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LIV. 1. CHA P. IX. CHLOHE

renverse sur la cuve à eau. Lu dissolu tion d’ammoniaque, plus légère que la soliUiou de chlore, tend à monter à la partie supérieure et se mélange .ivec celte dernière. Il se dégage alors une multitude de petites bulles de gaz qui viennent gagner le haut de l’éprouvette. On reconnaît que ce gaz est de l’azote à la propriété qu’il a d’éteindre les corps en combustion. La réaction est facile à comprendre. Le chlore, en vertu de son affinité pour l’hydrogène, décompose l’ammoniaque et met de l’azote en liberté, en produisant de l’acide chlorhydrique, qui s’unit naturellement, à mesure qu’il se forme, à une portion de l’ammoniaque, pour former du chlorhydrate d’ammoniaque.

La formule de la réaction est la suivante :

4AzH3 + 3C1 == 3{AzH3,HCfi -f Az.

L’azote que l’on recueille par ce procédé a souvent une odeur piquante due à la présence d’une petite quantité de chlorure d’azote qui prend naissance quand l’ammoniaque n’est pas en excès. Il est important d’éviter la production de ce corps, car il possède, comme nous le verrons (308), des propriétés explosives qui le rendent très-dangereux.

276. Action du clilore sur l*acide sulfliydrique. — Le chlorC décomposé aussi l’acide sulfhydrique en s’emparant de son hydrogène et mettant le soufre en liberté ; mais il est bien évident que si l’on chauffait légèrement un mélange d’acide sulfhydrique et de chlore en excès, on obtiendrait, en outre de l’acide chlorhydrique, du chlorure de soufre. D’après ce que nous venons de dire de l’action du chlore sur l’ammoniaque et sur l’acide sulfhydrique, il est facile de comprendre l’emploi du chlore pour combattre les effets fâcheux produits parle sulfhydrate d’ammoniaque qui se dégage constamment des fosses d’aisances.

277. Action du chlore sur le phosphure d’hydrog^ène. — On fait arriver du chlore bulle à bulle dans de l’hydrogène phosphoré gazeux; chacune d’elles y produit une vive inflammation; il se produit de l’acide chlorhydrique, un peu de chlorure de phosphore et du phosphore libre. L’expérience doit être faite avec précaution : il peut arriver que les premières bulles ne produisent pas immédiatement d’inflammation; il faut neanmoins attendre, avant d’en introduire de nouvelles, car si la réaction s’opérait sur une notable quantité de mélange, il en résulterait une explosion violente qui déterminerait la rupture du vase. C’est ordinairement ce qui arrive quand on fait arriver le phosphore dans le chlore, parce que la réaction est plus vive. On obtient nécessairement, dans ce cas, de l’acide chlorhydrique et du chlorure de phosphore, puisque le chlore est en excès.

278. Action du chlore sur l’acide sulfureux. — Si l’on expose pen-

CHIMIE INORGANIQUE

(lani longtemps à l’influence des rayons solaires un mélange à volumes égaux de chlore et d’acide sulfureux, les deux corps se combinent en produisant un liquide très-mobile, d’une odeur piquante et suffocante, dont la densité est 1,659 à 20”, et qui bout à 77”. La densité de vapeur de ce corps est 4,665 ; elle résulte donc de l’union de 1 volume de chlore et de 1 volume d’acide condensés en 1 volume.

En effet, si à 2.41 densité du chlore,

on ajoute 2,24 densité de l’acide sulfureux,

on obtient le nombre 4,65 qui représente la densité de vapeur de ce corps.

La composition de ce liquide, découvert par M. Régnault, est représentée par la formule SO-Gl ; il diffère donc de l’acide sulfurique anhydre SO^ par la substitution d’un équivalent de chlore à un équivalent d’oxygène. Aussi lui a-t-on donné le nom d’acide chlorosulfurique pour rappeler ce rapprochement. Toutefois ce corps ne présente pas les propriétés d’un véritable acide : en présence de l’eau, il se transforme en acide sulfurique et en acide chlorhydrique qui se dissolvent dans 1 excès d’eau :

SO^Cl-f- HO = S03 -h HCl.

Avec les bases, il donne des sulfates et des chlorures. On peut néanmoins le distiller sans altération sur la baryte anhydre ; mais si l’on chauffe cette hase dans sa vapeur, la réaction que nous venons d’indiquer a lieu :

3(SO'^Cl) -h GBaO = 3(Ba0,S03) j sBaCl.

Ce corps est sans action sur le mercure; aussi distille-t-on l’acide chlofosulfurique sur ce métal pour le séparer de l’excès de chlore qu’il peut contenir.

279. Action oxydante du chlore en présence tle l’eau. Nous a\ons vu que le chlore avait une tendance à s’emparer de l’hydrogène de l’eau i et à mettre l’oxygène en liberté. Cet effet se produit toutes les fois qu’un corps avide d’oxygène se trouve en présence de la dissolution de chlore. Si l’on ajoute du chlore à une dissolution d’acide sulfureux, on trans-forme immédiatement cet acide en acide sulfurique, en même temps ^ qu’il se forme de l’acide chlorhydi’ique ; on a en efl’et:

SO“2 + MO -f Cl = SQ3 + HCl.

On peut ainsi transformer les sels de protoxyde de fer en sels de sesquioxyde, au moyen d’une dissolution de chlore; on reconnaît que la transformation est effectuée, au moyen de l’ammoniaque ; elle donne dans ' les sels de sesquioxyde de fer un précipité couleur de rouille et un pré-

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