RESPIRATION
prédominante, dans les animaux à sang froid ; par exemple, dans les grenouilles, qui continuent à vivre plusieurs jours privées de ppumons, en respirant par la peau ; ou dans les salamandres, qui vivent pendant des mois après qu'on leur a coupé la tête , et que la plaie s'est cicatrisée. L'ensemble de ces fonctions est ordinairement appelé par les physiologistes, perspiration.
$ 4736. Les animaux à sang chaud, soumis à leur régime alimentaire habituel , exhalent toujours de l'azote , mais la proportion de ce gaz exhalé est constamment très-petite ; elle s'élève rarement à plus de , oô ^" poids de tout l'oxygène consommé par la respiration. Lorsque ces animaux sont dans l'état d'inanition, il y a souvent absorption d'azote. Cette absorption s'opère entre des amplitudes de proportions aussi petites que celle de l'exhalation dans le cas précédent. Très-fréquente chez les oiseaux tenus à l'inanition, elle est très-rare chez les mammifères, (es alternatives d'exhalation et d'absorption de l'azote porient à penser que ces deux phénomènes ont toujours lieu simultanément, mais que l'expérience fait seulement connaître la résultante variable, et toujours fort petite, de leurs effets opposés, lesquels alors pourraient être individuellement beaucoup plus considérables qu'elle ne les accuse.
Les animaux à sang froid paraissent également dégager de petites quantités d'azote.
§ 1737. La quantité totale d'oxygène que l'animal prend à l'air, dans le phénomène de la respiration, ne se trouve pas toujours dans l'acide carbonique exhalé; le plus souvent, une portion de cet oxygène disparaît dans d'autres combinaisons non gazeuses, qui restent dans réconomic animale, ou qui en sont expulsées avec les matières excrémentitielles, principalement avec les urines. Le rapport entre la quantité d'oxygène que l'on retrouve dans l'acide carbonique et l'oxygène total consommé, dépend, surtout, de la nature des aliments; il varie très peu dans les animaux soumis au même résîime alimentaire, bien qu'ils appartiennent à des classes très-éloiirnées. La plus grande absorption de l'oxygène, à l'état de combinaisons non gazeuses, a lieu quand les animaux sont nourris à la \iande: le rapport entre le poids de l'oxygène contenu dans l acide carbonique et l'oxygène total consommé est, alors, compris entre 0.67 et 0,74. Ce rapport est plus grand quand les animaux sont nourris de léiïumes; pour les lapins soumis à ce régime, il a varié de 0.85 à 0,95. H est plus grand encore, quand les animaux sont nourris de pain ou de grains ; car il peut devenir éi^al, et mém» quelquefois supérieur à l'unité; de sorte que l'animal dégage, alors, à l'/tat d acide carbonique, une quantité d'oxygène plus grande que
RESPIRATIOK.
le qu'il a enlevée à l'air atmosphérique; cet excédant d'oxygène Dvient nécessairement des aliments. Pour un lapin, nourri m»- Bntunément de pain et de son , on a trouvé que le rapport entre sygëne contenu dan^ l'acide carboniqne exhalé et l'oxygène total DBommé était de 0,997. Chez les poules nourries de grains, il a riè de 0,90 à 1 .03. Enfin , chez les animaux soumis à une diète eolue, ce rapport est, à peu près, le même que lorsqu'ils sont urris de viande. En efFet, le carbone qu'ils Tournissent â la respiioD ne peut venir, dans ce cas, que de leur propre substance. Cet te s'accomplit donc alors clioz eux , comme s'ils étaient carnires, fussant-ils des oiseaux dont le grain est l'aliment naturel. g 1738. Chez les mammifêies et les oiseaux , la quantité d'acide fbonique qui se forme au contact du corps, et qui se dégage par canal intestinal, est toujours très-petite; elle s'élève rarement à ^ celle quiest fournie par la respiration pulmonaire. Il se dégage, r les mêmes voies, de petites quantités d'hydrogène et d'bydroiie protocarboné, des traces d'ammoniaque, et des quantités exssivement petites de gaz sulfurés. En somme, dans les animaux ,&ang chaud, la respiration pulmonaire prédomine tellement sur B causes secondaires d'exhalation et d'absorption qui l'accomgnent, que toutes les particularités qui la caractérisent peuvent conclure des observations faites sur la respiration