‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 57 sur 537 · LIV. 1. CHAP. VII. SOUFRE · texte numérisé non relu

LIV. 1. CHAP. VII. SOUFRE

{lire de carbone, on trouve qu’il reste toujours uncertain résidu insoluble constitué par une poudre amorphe d’une couleur plus ou moins foncée, suivant la teinte du soufre mou employé. M. Ch. Sainte-Claire Deville, à qui l’on doit la découverte du soufre amorphe, a fait voir, en outre, que tous les soufres qui ont subi l’action de la chaleur et qui, par conséquent, ont subi, en se refroidissant dans l’air, une trempe plus ou moins énergique, contiennent une quantité plus ou moins notable de ce soufre (soufre en canons, soufre en fleurs). D’après M. Berthelot le soufre ordinaire ne se transforme partiellement en soufre insoluble que s’il a été chauffé au-dessus de 155°, la quantité de soufre insoluble produit est maximum à 170°. 11 existe également en* quantités variables mais souvent considérables dans le soufre obtenu par la réaction chimique ou par la décomposition à l’aide de la pile.

Ajoutons encore que le soufre mou, fondu et trempé plusieurs fois, prend une teinte de plus en plus foncée, rouge .d’abord et tirant ensuite sur le noir. Celte couleur est persistante. Le soufre nous offre donc l’exemple d’un corps qui peut affecter divers états moléculaires correspondant à des propriétés physiques différentes ; mais presque toutes ces variétés de soufre peuvent être ramenées facilement à la variété octaédrique, en dégageant des quantités variables de chaleur.

^0-4. Uensifé de Tapeur du soufre. — Le soufre en vapeurs présente aussi une particularité très-remarquable. Sa densité, observée à 500° par M. Dumas, est de 6,654, tandis que, prise à la température de 1000°, elle est de 2,22, c’est-à-dire exactement le tiers de la précédente, d’après les expériences récentes de MM. H. Sainte-Claire Deville et Troost.

205. Propriétés chimiques. — Le soufre, chauffé dans l’air, brûle à 250°; le produit de sa combustion est de l’acide sulfureux.

Le soufre est donc un combustible vis-à-vis de l’oxygène; il agit de même vis-à-vis du chlore, du brome et de l’iode; c’est, au contraire, un comburant énergique pour la plupart des autres corps. On aura une idée tres-exacte de ses propriétés chimiques en le comparant à l’oxygène. II offre en effet avec ce corps des analogies très-étroites que nous aurons plus d’une fois l’occasion de faire ressortir; nous ferons seulement re-

marquer ici que les métaux brûlent dans la vapeur de soufre avec autant d énergie que dans l’oxygène ; il en est dè môme du phosphore, de l’arsenic et du charbon. Le produit qui se forme dans cette dernière circonstance est du sulfure de carbone, qu’on désigne aussi sous le nom (Vacide salfo-carbunique, pour rappeler les analogies chimiques qu’il présente avec 1 acide carbonique, composé résultant de l’union directe de l’oxygène et du carbone.

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