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CHAP. VIII. SAVONS

1245. liaTons durs. — On obtient les savons durs, à Marseille, en saponifiant riuiile d’olive obtenue en exprimant à chaud les marcs déjà épuisés par une compression à froid. On introduit dans une grande chaudière, au quart remplie de lessive laible, riiuile à saponifier et l’on fait bouillir le mélange. Il se produit d'abord une émulsion formée par un savon avec un excès d’huile. On y introduit ensuite une lessive plus concentrée pour convertir le savon avec excès de matière grasse en savon avec excès d’alcali, qui est bien plus soluble {empâtage). 11 faut ensuite séparer le savon des lessives {relargage) ; à cet effet, on ajoute des soudes salées et on agite continuellement; le savon, insoluble dans l’eau salée, vient nager à la surface; on fait couler la lessive qui contient l’excès de soude, les impuretés de la soude employée et le sel marin; puis on ajoute au savon une nouvelle lessive concentrée en exces, on fait bouillir et on concentre par l’ébullition, jusqu’à ce que la lessive ait une densité de 1,15 à 1,20. Dans cette opération {coction), le savon se saponifie complètement, sans se délayer dans le liquide, à cause de la présence du sel marin existant dans le savon provenant du relargage.

Après la coction, le savon est noir et ne contient plus que 16 pour 100 d’eau. 11 doit sa couleur à un savon d’alümine et de fer produit lors de l’empâtage, qui se dissout dans la masse et qui se colore par l’action qu’exercent sur lui le sulfure de sodium des lessives et l’hydrogène sulfuré dégagé dans l’empâtage.

On le transforme facilement en savon blanc ou en savon marbré.

1” Savon blanc. — On délaye le savon dans une lessive faible et on laisse j déposer lentement; le savon d’alumine et de fer se dépose au fond de la ! chaudière; on enlève le savon blanc qui surnage, on le coule dans des i moules {mises), et quand il s’y est pris en masse, on le divise en tables de dimensions convenables, en le découpant avec un fil métallique.

2° Savon marbré. — On le délaye dans moins d’eau ; le savon d’alumine cl de fer coloré par le sulfure de fer se couvre de veines bleues, qui se ! distribuent dans l’intérieur de la masse, que l’on coule dans des mises j aussitôt que l’eau y a été exactement incorporée. Le sulfure métallique j se transforme en oxyde à la surface des tables de savon, par suite la

marbrure disparaît, mais on la retrouve toujours dans l’intérieur sur une coupe fraîche. Le savon marbré est plus estimé que le savon blanc, parce qu’on ne peut l’obtenir qu’avec 3Ü pour 100 d’eau au plus, tandis que le savon blanc peut en contenir 40 et 50 pour 100.

1246. ilîaYons mous. — On fait bouillir les huiles dans des chaudières en fer avec des lessives caustiques de })Otasse ; lorsque le mélange e^t bien homogène et demi-transparent, on le concentre pour en scpaici l’excès d’eau; puis, quand il est cuit, c’est-à-dire en consistance coincnable, on le coule dans des tonneaux pour le livrer au conmicicc.

CHIMIt: ORGANIQUE.

Ces savons sont verts ou noirs; ils sont verts quand on les fait avec des huiles jaunes et qu’on y ajoute, à la fin de la cuisson, un peu de dissolution d’indigo; ils sont noirs quand on emploie l’huile de chènevis et qu’on les colore par du sulfate de cuivre, du sulfate de fer, avec du tannin et du bois de campêche. Tous contiennent un excès d’alcali, avec les impuretés qu’il a apportées, et la glycérine provenant de la saponification. Ils renferment 50 pour 100 d’eau environ.

1247. .Savons de toilette transparents. — Les savons de toilette se préparent de la même manière que les savons mous, seulement on évite l’emploi d’un excès d’alcali; on les aromatise avec des huiles essentielles.

Le savon transparent, incolore ou coloré, s’obtient en dissolvant le savon ordinaire dans l’alcool chaud, qui en sépare toutes les impuretés; la liqueur décantée est coulée dans des mises en fer-blanc. Il acquiert toute sa transparence quand il est parfaitement sec.

1248. ijsagre des savons. — Le savon blanc est employé pour le blanchiment du linge, de la soie, de la laine et pour les besoins de la toilette, parce qu’il agit à la manière des alcalis très-faibles. Le savon marbré, plus alcalin et plus mordant, sert dans le blanchissage des tissus forts. Les savons mous, très-alcalins, servent surtout dans le foulage et

dans le dégraissage de la laine, dans le blanchissage du linge commun, etc.

On évalue à plus d’un million de quintaux la fabrication des savons en France. Marseille en fournit à peu près la moitié.

1249. Essai des savons. — Un savon de bonne qualité doit être soluble dans 1 alcool, en laissant tout au plus 1 pour 100 de résidu.

Pour doser 1 eau contenue dans un savon, on le divise en le raclant avec un couteau. On pèse 5 grammes de ces raclures dans une petite capsule, on les sèche dans une étuve à 100% et l’on pèse de nouveau. La perle de poids donne l’eau.

La proportion d’alcali s’obtiendra en dissolvant 10 grammes de savon ordinaire et traitant la dissolution obtenue comme les liqueurs dont on veut obtenir le titre alcalimétrique, c’est-à-dire en y versant goutte à

goutte de 1 acide sulfurique titré, jusqu’au moment où la liqueur devient acide.

Celte opération terminée, il sera facile de connaître le poids du corps glas qui surnage le liquide, en le faisant chauffer avec 5 ou 10 grammes de cire, afin qu il puisse se concréter par refroidissement. L’augmentation de poids de la cire donne la proportion du corps gras.

CllAP. IX. GLYCOLS.

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