totale, comme elle y était seule active. Au contraire, dans les animaux à sang pid, c'est la respiration cutanée qui prédomine, et à un tel degré, e des grenouilles auxquelles on a enlevé les poumons continuent t respirer pendant plusieurs jours , à peu près avec la même ;Uvi(é, absorbant et dégageant les mêmes gaz, à peu près en même opordon, comme aussi en quantités absolues à peu près pareilles. § 1739. Lesanimauxhibernants, comme les marmottes, possèdent, Indant leur vie active, une respiration entièrement semblable à site des autres animaux qui se nourrissent de la même manière , laiB.pendanlleursommeil, le phénomène est complètement changé; r température propre n'est alors supérieure que de quelques
^^ jréaà celle du milieu ambiant; la consommation d'oïygène est kcessivement faible, etordînairement moindre que ^decellequ'exi- IHit les animaux éveillés. Un peu moins de la moitié de cet oxygène
■^xé à l'intérieur dans des combinaison s non gazeuses, est probable, mentemployé, en partie, à former de l'eau, dont une petite portion se perd par ta transpiration , à cause de la basse température de l'animal. II résulte de là que le poids de l'acide carbonique exhalé
■ iFst plus faible que celui de l'oxygène absorbé , et que l'animal
178 CHALEUR ArVIMALE.
leurs, pas lieu d*um« manièrR continue , car, au bout de quetqnes jours. I animal iiprotivn ordinairement un réveil partiel, pendant lequtM il l'xpulst* des urines. Au moment du réveil des marmottes, leur respiration devient extrêmement active, beaucoup plus active que lorsipiiMleH sont tWeillées depuis longtemps; leur températore s'élève r-nudement. leurs membres sortent, successivement, de leur en)<;ourfli!«Aement, ot l'animal éprouve un tremblement extraordinaire, causé par la st^nsation du froid qu'il ne sentait pasendonni. \jn conditions d'existence ne sont pas non plus les mêmes poor les marmottes éveillées, que pour les marmottes engourdies. Les premières s'asphyxient comme les autres mammifères, dans une atmosphère pauvre en oxyp:ene, où elles pourraient séjourner longtemps si elles étaient à l'état de torpeur. Elles ne peuvent, d'ailleurs, pas se mettre dans cet état par leur volonté seule, pour r4)ntinuer de vivre dans une atmosphère où elles se sentent périr. S 17 iO. Dans une atmosphère beaucoup plus riche en oxygène qae Tair atmtisphénque ordinaire, même dans l'oxygène par, la respinlion des animaux ne parait aucunement modifiée. H en est de méoe d'une atmosphère renfermant beaucoup d'acide carbonique, pourra qu'elle contienne une quantité suffisante d'oxygène. Enfin, a l'oo remplace l'azote de notre atmosphère ordinaire par un volume égal d'hydrojcène . l'animal respire comme dans l'air ordinaire, sani éprouver aucun effet fâcheux.
% 1741. I«a combustion interne du carbone qui sert à former de l'acide carl)onifiue est certainement une des sources de lacbaleor animale, (r fait ne se découvre passeulement, comme étant unecon- •équence nécessaire du dV»gagement de chaleur qui s'opère toujouis quand le carl)one brûle, soit par une combustion vive, soit dans des dissolutions, comme dans la fermentation alcoolique; il se manifeste encore dans les variations que la respiration subit, seloD que les circonstances l'exigent, pour entretenir la constance de la température propre. Ainsi , dans des temps égaux , la quantité d*oxyg^ne consommée par le même animal , et la quantité d'acide rarlH)ni<iue qu'il exhale, sont d'autant plus grandes que la température ambiante est moins élevée; elle est également plus grande quan<l l'azote do son atmosphère artificielle est remplacé par de rhydro(;ène, dont le pouvoir refroidissant relatif est beaucoup plos considérable. C'est pour cela , encore, que les animaux de même classe consomment, dans un temps donné, une quantité d'oxygène d'autant plus grande, relativement à leur masse, qu'ils sont plus pi«tits; la déiH'nlition de la chaleur, par leur surface externe, étant pro|H)rtioDncllemcQt beaucoup plus considérable chez les petits qua
chez les gros. Par exempte , la consommation de l'oxygène pour f 00 gr. du substance , est 10 fois plus forte chez les moineaux que chez les poules.
