LIV. 1. C11AI>. 1\. CHLOUt
cipité plus ou moins verdîUre dans les sels de fer qui contiennent encore ’ du protoxyde.
! 280. Aciioii du chlore sur les matières colorantes. — On emploie,
i depuis les travaux de Berthollet, le chlore pour blanchir rapidement les ! étoffes d’origine végétale. Il n’est, en effet, aucune matière colorante qui puisse résister à son action ; on le démontre en versant du chlore dans de l’indigo; il se trouve immédiatement transformé en une matière brune soluble dans les alcalis. 11 en est de même des autres matières colorantes; de sorte qu’il suffit, pour détruire la couleur des toiles, par exemple, de les plonger pendant quelque temps dans une dissolution de chlore, puis de les laver dans de l’eau de savon qui fournit à la matière brune l’alcali nécessaire pour la dissoudre. On recommence l’opération plusieurs fois s’il est nécessaire, et l’on arrive à un blanchiment parfait. Autrefois, les toiles étaient étendues dans des prés où elles subissaient l’action de l’air et de l’eau pendant des années; on lessivait de temps en temps ces toiles, jusqu’à ce que le blanchiment fût complet. L’oxygène de l’air dissous I dans l’eau agissait peu à peu sur la matière colorante, la transformait en matière brune, analogue à celle que l’on obtient avec le chlore, et par 1 conséquent soluble dans les alcalis ; on est donc porté, d’après cela, à admettre que le rôle du chlore dans le blanchiment, est de fournirrapidement à la matière colorante l’oxygène dont elle a besoin pour se transformer, et qu’elle empruntait à l’air avec tant de lenteur dans l’ancien procédé. Cette application, dont on comprend facilement tout l’avantage, ne peut malheureusement pas s’appliquer aux étoffes d’origine animale, la laine et la soie ; le chlore les désorganise profondément.
On peut enlever facilement les taches d’encre sur le linge ou sur des liv res, à l’aide de la dissolution de chlore. L’encre est obtenue en mélangeant un sel de fer avec une infusion de noix de galle, matière organique destructible par le chlore ; toutefois il reste une tache de rouille assez difficile à enlever si la tache d’encre est ancienne. Il est bien évident que l’encre d’imprimerie, composée de charbon et d’une petite quantité de matière grasse , ne sera nullement altérée par le chlore.
281. Usaçes du chlore. — On l’emploie principalement pour la fabrication du chlorure de chaux utilisé dans le blanchiment des étoffes et de la pâte de chiffons avec laquelle on fait le papier.
Depuis Guyton de Morveau, on s’en sert également pour combattre les ellets des émanations putrides et des miasmes auxquels on attribue les maladies contagieuses. 11 est probable que le chlore leur enlève leur hydrogène et les transforme ainsi en matières inoffensives. Aussi a-t-on recommandé de faire usage de fumigations de chlore en temps d’épidémie pour assainir les habitations et même les vêtements. Pour cet
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usage comiTie pour le blanchiment, on emploie de préférence le chlorure
de chaux, qui produit le môme effet (^83).
282. Chlore insolé. — M. Draper a montré que le chlore exposé pendant quelque temps à l’inlluence des rayons solaires acquieit la propriété de se combiner à l’hydrogène, lors même que le mélange est placé dans l’obscurité la plus complète. Cette expérience très-remarquable n’est pas la seule que l’on puisse citer pour mettre en évidence la différence de propriétés du chlore ordinaire et du chlore imolé.
Le chlore ordinaire est facilement absorbé par la dissolution de potasse, avec dégagement de chaleur. Si cette dissolution est étendue, on obtient un liquide doué des propriétés décolorantes du chlore (eau de Javel), qu’il doit, d’après les recherches de M. Balard, à l’acide hypochloreux qu’il contient. Le chlore, en agissant sur la potasse, s’est emparé du potassium, et l’oxygène, mis en liberté, se combine à l’état naissantavec une autre portion du chlore et donne de l’acide hypochloreux que sature l’excès de potasse :
2K0 + ‘>a = KCl + KO, CIO.
Si la dissolution de potasse est concentrée, la chaleur dégagée dans la combinaison élève la température de la liqueur, et l’hypochlorite de potasse, peu stable, se transforme en chlorate de potasse plus stable dans les circonstances de l’expérience :
G‘KO H- CCI = 5RC1 + K0,C10^
Avec le chlore insolc\ c’est toujours cette dernière réaction qui tend a se produire, môme quand la dissolution de potasse est étendue.
Enfin, le chlore insolé dégage plus de chaleur que le chlore ordinaiie, en se dissolvant dans une dissolution concentrée de potasse. Dapiès MM. Favre et Silbermann, l gramme de chlore insolé dégage dans ces circonstances 478,85 calories, tandis que le chlore ordinaire en dégage seulement 439,70.
Le chlore, comme l’oxygène et le phosphore, présente donc deux états sous lesquels son énergie chimique est bien différente.