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ANALYSE ORGANIQUE. EQUIVALENTS DES CORPS ORGANIQUES

1111. Objet de la chimie org^auique. — La chimie Organique étudié les diverses matières contenues dans les êtres organisés et toutes celles | qu’on en peut déduire sous les influences les plus variées. Nous en excep- 1 terons toutefois les corps qui sont le résultat de la décomposition ul- » time des matières végétales ou animales, tels que l’acide carbonique,

1 eau, 1 ammoniaque, déjà étudiés en chimie minérale. Certains corps, y comme le cyanogène et ses composés, appartiennent tout aussi bien à la \ chimie organique qu’à la chimie minérale; ainsi, par exemple, i’urée, principe essentiel de l’urine des carnivores, est une modification du cyanate d ammoniaque. Il ne faut donc voir dans cette division des deux chimies qu une convention arbitraire, nécessitée pour la commodité de 1 étude et purement relative à l’état actuel de la science, mais destinée à disparaître tôt ou tard.

On donne le nom de substances organiques à des corps doués de propriétés physiques bien définies, comme le sucre, l’acide oxalique et 1 alcool, qui^sont caractérisés par leur forme cristalline ou par leur point d ébullition, etc. ; les substances organisées sont celles qui constituent essentiellement les tissus des végétaux ou des animaux, comme la cellulose ou la fibiine, elles sont toujours dénuées de forme cristalline et sont constituées par des cellules ou des fibres qui se développent sous l’influence de la vie et s’altèrent plus ou moins facilement après la mort.

Ht 2. Éléiueiits des corps de la chimie organique. — Tous Ces COl’ps sont formés de carbone, d’hydrogène, d’oxygène et d’azote, combinés deux à deux, trois a trois, ou tous ensemble en diverses proportions; un certain nombre de substances organisées contiennent, en outre, du soufre et du phosphore; enfin, il est possible d’iiitioduire dans beaucoup de matières organiques du chlore, du brome et de l’iode, mais nous ne connaissons aucune substance naturelle qui en contienne.

I Hd. Aiialyüc immédiate. — Les substances contenues dans les êtres

CHAP. l. ANALYSE OUGANIQUE.

organisés y rarement à l’état de pureté; il faut nécessairement, avant de procéder à leur étude, les séparer des autres substances avec lesquelles elles sont mélangées, c est dans cette opeialion que consiste Vciïtalys6 i)Yiiuédi(xt€, On peut comparer les diveises parties des «inimaux et des végétaux aux roches plus ou moins complexes qui forment l’enveloppe solide de la terre. Si la composition de ces roches ne nous était indiquée que par une analyse donnant la proportion des coips simples qui les constituent, cette proportion varierait d un échantillon à l’autre, sans cependant que leur nature eût nécessairement changé; mais en examinant avec attention le granité, par exemple, nous le trouvons composé de trois espèces de cristaux que l’on peut toujours séparer mécaniquement et qui sont formés par du feldspath, du quartz et du mica, minéraux de composition et de propriétés définies. Cette recherche, relativement facile quand il s’agit des minéraux, devient plus difficile poulies corps de la chimie organique qui se métamorphosent dans tant de circonstances. Cependant il est possible, par un emploi judicieux de la chaleur, des dissolvants neutres, tels que l’alcool, l’éther, les huiles essentielles, des acides et des bases étendues, d’extraire des agrégats complexes, les substances définies ou principes immédiats qui y préexistent comme le sucre des plantes sucrées; l’acide citrique et 1 essence de citron, du citron ; l’acide tartrique, du jus du raisin, etc. ; mais nous n insisterons pas ici sur ce sujet, parce que des exemples particuliers feront par la suite suffisamment ressortir les procédés que l’on met le plus souvent en œuvre dans cette recherche préliminaire.

1114. Analyse élémentaire. — Le dosage des corps simples qui entrent dans la composition d’une substance organique définie se lait pai des méthodes simples que nous allons rapidement faire connaîtie.

