MANNITE
raannlte, C«H'0^
S 4346. La mannite est une substance très-répandue dans Torgalisation végétale ; elle se trouve surtout dans la manne, qui en ren- • errae jusqu'à 60 pour 400. La manne est le suc desséché qui s'écoule, latorellement, de certaines espèces de frênes du midi de l'Europe. }n en extrait facilement la mannite en faisant bouillir la manne avec le ralcool concentré, qui dissout la mannite et l'abandonne de noureau par le refroidissement. La mannite existe aussi dans les oignons, les asperges, le céleri, les champignons. Le suc qu'on extrait de ces végétaux renferme la mannite avec du sucre et d'autres substances Totales solubles; on commence par détruire le sucre par la fermentation, laquelle n'altère pas la mannite; puis on évapore la liqueur à sec et Ton reprend par l'alcool bouillant, qui dissout la mannite. Le suc de betterave renferme aussi beaucoup de mannite après qu'on l'a laissé fermenter ; on évapore ce suc jusqu'à consistance sinipeuse, et l'on reprend par l'alcool pour dissoudre la mannite.
La mannite, cristallisée dans l'alcool, se présente sous la forme de longs cristaux aiguillés; elle se dissout dans 5 parties d'eau froide^ et dans une quantité pluspeti te d'eau bouillante ; sa dissolution aqueuse, abandonnée à une évaporation lente, donne des cristaux prismatiques plusgros etdéterminables. Chauffée un peu au*dessusde100^, la mannite fond en un liquide incolore qui prend, par le refroidissement, une texture cristalline. Si on la chauffe davantage, elle se décompose et donne des produits analogues à ceux que fournissent les sucres. La mannite se distingue des sucres, en ce qu'elle n'exerce pas de pouvoir rotatoire sur la lumière polarisée ; elle ne donne pas de SQcre tournant à gauche quand on la traite par les acides, et elle ne fermente pas au contact du ferment des matières sucrées. L'acide azotique fumant la transforme en une matière explosible, analogue à celles que produisent, dans les mêmes circonstances, le ligneux, l'amidon et les sucres. L'acide azotique du commerce donne, à chaud, de l'acide oxysaccharique et de l'acide oxalique. La formule admise pour la mannite est C®HW, mais il est possible que cette formule doive être doublée ou triplée.
La mannite se combine avec l'oxyde de plomb lorsqu'on en verse une dissolution aqueuse très-concentrée dans une dissolution chaude d'acétate de plomb ammoniacal ; la combinaison se sépare, par le refroidissement, sous forme de petites lamelles cristallines, qui ont pour formule 2PbO.C®H*0*. La composition de ce produit semble prouver que l'on doit écrire la formule de la mannite C«H^0*.2H0.
i :}^ ACTION DES ACIDES SUR LE LIGNEUX, LA FÉCULE, ETC.
Sorbine, C»«H«HHO.
§ 1346 bis. La sorbine est une substance de saveur sucrée, qw l'on trouve dans le suc fermenté des baies du sorbier des oiseaBX. Pour la préparer, on écrase les baies de sorbier cueillies vers la fia de septembre, et l'on filtre le suc à travers un linge. Ce suc est abandonné à lui-même dans des terrines pendant 12 à 45 mois. H s'y djéveloppe des dépôts et des végétations que l'on sépare. La liqueur, évaporée à une douce chaleur jusqu'à consistance sirupeuse, abandonne des cristaux d'un brun foncé. On redissout ces cristaux, on décolore la liqueur par le noir animal, et, par l'évaporation, on obtient des cristaux très-nets de sorbine pure.
La sorbine est incolore, d'une saveur aussi sucrée que celle du sucre de canne. Elle dévie à gauche le plan de polarisation d'un rayon de lumière polarisée. Son pouvoir rotatoire est de 36*. La composition de la sorbine, séchée à 100®, correspond à la formule G'*H'*0** ; celle de la sorbine cristallisée correspond à C**I1*'^0'*'. Par ce mode de composition, la sorbine se place parmi les sucres.
