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LIV. I. CHAP. VI. ARSENIC

loi

llamme de l’hydrogène changer de caractère ; de pûle et presque incolore qu’elle était, elle devient blanchâtre ou plutôt livide et assez colorée. Ce changement est dii à la présence de l’hydrogène arsénié dans la flamme. Comme ce gaz est décomposé par la chaleur en hydrogène et arsenic, il se produit, un peu au delà du clinquant, un dépôt miroitant d’arsenic. La ilamme ne contient que la petite quantité de gaz qui a échappé k la décomposition; mais on peut l’y manifester en la coupant avec une soucoupe de porcelaine ; celle-ci se recouvre aux points touchés d’une tache noire et brillante d’arsenic métallique. La présence de ce métalloïde dans l’intérieur de la llamnie s’explique tout naturellement; d’abord l’hydrogène arsénié est décomposé en hydrogène et arsenic sous l’influence delà chaleur dégagée par la flamme, ensuite l’hydrogène, étant en grand excès, brûle de préférence à l’arsenic ; celui-ci doit donc se trouver à l’état libre dans les parties de la flamme qui n’ont pas le contact immédiat de l’air, et ne peut brûler que dans les portions tout à fait extérieures.

19/. Caractères de l’anueau et des taches d’arsenic. — L’auneau d’arsenic se reconnaîtra aux caractères suivants : 1” la chaleur de la lampe le déplace facilement; 2“ si on le chauffe après avoir séparé de l’appareil le tube qui le contient, en le tenant légèrement incliné, l’arsenic se grille (s’oxyde) dans le courant d’air qui traverse le tube, et se transforme en acide arsénieux qui va se condenser en petits cristaux octaédriques dans les parties supérieures, plus froides, du tube. L’air, à sa sortie du tube, possède, pendant toute la durée de l’oxydation, une odeur d’ail prononcée, tout à fait caractéristique. On pourra soumettre l’acide arsénieux condensé dans le tube aux essaisindiqués plus haut pour reconnaître les grains de cet acide (195).

Les taches déposées sur la soucoupe de porcelaine, traitées par l’acide azotique pur et fumant, se dissolvent rapidement; on sature l’excès d’acide par l’ammoniaque, et l’onévapore à siccité; on obtient ainsi une tache blanche, qu’on dissout dans une goutte d’eau ; l’addition d’une petite quantité d’azotate d’argent dissous détermine dans cette liqueur un précipité rouge-brique caractéristique d’arséniate d'argent. On peut se dispenser de saturer l’acide azotique par l’ammoniaque et évaporer à siccité 1 acide arsénique formé, que l’on reconnaîtra en le traitant par l’acétate d argent dissous. Ici le précipité rouge se formera toujours, k cause de 1 insolubilité très-grande de l’arséniate dans l’acide acétique.

198. Caractères de l’anneau et îles taches d’antimoine. On emploie souvent l’antimoine comme médicament, k l’état d’émétique; or, les dissolutions de ce métal, introduites dans l’appareil de Marsh, donnent un anneau et des taches assez semblables ;i ceux de l’arsenic, il est donc essentiel de connaître les caractères qui permettent de dislinguei ces deux corps. L’anneau d’antimoine se déplace bien plus difficilement

\‘Ô2 CHIMIE liXORGAMQUE.

par la chaleur que Tanneau d’arsenic; par la même raison, on le voit se déposer plus près de la partie chauffée du tube. Si, après avoir détaché du tube, en coupant le verre, la partie qui contient l’anneau, on soumet celui-ci au grillage que nous avons indiqué au paragraphe précédent pour l’anneau d’arsenic, on voit encore l’anneau disparaître et se transformer en cristaux blancs d’acide antimonieux qui vont se déposer sur les parties froides du tube ; mais l’oxydation se fait sans dégagement d’odeur d’ail. L'acide antimonieux est peu soluble dans l’acide chlorhydrique, à moins qu’il ne soit très-concentré ; il se dissout au contraire avec facilité dans l’acide tartrique ou dans le bitartrate de potasse, et la dissolution ainsi obtenue, traitée par l’hydrogène sulfuré, donne un précipité rougeâtre caractéristique du sulfure d’antimoine Sb^S^ Enfin les taches, traitées successivement par l’aeide azotique et l’azotate d’argent, comme celles d’arsenic, donnent un précipité blanc jaunâtre d’antimoniate d’argent; on peut encore les] traiter par Tacide azotique, et, après avoir saturé l’excès d’acide par l’ammoniaque, ajouter une trace de sulfhydrate d’ammoniaque qui donne un précipité rougeâtre de sulfure d’antimoine.

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