La marche à suivre étant différente, suivant que la substance est ou non azotée, il faudra d’abord soumettre celle-ci à une épreuve piéalable

si l’on n’a aucune donnée sur sa composition. Une matière azotée, projetée sur des charbons ardents, donne d’ordinaire une odeur de corne ou de chair brûlée caractéristique; en tous cas, chauflée dans un petit tube avec un globule de potassium, elle -produit du cyanure de pofassium facile à reconnaître.

1115. Analyse «les substances non azotées. — Voici le principe dc cette méthode : On chauffe la substance au contact de substances oxydantes, pour transformer leur carbone et leur hydrogène en eau et acide carbonique; du poids de ces substances on déduit facilement celui du carbone et de l’hydrogène, puisqu’on sait que 11 parties en imids d acide carbonique contiennent 3 parties de carbone et que 9 parties d eau en contiennenl une d’hydrogène. Le poids de i’oxygène se déduit pai

férence.

CHIIVIIE OltGAMUlJP:.

La première méÜiode d’analyse chimique lamioiUe à 1810; elle esLdue à Gay-Liissac et Thénard. Ils hrûlaient la matière organique en la chau!lant par petites portions avec du chlorate de potasse ; quelques années après, Gay-Lussac substitua l’oxyde de cuivre au chlorate et rendit ainsi l’analyse beaucoup plus facile; c’esl ce procédé, modifié dans les détails surtout par M. Liebig, que l’on suit actuellement.

On introduit dans un tube de verre (fig. 180), peu fusible et entouré de clinquant, de l’oxyde de cuivre grossier, puis la substance à analyser, mélangée avec de l’oxyde de cuivre si elle est solide, ou conlenue dans un petit tube si elle est liquide, et l’on achève de remplir le tube avec de l’oxyde grossier. On adapte au tube à combustion un système composé d’un tube en IJ contenant de la pierre ponce imbibée d’acide sulfurique concentré, d’un tube à boules (tube de Liebig) de forme particulière contenant une dissolution de polasse, et d’un troisième tube en U i-empli

de fragments de polasse fondue, destinée à dessécher les gaz qui oui ti'aversé le tube à boules et à retenir au besoin les traces d’acide cai'bonique échappées à l’absorption.

On chautte d’abord le tube vers le bouchon, de manière à y poriei’ l’oxyde au rouge, puis on approche successivement le feu de la matière, en ayant soin de chauffer préalablement la pointe effilée, afin d’y empêcher toute condensation de matière oi’ganique provenant de la dislillatiou de la substance; ou chaulle graduellement jusqu’au rouge toutes les parties du tube en se réglant sur la vitesse de dégagement des gaz qui traversent le tube de Liebig, de manière qu’elle soit toujours assez faible. La matièi’e décomposée, le dégagement s’arrête.

li’eau Ibi'Uiée est conijilétemcn! arrêtée par le tube à ponee sulfurique,

CllAP. 1. AINAI.YSK OKGAMIULŒ.

la majeure partie se condense môme dans la pcLile boule dont il est muni; racide carbonique est absorbé dans le lube de Liebig; mais comme il en reste nécessairement une certaine quantité dans le tube à combustion et dans le tube desséchant, on brise l’extrémité de la pointe du tube à combustion après l’avoir laissé refroidir, et au moyen d’un caoutchouc on le met en communication avec un petit gazomètre à oxygène muni de tubes desséchants. Ce gaz sec, non-seulement chasse l’acide carbonique, mais brûle les dernières traces de carbone qui ont échappé à la combustion dans la première partie de l’opération. Cette précaution est indispensable pour terminer la combustion de beaucoup de substances riches en carbone et peu volatiles. La combustion achevée, on détermine l’augmentation de poids du tube »à eau et des tubes à potasse ; on en déduit le poids de l’hydrogène et du carbone.

