la Bolivie et le Pérou ont produit pour 15 millions de francs de ce métal.

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