On a admis, pendant longtemps, que la chaleur dégagée par un animal dans un temps donné, est précisément égaleà celle que produirait, par une combustion vive dans l'oxygène, le carbone contenu dans l'acide carbonique produit, et l'hydrogëne qui Formerait de l'eau avec la portion de l'oxygène consommé qui ne se retrouve pasdans l'acide carbonique. Il est très-probable que la chaleur animale est produite, entièrement, par les réactions chimiques qui se passent dans l'économie, mais le phénomène est trop complexe pour qu'on puisse le calculer d'après la quantité d'oxygène consommée. Les substances qui se brùleut par la respiration sont formées, en général, de carbone, d'hydrogène, d'azote, etd'oxygène souvent en proportion considérable; lorsqu'elles se détruisent complètement par la respiration, l'oxygène qu'elles renferment contribue à la formation de l'eauet de l'acide carbonique , et la chaleur qui se dégage est nécessairement bien ditférento de celle que produiraient, en se brûlant, le carbone et l'hydrogène, supposés libres. Ces substances ne se brillent d'ailleurs pas complètement; une portion se transforme en d'autres substances qui jouent des rôles spéciaux dans l'économie animale, ou qui s'échappent, dans les excrétions, à l'état de ma tièrestrès-oxydées [urée, acide urique). Or, dans toutes ces transformations et dans les assimilations dcsubstancesquiont lieu dans les organes, il y a dégagement ou absorption de chaleur,
ris les phénomènes sont évidemment tellement complexes, qu'il peu probable que l'on parvienne jamaisà les soumettre au cal cul.
g 1742. Nous allons étudier maintenant , avec plus de détails, lespropriétés principales et la composition chimique des liquidas dont nous venons de signaler l'existence dans l'économie animale.
§ 1743. Le sang est un liquide qui circule dans lc= diverses parties de l'économie animale, et fournit aux organes les matières nécessaires à leur entretien et à leur accroissement. Dans les animaux vertébrés, tels que l'homme, les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons, le sang est d'une couleur rouge intense ; dans les animaux sans vertèbres, comme les insectes, les crustacés, les
480 SANG
mollusques et les zoophytes, il est beaucoup plus £faide, sensible^ ment incolore, ou seulement teinté de jaune, de vert, de rose ou de lilas. Le sang est plus dense et plus visqueux chez Thomme et les animaux à sang chaud, tels que les mammifères et les oiseaux, que chez les animaux à' sang froid ; sa densité et sa viscosité varient selon l'alimentation et les émissions sanguines, plus ou moins récentes, qu'a pu subir l'animal. Chez l'homme adulte, la densité moyenne du sang veineux est de 1 ,054 à 45^; elle est un peu plus faible chez la femme , surtout pendant la grossesse , où elle descend jusqu'à 4,045.
Sous le rapport de la couleur, on distingue, dans Thomme et dans les animaux à sang chaud , deux espèces de sang : le sang artériel y qui est d'un rouge vermeil , et le sang veineux^ dont la couleur, plus foncée, est d'un rouge brun. Cette coloration spéciale est produite, ainsi que nous l'avons vu ($ 4732), par Faction de l'oxygène atmosphérique sur le sang ; elle n'existe donc que chez les animaux qui respirent dans l'air, et on ne la remarque pas dans l'animal pendant sa vie intra-utérine. La couleur du sang du fœtus est intermédiaire entre celles des sangs veineux et artériel de l'animal adulte. . *
§ 4744. Lorsqu'on examine, sous le microscope, le sang fraîchement extrait d'un animal vertébré, on reconnaît qu'il est formé d'un liquide incolore, ou très-faiblement coloré, dans lequel sont disséminés des globules rouges, de formes semblables et caractéristiques dans les animaux d'une même espèce. Ces globules ont reçu le nom de globules sanguins. Les globules sanguins sont, chez l'homme et chez la plupart des autres mammifères , des petits disques circulaires, aplatis ; tandis que, chez les oiseaux, les reptiles et les poissons, ils sont elliptiques. Dans l'homme, leur diamètre est d'environ 7^ de millimètre; il est encore plus petit dans la plupart des autres mammifères; et, dans la chèvre, il n'est que dé ^. Chei les biseaux , ces globules sont plus grands que chez les mammifères ; mais' c'est dans la classe des batraciens et des reptiles qu'ils atteignent les dimensionslespliisconsidérables, ainsi, danslesangdelagrenouille, ils ont environ -^ de millim. de longueur et ^ de largeur. Enfin, chez les poissons, les globules sont intermédiaires, pour la grosseur, entre ceux des oiseaux et ceux des reptiles.
