LIV. I. CMAP. VII. SOUFRA
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en petile quantité. Son véritable dissolvant est le sulfure de carbone. Il fond vers 111° et se réduit en vapeurs d’un rouge foncé vers 440°.
:200. «oufre cristallisé. — Le soufre cst un corps dimorphe ; on peut, en effet, l’obtenir sous deux formes incompatibles. La dissolution de soufre dans le sulfure de carbone, abandonnée à l’évaporation spontanée, laisse déposer des cristaux octaédriques d’une belle couleur jaune et d’une transparence parfaite. Ces cristaux, identiques à ceux que l’on trouve dans la nature, appartiennent au système du prisme droit à base rectangle : ils se conservent indéfiniment, sans altération, à la température ordinaire. Si l’on fait cristalliser du soufre en le fondant et le laissant lentement refroidir, on obtient de longues aiguilles transparentes, qui dérivent d’un prisme oblique à base carrée ; ces aiguilles perdent bientôt leur transparence, et si on les examine alors au microscope, on voit qu’elles se sont transformées en de véritables chapelets d’octaèdres, dont l’ensemble conserve la forme extérieure du cristal primitif. Ce changement dans la forme est accompagné d’un changement de densité. Le soufre octaédrique a pour densité 2,03 ; le soufre prismatique, 1,97 ; par conséquent, à mesure que sa transformation s’effectue, la densité de ce dernier augmente jusqu’à devenir égale à 2,03 ; à ce moment, la transformation est complète. Ce passage d’un état moléculaire à l’autre est trèslent ; il n’est complet souvent qu’après plusieurs années; mais ou peut le produire instantanément en humectant les cristaux prismatiques de sulfure de carbone; la transformation a lieu alors avec un léger dégagement de chaleur, qui n’est naturellement pas apparent dans le cas ordinaire.
Si l’on maintient pendant quelque temps des cristaux octaédriques à une température voisine de 1 ff °, en les chauffant dans de l’eau bouillante, ou mieux dans une dissolution saline bouillant vers le point de fusion du soufre, on voit ces cristaux perdre leur transparence, diminuer de densité, se transformer, en un mot, en soufre prismatique. Par conséquent, il existe pour le soufre cristallisé deux arrangements moléculaires diiférents, qui correspondent à deux températures également différentes. ^ ers ilp>, les molécules s’arrangeront toujours de manière à produire le piisme oblique; à la température ordinaire, leur arrangement conduira toujours à l’octaèdre.
Si ces considérations sont vraies, le soufre déposé de ses dissolutions pouiia Collecter l’une ou l’auire de ces deux formes, suivant que le dépôt aura lieu à une température basse ou élevée. M. Ch. Sainte-Claire De- 'dle a démontré, en effet, que la dissolution de soufre dans la benzine aisse déposer, entre 80° et 23°, des prismes d’abord, puis des octaèdres.
J ai observé le môme phénomène avec la dissolution de soufre dans le sulfuie de carbone, chauffé vers 100° dans des tubes fermés. Seulement,
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dans ce dernier cas, la transformation des prismes en octaèdres s’effectuh rapidement, aussitôt que la température s’abaisse.
201. .«ioiifre foudii. — Nous retrouvons des particularités du méni i genre dans le soufre fondu, dont les propriétés se trouvent modifié©' par la température plus ou moins élevée à laquelle on le porte.
A 111°, le soufre fond sans passer à l’état pâteux et donne un liquidl transparent, de couleur jaune, assez semblable aux huiles pour la fluii dité. Si l’on chauffe ce liquide, on le voit brunir et s’épaissir vers 160° à 220°, il est tellement épais, qu’on peut presque renverser le vase qui 11| contient sans l’en faire sortir, ou plutôt il peut couler, mais comme \\{ ferait le goudron le plus épais ; au-dessus de 220°, il reprend un peu dt fluidité, sans perdre sa couleur brun foncé ; il la conserve jusqu’à 440°* température à laquelle il distille. Si on le laisse refroidir, il passe dli nouveau par ces divers états intermédiaires et se solidifie à 111°, avec ss couleur et son aspect habituels. En suivant les progrès de son refroii dissement à l’aide d’un thermomètre, on voit que la température décroii lentement entre 240° et 210°, rapidement ensuite jusqu’à 180°. Il y a un nouveau temps d’arrêt entre 180° et 160°, puis un troisième entre 14S) et 135°, après quoi le thermomètre reprend sa marche habituelle.
Le soufre à l’état liquide subit donc de véritables changements d’étai vers 240° et 140°; il faut en effet, qu’à ces températures, il y ait un dégai gement notable de chaleur, puisque le thermomètre cesse pendant un certain temps de descendre, dès qu’il y est parvenu, malgré les cause i extérieures de refroidissement.
M. Despretz a trouvé que le coefficient de dilatation absolue du soufrn liquide, à l’inverse de ce qui a lieu pour les autres liquides, décroît à mesure que la température augmente ; ce décroissement est surtout marquai vers la température de 200°, qui correspond au maximum d’épaississe"ment. Mais ce ne sont pas là les seuls phénomènes singuliers que pré
sente le soufre.
202. Soufre mou. — Goulons dans de l’eau froide, et en filet auss> mince que possible, du soufre fondu, porté vers la température de 230° nous obtiendrons du soufre trempé^ de couleur brunâtre, qui posséder:; pendant quelque temps une élasticité comparable à celle du caoutchouc Cet état dure peu ; quelques heures, quelques jours au plus, suffisent poui le transformer en soufre ordinaire. On peut aussi changer en quelque; ^ instanls le soufre mou en soufre ordinaire. Comme l’a montré M. Re gnault, il suffit de le chauflèr dans une étuve, au-dessus de 90° ; à un mo ment donné, la transformation a lieu avec un dégagement de chaleur telilement sensible, qu’un thermomètre, plongé dans la masse de soufrr; mou, accuse subitement une élévation de température de 10 à 12°.
203. Sioufre insoluble. — Si l’ou dissout du soufre mou dans du sui