MATIÈRES COLORANTES DE LA GARANCE
La matière connue sous le nom de garance, qui fournit de belles et solides couleurs noires, violettes, brunes et rouges, est obtenue en pulvérisant la racine ^nrnbia tinctorum. On cultive cette plante en Orient et dans quelques contrées de l’Europe, et notamment en Hollande et en France (Alsace, Auvergne, comtat d’Avignon).
Cette racine renferme diverses matières peu connues, mais on en peut aci ement extraire un corps particulier, l’acide rubérythrique, C^^jjisqis qui se transforme facilement en sucre et en matière colorante Dans la garance déjà ancienne, et telle qu’on l’emploie dans la teinture cette décomposition s’est déjà effectuée partiellement. ’
1340. Acide rubérythrique (C^ÎH'SO'S). — On fait bouillir avec de l’eau es racines fraîches de garance, et l’on précipite les autres principes qu elles contiennent par l’acétate de plomb neutre. La liqueur filtrée est traitée par l’acétate tribasique de plomb ; on obtient ainsi un seldeplomb
qu on décomposé par l’hydrogène sulfuré. On reprend par l’alcool pour dissoudre 1 acide rubérythrique.
On obtient par évaporation des prismes jaunes, peu solubles dans eau froide, très-solubles dans l’eau chaude, dans l’alcool, dans l’éther. Ut acide donne avec l’acétate basique de plomb un précipité rouge. Par U ition avec les acides étendus ou les alcalis, comme sous l’influence d un principe (probablement analogue à la diastase et à la synaptase) que renferme la garance, il se transforme en sucre et en alizarine :
C32H18018 = C20lieO6-|-C^2II12O‘2.
Acide Alizazine.
rubérythrique.
Sucre.
7j!j CHIMIE OKGANIQUE.
1341. Alliarine (C2«H608+4H0). — L’alizarine cristallise dans l’alcool en prismes d’un jaune brunâtre. Elle perd son eau à 100”, devient rouge et se sublime en prismes oranges; elle est à peine soluble dans eau froide, peu soluble dans l’eau bouillante, l’alcool et l’ether. L alizarine se dissout dans les alcalis et les colore en rouge pourpre; avec la baryte et la chaux elle donne des précipités bleus; si on verse dans cette liaueur une solution d’alun, on obtient un beau précipité rouge (laque de garance). On reproduit avec l’alizarine pure toutes les couleurs que 1 on
obtient dans la teinture avec la garance.
On extrait ordinairement l’alizarine de la garance par un procédé qui met bien en évidence la stabilité de ce corps important. On mêle la garance en poudre avec son poids d’acide sulfurique, qui détruit et charbonne les matières organiques de la garance sans altérer 1 al|^zarine. On obtient le charbon sulfurique de garance. On le lave a 1 eau froide pour enlever l’acide sulfurique, et on traite par l’alcool froid qui dissout quelques corps gras, puis par l’alcool bouillant pour enlever l’alizarme, qui cristallise en longues aiguilles par refroidissement. On pourrait egalement retirer l’alizarine par distillation du charbon sulfurique lave et seche. On obtient ainsi des aiguilles ayant la belle couleur du chromate de plomb
iU°> Purpurine, (C‘2HW4-HO).-Elle se trouve avec 1 alizarine dans la garance ancienne et se produit par une transformation de l’alizarine lorsqu’on arrose la garance avec de l’eau et de la levure et qu on abandonne le mélange à l’air. Elle constitue des prismes oranges, perd son eau d’hydralation à 100° et devient rouge. Elle est très-fusible, cristallise par refroidissement et peut être sublimée. Elle se dissout dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther en leur communiquant une couleur rouge, dans les alcalis avec une couleur orange. Elle donne avec la chaux et la baryte des précipités rouge-pourpre, et produit les mêmes couleurs que l’alizarine sur les étoffes mordancées à l’alun.
On doit la découverle de l’alizarine à Robiquet et à M. Colin.