La figure 687 représente les globules san|2;uins de la grenouille ; ce sont des disques elliptiques aplatis, dont la partie centrale, moins colorée et protubérante, est entourée d'une espèce de bordure de couleur plus foncée. L'étude anatomique qu'on en a faite, à l'aide de microscopes puissants, et en le soumettant à divers agents chi-
s stint composés de deux parties (lisliiicies: un noyau central el une enveloppe, ayant l'apparenro d'une petite vessie, renfermant une matière colorée, gélatineuse et Ir^ëlastique. Lorsr^u'on esamine, avec le mîcroscoi*, un organe delà grenouille, asscï mince pour élre translucide, tel que la membrane nalaloire ou la langue, (in \oil que les plo ^'K-*"- Luies sont entraînes
d'un mouvement rapidn, dans les capillaires, avec le liquide aqueui, et qu'ils se compriment et se déforment momentanément pour passer h travers les capillaires les plus étroits Les globules sanguins se conseiTent longtemps , sans alléralion au milieu de leur liquide naturel; mais, lorsqu'on y ajoute de l'eau , ils se gonflent, probablement par un phénomène d'endosmose, et tendent vers la forme sphérique. Le noyau intérieur ne parait pas éprouver d'altération. Certains acides , tels que les acides phosphorique , oxalique, citrique, acétique, dissolvent promptement l'env-loppe extérieure, et mettent le noyau à nu. Les liqueurs alcalines font disparaître le globule en'ier. Les globules se conservent intacts, et sansmodiGcation sensible de leur forme, dans l'eau sucrée ou gommée, et dans plusieurs dissolutions salines, telles que celles des azotates de potasse et de soude, des chlorures de potassium et de sodium.... La figure G8S représente lesglobules' du sang de l'homme; dans c(iux-ci,de même que dans les globules' sanguins des autres mammifères, la portion centrale est moins saillante que le bord, et le noyau n'est pas distinct ; on est cependant conduit à l'admettre par analogie, et par la manière dont les globules se décomposent en présence des agents chimiques. On voit en a ( fliç, 688 ) les globules à plat , et en 6 ■ ies globules sur leur épaisseur.
' Outre les globules rouges qui colorent le sang, on y découvT'', à l'aide du microscope, de rares globules incolores, de forme sphé-
rîqne, ressemblant beaucoup à ceux que l'on observe dana le I chyle; quelques-u paraissent composés qne do matière grasse.
Les globules qui setroiirent dans le sang, blanc I ou à peine coloré, desaol- 1 maux sans vertèbres, diffèrent beaucoup de eaa des animaux vertSiriai I leur grosseur est variibit J I chez le même j " "" 1 leur forme est f ment sphérique lurfaco est couverle d I parités. On n'y distlag pas de noyau central.
Fig. «98. § 17i5. Le liquide dl
lequel nageot les globules sanguins des animaux vertébréf«l est de l'eau renfermaul en dissolution uu grand nombre de n' stances différentes. On y a reconnu la présence de l'aUninriii de la ûhrine, de diverses matières grasses dont quelqnes-aiei renferment du soufre et du phosphore, d'un grand nombre de 1 sels, teU que les chlorures de potassium et de sodium, le rUnr* hydrate d'ammoniaque, les sulfates de potasse et de soude, la i phosphates de soude, de chaux et de magnésie , les carbonsln 4 soude, de chaux et de magnésie, des sels alcalins formi's pvrM acides gras et par l'acide lactique. Ce liquide renferme , en oiOT plusieurs gaz en dissolution : l'oxygène, l'acide carbonique et n zote , qui proviennent de l'action de l'air dans les poumooi. Il a une odeur fade particulière , caractérislique chez quelques soi' maux; il exerce toujours une réaction alcaline bien tranchée, réaction qui parait essentielle h sa nature, car la vie d'un animal cesii lorsque, par des injections directes, on parvient à rendre
Dans l'homme sain, 100 parties de sang renferment, moyeni ment, 79 parties d'eau, i partie de sels minéraux, 19 parties di stances albuminoïdes, et quelques millièmes de Fibrine, et à matière colorante rouge à laquelle on a donné le nom d'hénuloi Ces proportions varient beaucoup dans les divers ëlats palh gîques. Dans le sang des oiseau.'t , ta quantité relative d'eau généralement un peu plus faible que chez rhomme; roais<»4|
■ coagule, i
8 après :
SANG
e davantage dans le sang des batraciens, des reptiles et dans
lî des poisâonâ. Dana le sang de la greQOiiille, on a trouvé jus-
"8 parties d'eau.
