‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 439 sur 537 · I. ESSENCES NON OXYGÉNÉES · texte numérisé non relu

I. ESSENCES NON OXYGÉNÉES

Les huiles de celte classe sont très-répandues; elles représentent loules, malgré leurs différences d’origine, d’odeur et de volatilité, la ciiôrne composition centésimale; leur formule générale est (C^IP)'S la l'iieux connue est Vessence de térébenlhine.

Essence de Icrébeiilliine,

On la trouve dans tous les arbres du genre pinus et dans toutes les arlies des arbres qui appartiennent à ce genre. On l’extrait, par distiltion, de la térébenthine, lic|uide visqueux, épais et limpide qui s’é- >ule des ouvertures naturelles ou arlitirielles de l’écorce de tous les

CHIMIE organique.

sapins, pins, mélèzes. L’essence du commerce contient toujours un peu de résine; pour la purifier, on la distille avec de l’eau, on la dessèche ensuite sur du chlorure de calcium, et on distille le produit sec dans une cornue.

1263. Propriétés. — Liquide incolore, d’une odeur spéciale, dont la densité est 0,87. Il bout à 156”, et sa densité de vapeur est 4,698. L’essence de térébenthine est lévogyre, mais son pouvoir rotatoire varie avec sa provenance, l’action plus ou moins prolongée de la chaleur, etc.

L’essence de térébenthine peut s’unir à l’eau pour former des hydrates bien cristallisés. On en connaît quatre, qui sont représentés par les formules

C5ohi6|hO, C20H16 + 2HO, C^OH'6 4HO, -j- 6HO.

Le dernier, plus facile à obtenir, se prépare en agitant fréquemment un mélange de 8 parties d’essence, de 2 parties d’acide azotique faible (D = l,25), et de 1 partie d’alcool à 80”. Il se forme à la longue une bouillie cristalline qu’on exprime entre des feuilles de papier buvard et que l’on dissout dans l’eau bouillante. On obtient de beaux cristaux par refroidissement.

L’acide chlorhydrique se dissout en grande quantité dans l’essence de térébenthine. La liqueur, exposée dans un endroit frais pendant vingtquatre heures, laisse déposer des cristaux qu’on égoutte avec soin et qu’on purifie par quelques cristallisations dans l’alcool. Ces cristaux sont une combinaison de camphre et d’acide chlorhydrique, représentée par la formule C-^H‘®,HG1; ce composé porte le nom de camphre artificiel, à cause de l’analogie de son odeur avec celle du camphre; ü fond à 150” et bout à 170”, en se décomposant. Sa dissolution alcoolique est lévogyre, comme celle de Uessence de térébenthine qu’il contient; de plus, son pouvoir rotatoire est proportionnel à la quantité d’essence qu’il renferme.

Le produit liquide qui prend naissance en même temps que les cristaux a la même composition que le camphre artificiel, et se comporte comme lui vis-à-vis de la lumière polarisée; l’essence de térébenthine est donc un mélange de deux essences isomères et de même pouvoir rotatoire, qui donnent, l’une un camphre liquide, l’autre un camphre solide.

Si l’on décompose le camphre artificiel entre 240 et 250”, en le chaulfant avec du savon sec ou un sel alcalin à acide organique faible, l’acide chlorhydrique s’unit à l’alcali, et l’on obtient un liquide lévogyre cristallisable à 45” et bouillant à 160”, qui peut, en s’unissant à l’acide chlorh}drique, régénérer le camphre artificiel sans autre produit. C’est le camphène de M. Berthelot.

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