On opère d’ordinaire sur 2 à 3 décigrammes de matière organique; l’oxyde de cuivre dont on se sert provient de la calcination de l’azotate ou de l’oxydation à l'air de la planure de cuivre. L’oxyde de l’azotate est très-divisé, facile à réduire, mais il se lasse facilement et ne laisse plus passer les gaz; il faut donc le mélanger avec l’oxyde plus grossier de la planure grillée, qui peut d’ailleurs servir seul dans la plupart des cas. Gomme l’oxyde de cuivre est très-hygrométrique, on le calcine au rouge et on l’enferme dans des malras d’essayeur termés à la lampe, d’où on le retire seulement au moment de s en seivii.

1116. Analyse des substances azotées. — On détermine d abord le poids du carbone et de l’hydrogène contenus dans la substance azotée par la méthode précédente; en prenant toutefois la précaution de placer entre l’oxyde de cuivre et le bouchon une colonne de cuivre, que l’on portera au rouge sombre pendant l’opération. Il arrive presque toujouis que l’oxydation des matières azotées produit des vapeurs nitreuses, absorbables par la potasse et par l’acide sulfurique concentré ; la colonne

de cuivre sert à les transformer en azote.

Le dosage de l’azote s’effectue par deux méthodes bien distinctes : dans l’une on recueille l’azote, sans se préoccuper de l’eau et de l’acide carbonique, dans l’autre on chautfe la matière azotée avec un alcali hydraté; l’eau de cet alcali se trouve décomposée par suite de la tendance du carbone à former de l’acide carbonique en présence des bases puissantes; l’hydrogène dégagé de l’eau se combine à l’azote de la substance et forme de l’ammoniaque, que l’on recueille dans une dissolutioii acide. Cette dernière méthode est moins générale que la première, e t est en défaut dans le cas des substances contenant de 1 acide lypo* ' tique (nitrobenzine, etc.), parce qu’il se produit alors des azotates ou

fizotitss f • '

I® f)os(uj(i de l’azote en volumes. — <hi introduit dans un Inbt itlu i

CHIMIE OHCAlMüUE.

son extrémité et recouvert de clinquant, de l’oxyde de cuivre grossier, la substance mélangée d’oxyde de cuivre, une colonne d’oxyde de cuivre, et l’on achève de remplir avec de la planure de cuivre grillée d’abord, puis réduite par l’hydrogène. On adapte au tube un bouchon muni d’un tube abducteur qui se rend dans une petite cuve à mercure {f,g. 182). On lait d’abord passer dans le tube à combustion un courant d’acide carbo-

Fig. 182.

nique pur jusqu’au moment où le gaz dégagé sur le mercure est complètement absorbable par la dissolution de potasse. A ce moment on terme le robinet de l’appareil à acide carbonique et l’on chaulïè les colonnes d’oxyde de cuivre et de cuivre, en ayant soin de n’échaufièr la partie du tube contenant le mélange de matière et d’oxyde qu’au moment où les autres parties sont portées au rouge; l’azote qui se dégage se rend par le tube abducteur dans une éprouvette contenant une dissolution concentrée de potasse, où l’acide carbonique est absorbé; quand la matière est décomposée, le dégagement cesse, on fait alors passer de nouveau un on deux litres d’acide carbonique environ pour chasser

dans 1 éprouvette 1 azote resté dans le tube et l’on mesure le volume du gaz obtenu.

A cetelïet, on porte l’éprouvette sur la cuve à eau et l’on transvase le gaz dans un tube étroit, gradué en fractions de centimètres cubes ; on amène le niveau de 1 eau a être le môme dans la cuve et dans le tube giadué. Soit Y le nombre entier ou Iraclionnaire de centimètres cubes observé, H la hauteui corrigée du baromètre au moment de l’expérience, P la températiue de 1 eau de la cuve, qui est aussi celte du gaz contenu dans le tube, et / la tension maximum de la vapeur d’eau correspondant à cette températuie, te poids de 1 azote sera donné en milligrammes par la formule

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