' 3. Le sang retiré de la veine ne tarde pas à perdre sa fluidité,
'). Cette coagulation commence ordinairement S i 10 mi-
is son extraction, mais elle n'est terminée qu'après H ou
Hires, Il s'y développe une masse gélatineuse, qui se contracte
us en plus ; après un certain temps, le sang s'est séparé en
s parties : l'une, liquide, jaunâtre el transparente, appelée sé-
; l'autre, gélatineuse et élastique, d'une couleur rouge foncé ,
wmmée caillot ou cruor da sang. La coagulation du sang est
buite par la Bbrine, laquelle reste en dissolution tant que le
g est soumis à l'influence do la vie , mais qui s'en sépare aussi-
:i est enlevé à l'économie animale. En se séparant du
gide, la fibrine entraine avec elle les globules sanguins, de la
me manière que l'albumine soluble , employée à la clariQcation
me liqueur trouble, entraîne les corpuscules qui s'y trouvent,
k détermine sa coagulation par la cbaleur. Si, au lieu
indonner le sang à lui-même, on l'agile vivement, en le bat-
t constamment avec des verges , la fibrine se coagule égale-
; elle forme des filaments blancbâlres et élastiques, qui s'atta-
t aux verges; mais les globules sanguins n'y restent plus
frisonnes, parce qu'ils en sont détachés par l'agitaUon du liquide.
g ainsi défibriné ne' se coagule plus. Il est facile de démon~
ur le sang des grenouilles, dont les globules sont assez gros
mr De pas passer à travers le papier à filtre , que la fibrine est
réellement en dissolution dans le liquide séreux, et qu'elle ne fait
pas partie des globules, comme on l'a cru pendantlongtemps.il
suffit de verser sur un filtre préalablement mouillé , le sang d'une
grenouille , au moment même où il vient d'être extrait , pour voir
qu'une partie du liquide traverse le filtre avant que la coagulation
commence; on recueille cette partie dans un verre de montre , et
l'examen au microscope fait reconnaître qu'il s'y développe, au bout
de quelque temps , un caillot incolore, que l'on rend facilement
visible en le rassemblant à l'aide d'une aiguille. Celle expérience ne
réussit pas sur le sang de l'homme, ni sur celui des autres mammi-
lëres , parce que le liquide est plus visqueux, et que les globules
tout assez petits pour traverser les pores du papier.
h Les globules sanguins ne sont pas distribués d'une manière uni-
me dans le caillot; ils gisent surtout dans les parties inférieures;
s couches supérieures n'en renferment, souvent, que très-peu;
is elles se contractent davantage , et forment une espèce
484 JSANG.
de pellicule appelée la couenne du sang. En comprimant fortement le xaillot, on peut en exprimer la plus grande partie du liquide séreux.
Le sérum est un liquide jaune, un peu visqueux, dont la densité varie de 4 ,027 à \ ,029 ; il est d*une saveur salée fade, et se coagule vers 76® ; cette coagulation est due à l'albumine.
Plusieurs substances salines s'opposent efficacement à la coagu lation du sang ; tels sont le sulfate de soude , les chlorures de so dium et de potassium, l'azotate de potasse, le borax... ; il faut que la proportion de ces sels soit environ le \ du poids du sang. Les acides minéraux , dilués , empêchent également la coagulation du sang ; mais ils lui donnent une consistance huileuse. Une tempéra* ture de 30 à 40® parait la plus favorable à la coagulation du sang; le froid la retarde considérablement.