L'eau dissout à peu près le double de son poids de sorbine; l'alcool bouillant n'en dissout, au contraire, que des quantités trèsminimes, qui se déposent par le refroidissement. La sorbine ne fermente pas avec la levure de bière. L'acide sulfurique faible ne lui fait subir aucune altération, même à la température de lebullition,et ne la rend pas fermentescible. L'acide azotique, chaufféavec la sorbine, produit beaucoup d'acide oxalique.
La sorbine forme des combinaisons cristallisables avec le sel marin.
PRODUITS DE l'action DES ACIDES SUR LE LIGNEITX, LA CELLi^OSE. LA MATIÈRE ABIYLACÉE, ET LES SUCRES.
Action des acIdcH étendus sur ramldon.
Deœtrlne, C»«H»°0'\
§ 1 347. Nous avons dit ( § 1 326 ) que la fécule, bouillie pendant quelque temps avec de l'eau à laquelle on a ajouté quelques centièmes d'acide sulfuriqne, ne tarde pas à se dissoudre complètement : elle se change d'abord en une matière qui ressemble beaucoup à la gomme arabique par son aspect et par celui de sa dissolution, puis, si l'on continue l'ébullition, elle se change en un sucre déviant à droite le plan de polarisation de la lumière 'polarisée. Le premier
DEXTRiNE. i:>:i
produit de la transformation de la matière amylacée à reçu I& nom de dextrine, à cause de la propriété qu'il possède de dévier la lumière polarisée vers la droite plus fortement que toute autre substance jusqu*ici connue. La dextrine présente la même composition élémentaire que la matière amylacée; cette transformation n'est donc qu'une désagrégation ; l'acide sulfurique, sous l'influence duquel elle a eu lieu, se retrouve en entier dans la liqueur.
La dextrine est très-soluble dans leau, elle se dissout également dans ralcool étendu, mais elle est insoluble dans l'alcool absolu. Gomme elle ne se dissout qu'en très-petite quantité dans l'alcool concentré, qui dissout, en proportion beaucoup plus considérable, le sucre tournant à gauche et le sucre grenu ou sucre de raisin, on emploie souvent ce dissolvafit pour enlever à la dextrine ces sucres avec lesquels elle est ordinairement mélangée quand on la prépare par le procédé que nous venons d'indiquer. La dextrine, séparée de ses dissolutions par Tévaporation, reste sous forme d'une substance incolore, transparente, sans aucune apparence de cristallisation, et qui présente une grande ressemblance avec la gomme arabique, en possédant toutefois un pouvoir rotatoire de sens opposé. La dextrine, chauffée avec de l'acide azotique du commerce, donne de l'acide oxalique, mais pas d'acide mucique, ce qui la distingue chimiquement des gommes. L'iode ne colore pas les dissolutions de dextrine, de sorte que ce réactif permet de reconnaitre très-facilement le moment où la transformation do la matière amylacée est complète, et de suivre l'action de l'acide sulfurique dans la préparation que nous venons d'indiquer. Si l'on prend une petite quantitéde la liqueur chaude, mais avant l'ébuUition, et qu'on y verse quelques gouttes d*une dissolution aqueuse d'iode, on obtient une belle coloration bleu indigo qui appartient à la matière amylacée pure; si l'on répète cette expérience quelque temps après, l'iode produit une coloration violette; plus tard, une couleur pourprée ou rougeàtre; enfin, l'on finit par ne plus obtenir décoloration, ou seulement la couleur jaunâtre qui est propre à la dissolution aqueuse d'iode. Mais, si l'on attend jusqu'à ce moment, une portion de la dextrine formée a ordinairement subi une transformation plus avancée, et s'es^ changée en sucre tournant à droite, mais dont le pouvoir rotatoire est moindre que le sien.
Les dissolutions de dextrine possèdent quelques propriétés des dissolutions de gomme , et elles peuvent remplacer celles-ci dans plusieurs applications techniques. Comme le prix des gommes est beaucoup plus élevé que celui des fécules, la fabrication de la dextrine a pris depuis quelques années un grand développement.