LIV. III. CHAP. XV. MÉTALLUUGIK
OÙ la lempéralure est plus élevée, la réduetion du sulfure et la vilrilicaliüii des gangues s effectuent i il coule donc des scories et du plomb dans le bassin R, pendant toute la durée de l’opération. On enlève les scories, et, lorsqu’il estplein de produits métalliques, on établit la communication entre le réservoir B et le creuset; la matière se rend dans le creuset et s’y divise en deux couches ; l’inférieure est du plomb fondu, la supérieure est composée de sous-sulfure de plomb, Pb‘‘^S, et de divers sulfures métalliques, et notamment de sulfure de fer. Ces matières , qui se solidifient les premières, sont retirées à part, et le plomb fondu est puisé avec une cuiller en fer et coulé en lingots. Les mattes sont grillées, puis fondues, avec un peu de grenaille de fer et des scories plombeuses, dans un fourneau à peu près droit (fourneau à manche); dans la première opération, on élimine la majeure partie du soufre et l’on transforme le fer en oxyde ; dans la fusion, cet oxyde se combine à la silice des scories et donne un silicate de protoxyde de fer, fusible et irréductible par le charbon. Le plomb oxydé est réduit par le charbon et le sulfure par le fer. On obtient ainsi une nouvelle quantité de plomb , une nouvelle matte et une scorie ferrugineuse. La nouvelle matte est soumise au même traitement. De cette manière, on enlève peu à peu presque tout le plomb et le fer qu’elle contient, tandis que le cuivre contenu dans le minerai se concentre dans une dernière matte (matte cuivreuse), que l’on traite comme minerai de cuivre.
TRAITKMENT DU PLOMB ARGENTIFERE.
Les galènes à petites facettes, traitées par les deux méthodes précédentes, donnent du plomb argentifère (plomb d’œuvre), d’où l’on retire l’argent par le procédé de coupellation quand le plomb contient au moins 4/5000 d’argent; mais pour les plombs de l’Angleterre et de l’Espagne, qui en contiennent 4/1000 environ, on a recours d’abord à une première opération, qu’on désigne sous le nom ^'affinage par cristallisation.
4079. i%ffiuag;e par cristaiiisatiou. — Ce procédé repose sur le fait suivant ; le plomb argentifère, fondu, se partage, en se refroidissant, en plomb presque pur qui cristallise, et en un alliage plus fusible que le plomb et plus riche en argent que le plomb primitif.
On fait donc fondre du plomb d’œuvre dans une chaudière en fonte, on l’agite constamment pendant qu’il se refroidit, et l’on enlève avec une cuiller en fer les cristaux de plomb k mesure qu’ils se forment; il reste une masse liquide d’autant plus riche en argent, qu’on a enlevé plus de cristaux. Par plusieurs cristallisations successives, on arrive à concentrer dans une masse de plomb beaucoup plus petite à peu pi'ès la totalité
CHIMIE INOHGANIUCE.
(le l’argenl. Ainsi, 1,000 quintaux de plonab contenant 13 kilogrammes d’argent donnent, après trois cristallisations, 155 quintaux de plomb contenant 1 1*^, 660 d’argent : le reste de l’argent se trouve dans un plomb beaucoup trop pauvre pour être exploité avec profit.
1080. Coiipellatiou. — Nous avons indiqué, dans les essais d’argent, la théorie de la coupellation (1013); l’opération industrielle ne diflere de celle des laboratoires qu’en ce que la lilharge, au lieu de s’imbiber dans la coupelle, s’écoule au dehors du fourneau au fur et à mesure de sa production.
Le fourneau de coupellation {fîg. 173) est un four à réverbère dont la sole est un calotte sphérique, et la voûte, un convercleen tôle mobile à
Fig. 173.
1 extrémité d une grue. La partie intérieure du four est en briques recouvertes de lits de scories, que l’on revêt de couches de marne tassée avec soin, de manière à être imperméable à la litharge. Cette couche de marne constitue la coupelle. Le four présente un foyer latéral ; pour chauffer la coupelle au début, on introduit du plomb, et, lorsqu’il est bien fondu, on dirige sur la surface du bain lé vent de deux forts soufflets; l’oxydation commence et dégagé bientôt assez de chaleur pour qu’on n’ait plus besoin de la chaleur du foyer. La surface du bain se recouvre d’abord d’une poussière d’oxyde noir que l’on enlève ; puis l’oxyde
fond. On le fait écouler au fur et à mesure qu’il se produit, en enlaiilanl
MV. m CHAI>. XV. MÉTALLURGli:. 627
la coupelle, pour produire, dans la partie où le vent pousse la litharge, une rigole dont la hauteur est réglée par celle du bain métallique, de manière que ce bain soit toujours soumis à l’action directe de l’air/bes premières litbarges entraînent avec elles les métaux étrangers, on doit les mettre à part ; celles qui suivent sont plus pures, elles sont livrées au commerce, ce sont les litbarges marchandes. On continue ainsi jusqu’au moment où l’éclair apparaît ; l’ouvrier verse de l’eau chaude sur la sole pour refroidir l’argent, et enlève le gâteau solidifié. L’argent de coupelle contient 5 à 6 pour 100 de plomb, on doit nécessairement le raffiner, c’est-à-dire lui faire subir une nouvelle coupellation.
Les litbarges qui ne sont pas livrées au commerce sont révivifîées; on les fond au contact du charbon dans un fourneau droit (fourneau à manche) analogue à celui qui sert dans la métallurgie de l’étain ; l’oxyde de plomb est réduit, et le métal est coulé en lingots pour les besoins du commerce.
1081. Production du plomb. — La quantité de plomb fabriqué en Europe en 1861 s’élevait à plus de 2 millions de quintaux métriques; les États-Unis en ont fourni en outre 200,000 quintaux.
L’Angleterre, l’Espagne et la France sont les pays de l’Europe qui produisent le plus de ce métal, nous ne donnerons ici que les chiffres relatifs à ces trois pays :
Angleterre 700,000 quintaux métriques.
Espagne 650,000 —
France 405,000 —
Le prix du plomb étant en moyenne de 50 francs le quintal, la production totale de ce métal représente une valeur de 124 à 125 millions de francs.