Le sang veineux de l'homme en santé donne
Caillot 13.0
Sérum 87,0
( Fibrine. . 0,30\
Caillot 5 pi^u„|-, I Hématosine 0,20 J 13»00
( ^*<>°"*®* I Matières albuminoïdes 12,50 J
IEau 79,00
Albumine 7,00
Matières grasses * 0,06
Sels divers à bases minérales . . 0,94-
§ i7i7. L'hématosine , ou matière colorante rouge du sang , n'a probablement pas encore été extraite à l'état de pureté ; elle ne cristallise pas. Pour l'obtenir, on verse, par petites portions, dans du sang préalablement défibriné par le battage, de l'acide sulfurique jusqu à ce que, par la coagulation des substances albuminoïdes > le liquide se prenne en une bouillie épaisse, de couleur brune. On délaye cette masse dans un peu d'alcool , on la filtre à travers un linge , et on la comprime sous une presse. Le résidu est traité, à plusieurs reprises, par de l'alcool acidulé d'une petite quantité d'acide sulfurique, jusqu'à ce que le liquide ne se colore plus ; la matière albuminoïde se décolore ainsi presque complètement. Les liqueurs alcooliques sont sursaturées par de l'ammoniaque, puis évaporées à siccité. Le résidu se compose d'hématosine, mêlée de matières grasses et de quelques substances salines; on le traite, successivement, par l'éther, l'alcool et l'eau , qui dissolvent les ma?
SANG
8 étrangères, et laissent la matière colorante. On achève de a dissolvant dans de l'alcool ammoniacal, et la évaporation, L'hématOrine reste sous forine amorphe , d'un rouge noirâtre ; elle n'a ni saveur , ni elle ne se dissuut à froid ni dans Veau , ni dans l'alcool , l'éther; mais elle se dissout Tacilement dans des solutions e potasse, de soude et d'ammoniaque, qu'elle colore ^e intense. Cetle substance renferme une quantité corisidékdç de sesquioxyde de fer, qui s'élève à environ i 0 pour 1 00 ; cet 'fdlB parait essentiel â l'existence des globules. J 4718. L'analyse quantitative du sang présente de grandes difbultés, et on ne connaît pas encore de procéd^bien précis. Voici li auquel les physiologistes se sont arrêtés : 'n commence par battre le sang avec un balai, jusqu'à ce que la irine se soit séparée , aussi complètement que possible , en ûla- 'iS blanchâtres, que l'on recueille avec soin , et que l'on pèse ! les avoir lavés , sur une toile , avec de l'eau , puis aéchés à ÏO" jusqu'à ce que le poids ne varie plus. On ajoute , au liquide *~' riné, 3 ou i fois son volume d'une dissolution saturée de sul- 'e soude, pour empêcher l'altéralion des globules; on Rltre ïdemenl, en faisant passer coastatnment des bulles d'air h tras le liquide du filtre, pour empêcher les globules de s'accoler les ons aux autres. Dans cette circonstance particulière, lesglobules aanguins ne passent pas à' travers le ûllre, et le sulfate de soude empêche la coagulation de la petite quantité de Tibrine qui peut encore rester dans la liqueur. On achève de laver les globules avec une dissolution de sulfate de soude; on les sèciie dans le vide, puis on leslraitesuccpssivement par l'éther qui dissout la matière grasse, par l'alcoo! qui dissout une petite quantité de matière organique étrangère, et par t'eau qui enlève le sulfate de soude. Les globules desséchés sont insolubles dans ces divers liquides, et ne s'altèrent pas ; après une nouvelle dessiccation on les pèse.
Cela fait, on prend une nouvelle portion du même sang , et on l'abandonne à la coagulation spontanée; on sépare, aussi complètement que possible, le caillot du sérum, et l'on pèse à part ces deux parties. On évapore, au bain-marie,ie sérum, et l'on dessèche le résidu à 100°, ou dans le vide; on reconnaît ainsi les proportions de matières sèches et d'eau qui constituent ce liquide. D'un autre côté, on desiièclie complètement, à 100", le caillot, et l'on admet que la perte de poids qu'il subit, représente l'eau du sérum qui nfcslait interposé dans le caillot; par un calcul proportionnel, fondé
UMPHl.
on détermine le poids do sénim interposé, et le poids des nalièni solides du sërutn qui sont restées dans le caillot dessédié. En ntranchant c« dernier poids de celai du caillot ser, on a le poids (ts la fibrine et des globules réuais; lequel poids doit être ^»\ k li somme des poids de la tibrine et des globules, que l'on a oblenoi, isolément, dans le premier procédé d'analyse. Oa sépare les tiëres grasses, du caillot desséché et du ré^dode l'évaporttion d^ sérum, en les traitant par l'élber.
