‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 125 sur 143 · IONS DE L'ËGONOHIE ANIMALE · texte numérisé non relu

IONS DE L'ËGONOHIE ANIMALE

le nom de chymosine au principe actif de la présure, mais ce principe n'a pas encore été isolé avec certitude, et l'on ne connaît rien de précis sur son mode d'aclion. En main.euant la température à SS ou 30°, la matière caséeuae se prend en masse; on agite conti- Buellement pendant quelque temps jusqu'à ce que la masse ait acquis une consistance convenable; on l'enlève sur une toile, on la place avec cette toile dans un moule, et on la laisse égoutter. Si l'on cherche à ohtenir un fromage dur, et qui puisse se conserver longtemps, on comprime la matière dans le moule avec une presse, afin d'en faire sortir la plus grande partie du liquide. On porte enmiileles fromages dans une cave sur des planclies, oit on les abandonne plus ou moins longtemps à eux-mêmes, en les saupoudrant fréquemment sur toutes leurs faces, de sel marin.

Les diverses espèces de fromages dépendent, à la fois, de la nature du lait qui est employé à leur préparation, de la proportion de crème qu'on y a laissée, enfin des procédés de fabrication.

EXCRÉTIONS DB l'éconowb amualb

§ 4766. II sort du corps de l'animal un grand nombre de produits qui ont échappé à l'assimilation. L'eau qui se trouvait dans les aliments ingérés et dans les boissons, celle qui s'est formée dans les réactions chimiques qui ont lieu dans l'économie animale, sont expulsées, soit dans les urines, soit dans les excréments ou fèces du canal intestinal, soit par la transpiration, soit enfin, à l'étal de vapeur, avec les gazchauds qui sortent des voies aériennes par l'acte de la respiration. Les urines renferment des matières solides, mais en dissolution, et qui proviennent de diverses réactions chimiques effectuées sous l'inQuence de l'action vitale. Les excréments du canal intestinal se composent de matières insolubles, et de substances en dissolution dans l'eau. Enfin, il s'échappe souvent, du canal intestinal, des gaz, appelés gaz intestinaitx, et qui se développent dans les réactions chimiques de l'estomac et des intestins.

Nous aurons donc à examiner successivement :

4* L'urine des animaux;

2° Les excréments, ou fêces ; .3° Les-gaz intestinaux; . ...

*• Lasueur, ...-.-.,

5" Et les produits gazeuï, formés dans l'acte de la respiration.-

Ces derniers produits ont déjà été étudiés par nous ; nous n'avons donc à nous occuper que des quatre premiers.

■ rlne.

§ I76T. L'urine se forme aux dépens du sang, par une analvM spéciale que celui-ci éprouvedansles reins. Sa composition eàllrè»différente dans !eâ divers animauï, mais ces différences dépendent surtout de I ' al imen talion. Cbcz les mammirëres carnassiers, lui' reoferme, outre les aela minéraux , les matières albumineuses el miicilagineuses, deux substances particulières, l'urt^ el l'ociiii urique. L'urée y forme souvent, à elle seule, plus de la moiliij des substances solides. I«5 urines des herbivores renferment bcïiicoup moins d'urée, mois elle y est remplacée par une qnanljlè considérable d'un acide particulier, l'acide hippurique. Les u ~ de tous les mammifères à l'état d'inanilion sont semblables, die* 36 rapprochent de celles des animaux nourris de via çoit qu'il en doit âtre ainsi, puisque l'animal à l'ii tretient sa vie qu'aux, dépens de sa propre substance. Les eisruui et les poissons n'ont pas d'appareil particulier pour la sortie de l'urine; celle-ci est évacuée avec les excréments. L'urine des batraciens, des grenouilles, par exemple, est très-liquide, mais i ferme que des traces d'urée; celle des reptiles est presque solide, , el se compose, en grande partie, d'acide urique

La quantité d'urine rendue par un même mammifère est Iréi riable, suivant l'alimentation; et, pour une m<}me alimentatia elle varie également selon la température ambiante, l'é ou demouvemenl, et selon l'état pathologique du jiujet. Le voluij de l'urine évacuée dans le même temps est d'autant plus grande la transpiration est plus faible; ainsi, toutes choses ^ales dV leurs, les urines sont pluâ abondantes pendant l'hiver que pendl l'élé, dans les clinmts froids que dans les climats chauds. La a position chimique de l'urine n'est pasmoias variable pour le mèoiB individu; celle qui se forme pendant la digealion est loujour»plus riche en urée. Moyennement, l'homme adulte produit, enî.lheores. de 30 à 40 gr. d'urée, qui sont évacués par les urines.

Nous allons décrire, avec quelque détail, les principales substances organiques qui se trouvent dans les uriues des aoimaui. ce^ substances présentent de l'inléréi, non-seulement pour le physiologiste, mais encore pour le chimiste, car elles se prttenl 3 uu foule de mëlamorphoses curieuses.

Urée, C'H'Az'O'.

f (768. Nous avons vu (§1553) comment on obtenailTun transformation iBomérique du cyanate d'ammoniaque. Pour extraire i'ur^e de l'urine, on évapore au bain-marie de l'urine fraîche jusqu'à ce qu'ellesoit réduite au -j^ de son volume; on la laisse refroidir, et l'on y verse, peu à peu, de l'acide azotique bien débarrassé d'acide azoteux- jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité. L'urée forme ainsi une combinaison avec l'acide, Vaiotate d'urée, qui est trèapeu sotuble à froid, el se dépose en petits cristaux. On recueille ces cristaux sur on filtre, on les lave avec unepetite quantité d'eau froide, et on les exprime dans du papier b'uvard. Ces cristaux sont colorés; on les redissout dans l'eau bouillante, on fait bouillir, pendant quelques intants, la liqueur avec du noir animal, bien privé de sels calcaires par l'action de l'acide chlorhydrique, et on Jaisse cristalliser de nouveau le se!, par refroidissement. Pour obleair l'azotate d'urée complètement pur, il faut lui faire subir plusieurs cristallisations successives. On décompose ensuite l'azotate d'urée, en traitant sa dissolution par du carbonate de baryte; l'urée devient libre, et reste dans la liqueur avec l'azotate de baryte qui vient de se former. On évapore la liqueur h. siccité, et l'on reprend le résidu par de l'alcool bouillant, qui ne dissout que l'urée, laquelle se dépose, par le refroidissement ou l'évaporation, en longs cristauxpriàmatiques.

Nous avons vu [% 1553) que l'acide hypoazolîque détruit jH^omplement l'urée, et la transforme eu eau, en acide carbonique et en azote. L'azotite de mercure, dissous dans l'acide azotique, décompose aussi, â la température do l'ébuUition, l'urée en acide carbonique, et en azote; les autres substances de l'urine, ne dégageant pai: d'acide carbonique dans cette circonstance, on peut employer celle réaction pour doser très-exactement la quantité d'urée qui existe dans une urine ; il sulTit de recueillir l'acide carbonique dans un appareil â boules, pesé, renfermant une dissolution concentrée de potasse caustique; l'augmentation de poids que subit cet appareil, multiplié parle nombre 1,371, donne le poids de l'urée.

Nous avons vu [g 15B3) qu'une ébollilion prolongée d'une dissolution d'iirée avec les alcalis caustiques ou les acides minéraux, transformait l'urée en carbonate d'ammoniaque avec assimilalJoii des éléments de i éq. d'eau. La mémo transformation s'opère sur l'urée dissoute dans l'urine, quand on abandonne pendant quel* ques jours celle-ci à elle-même; cet effet est produit alors par les

502 ACIDE URJQUE.

matières albuminoïdes de Turine, qui exercent sur Turée une action spéciale de fermentation. C'est par suite de cette décomposition, que les urines putréfiées sont fortement ammoniacales.

Acide uriqm C'^H*Az*0«.

§ 4769. L'urine normale de l'homme renferme ordinairement, pour 30 parties d*urée, 4 partie d'acide urique; cette quantité est, d'ailleurs, assez variable selon Talimentation. L'acide urique étant fort peu soluble dans l'eau, se dépose souvent, pendant le refroidissement de l'urine, sous forme de petits cristaux grenus, ordinairement colorés en rouge. Les excréments des oiseaux et des serpents en renferment des quantités très-considérables. Le guano^ que l'on emploie depuis quelques années comme engrais dans l'agriculture, et qui ji'est formé, du reste, que par des excréments d'oiseaux de mer, contient aussi une proportion considérable d'acide urique.

Dans les laboratoires, on prépare ordinairement l'acide urique avec les excréments du serpent boa. A cet effet, on chauffe ces excréments, pulvérisés, avec une dissolution de potasse, qui dissout Tacide urique et quelques autres substances. On filtre la liqueur, et Ton y verse un excès d'acide chlorhydrique ; l'acide urique se précipite presque complètement, car il exige environ 4000 parties d'eau pour se dissoudre. On purifie cet acide en répétant plusieurs fois sa dissolution dans les alcalis, et sa précipitation par l'acide chlorhydrique.

L'acide urique, pur, forme des petites lamelles cristallines, blanches, douces au toucher, sans odeur ni saveur ; il rougit faiblement le tournesol, et se combine avec toutes les bases, mais les urates alcalins sont seuls solubles. Cet acide est insoluble dans l'alcool et dans l'éther.

§ 4770. Los réactifs oxydants décomposent l'acide urique d'une manière très-remarquable ; on a obtenu ainsi une foule de substances nouvelles, dont nous ne pouvons dire ici que quelques mots.

En chauffant de l'eau, renfermant de l'acide urique en suspension, avec de l'oxyde puce de plomb, l'acide urique se dissout avec un dégagement abondant d'acide carbonique, et la liqueur laisse déposer, par refroidissement, une substance neutre C*H'Az*0*, qui avait déjà été trouvée dans l'eau de l'amnios de la vache, et que l'on avait nommée allantoïne. Celte substance cristallise en prismes blancs, beaucoup plus solubles dans l'eau bouillante que dans l'eau froide. Chauffée avec de l'acide azotique, elle donne une quantité considérable d'azotate d'urée ; avec l'acide chlorhydrique elle produit du

Page 1