Enfin, on obtient les sels minéraux, en incinérant séparément I caillot et le sérum desséchés, et déterminant le poids des cendrH Celles-ci peuvent être ensuite soumises à une analyse spé«a1e,lr l'on a opéré sur use quantité suffisamment grande de saog. En «■ tranchant le poids des cendres, et celui des matières grasses Lnnvées dans le sérum, du poids du sérum desséché, et tenant con^ du sérum interposé dans le caillot, on obtient le poids des tôlh stances albuminoïdes , réunies à une très-petite quantité d'auti^ substances organiques.
■.jmphe.
S Mti. La lymphe est un liquide qui est rapporté de tonstf organes du corps par un système de vaisseaux, nommés oaûstn^ lymphatiques. Elle constitue un liquide clair, légèrement visque^ d'une réaclion alcaline, se coagulant spontanément comme le su^ Sa composilioo est. en effet, analogue à celle du liquide sangnil saur les corpuscules colorés. Un trouve dans la lymphe, delà fibrin de l'albumine, et les matières salines propres au sang.
Les vaisseaux lymphatiques qui rapportent la lymphe des inU tins sont chargés , pendant la digestion , d'absorber les inatiJ9 grasses émulâionnées. Il en résulte qu'à ce moment, la lynipl acquiert une teinte opaline et blanchâtre, comme du lait. C'e&ttii mélange de la lymphe intestinale avec la matière grasse qnV donnelenomdec/ii/Je,' nous étudierons plus lard ce dernier llqt" d'une manière spéciale. C'est à cause de cette fonction de cl le chyle blanc qu'on a donné aux lymphatiques do l'inteetin le de vaisseaux ckylifcreg, ou lactés.
LigniDES QUI PABAiESE<jT loUEn UN nÔLK dans tA DiGEsno
g 1750. On trouve , dans les conduits inlestinaui des anioiaiil des liquides très-variés, siicrëtés par des organes spéciaux que n avons énumérés (g <7i6 et suivants), et dont le rôle principal
suc GASTRIQUE. 487
ratt être d'opérer la dissolution des matières alimentaires, et leur passage dans le sang. Les physiologistes distinguent :
4^ La salive,
2" Le suc gastrique,
3« La bile,
i*" Le suc pancréatique,
5** Le suc intestinal.
La nature chimique de ces divers fluides est encore loin d*ètre connue avec précision ; nous allons en dire ce qui est le plus généralement admis.
SalWe.
S 4751 . La salive est le liquide qui mouille la bouche ; elle est sécrétée par des glandes particulières, appelées glandes salivaireSy en quantités très-variables, suivant les dispositions de l'animal; c'est pendant la mastication que ce liquide arrive le plus abondamment dans la bouche, et sa fonction principale paraît être de faciliter la déglutition. La salive, telle qu'elle est rejetée par la bouche, est un liquide filant et opalin, qui, par le repos, se sépare en une partie supérieure, claire et fluide, et une partie inférieure plus visqueuse, dans laquelle nagent des filaments de mucus et des débris de ma^ tières organisées. La densité de la salive est peu supérieure à celle de Teau, car elle s*élève rarement au-dessus de 4,0U8; sa réaction est, en général, légèrement alcaline; elle précipite par plusieurs dissolutions métalliques , et elle abandonne , à la température de l'ébullition , quelques principes coagulés. Lorsqu'on verse de Talcool absolu dans la salive, on en précipite une matière particulière, appelée ptyaline^ et à laquelle quelques physiologistes attribuent un rôle spécial. Cette substance transforme, en effet, dans un temps assez court, l'amidon en dextrine, puis en glucose; mais on sait que cette propriété appartient à toutes les substances albu- ' minoïdes. C'est à la salive que l'on attribue la formation des dépôts consistants qui s'attachent aux dents, et que l'on appelle vulgairement tartre des dents. Ces dépôts sont formés par des phosphates et carbonates terreux, mêlés à du mucus et à d'autres matières organiques indéterminées.
§ n52. Le suc gastrique est sécrété par les parois de l'estomac, en uantité très variable selon la masse des aliments qui doivent l^jtre digérés. Ses fonctions consistent à opélrer la dissolution des