ORGANIQUE
^N 1264. L*analyse élémentaire d'une substance organique ne suffit pas pour établir sa formule chimique; elle indique seulement les rapports qui existent entre les poids des éléments qui la composent, et il est évident qu'une infinité de formules, multiples les unes des autres, présentent les rapports assignés par l'analyse. Il s'agit de choisir, parmi toutes ces formules, celle qu'il convient d'adopter. 'En général, c'est en étudiant les diverses combinaisons que la substance organique peut former avec les substances minérales, et les nouveaux composés organiques auxquels elle donne naissance lorsqu'on la soumet aux diverses réactions du laboratoire, que le chimiste rassemble les faits d'après lesquels il adopte une formule ; et c'est seulement lorsque la substance a été étudiée sous toutes ses
foces, et si elle se prête à un grand nombre de combinaisons, que la fixation de sa formule, et par suite de son équivalent chimique présente quelque certitude. On ne doit donc pas s'étonner des nombreux changements, que les chimistes ont fait subir, dans ces derniers temps, aux formules des composés organiques. Ces changements sont provoqués par la découverte de nouvelles combinaisons, ou do nouvelles réactions chimiques, qui ôtent aux formules adoptées précédemment le caractère de probabilité qui les avait fait admettre d'après les faits que Ton connaissait alors.
Il est impossible de donner des règles générales pour établir la formule d'un composé organique; nous nous bornerons à citer quelques exemples propres à montrer Tesprit qui préside à cette recherche. Nous distinguerons trois cas : 1® celui où la substance organique est acide; S" celui où elle jouit des propriétés basiques, 3" celui où la substance organique est indifférente.
Ca» ok la «ulistonee orgaBl^ne eut aelde.
§ 4265. Nous prendrons, pour premier exemple, Facide acétique, qui ne renferme que du carbone, de Thydrogène et de Toxygène.
L'acide acétique, au maximum de concentration,*est un liquide incolore et volatil. La combustion par Toxyde de cuivre donne la composition suivante * :
Hydrogène 6,67
Carbone 40,00
Oxygène 53,33
Divisons le poids de chacun de ces éléments par son équivalent, les quotients seront nécessairement entre eux comme les nombres d'équivalents des éléments simples qui existent dans le composé. Nous aurons ainsi :
Pour l'hydrogène. . . ^^ = 0,5333
• Pour Je carbone -^^ == 0,5333
Pour l'oxygène -p^'J ::= 0,5333
Ces quotients étant égaux, nous en conclurons que l'acide acétique concentré renferme des nombres égaux de chacun des trois éléments qui le composent. La formule la plus simple qui puisse
* Afin de ne pas complirpier les discussions auxquelles nous allons nous livrer, nous supposerons toujours que les analyses directes ont donné des résultats rigoureosemeni exacts.
représenter cet acide est GHO; mais il est clair que les formules multiples C"H*0», C»H»0», C*H*0*, C»H»0», etc., etc., représentent égalem«it bien les résultats de l'analyse. D'un autre côté, nous avons vu que la plupart des acides minéraux, amenés à leur plus grand état de concentration sans que leurs propriétés chimiques soient profondément modifiées, étaient des combinaisons de Tacide anhydre avec un ou plusieurs équivalents d'eau pouvant être remplacés par un nombre correspondant d'équivalents de bases; il faut donc s'assurer s'il n'en est pas de même pour l'acide acétique. De plus, nous avons vu, pour les acides minéraux, que la connaissance de la composition d'un sel formé par l'acide et une base minérale dont l'équivalent chimique a été tixé préalablement, donnait souvent immédiatement l'équivalent de l'acide lui-même, et suffisait pour établir sa formule. Cependant, l'exemple de l'acide phosphorique nous a montré qu'une même base forme souvent plusieurs sels avec le même acide, et qu'il ne suffisait pas, pour établir la formule de l'acide, de déterminer la composition d'un seul de ces sels, puisque cette formule serait différente suivant le sel qui aurait été choisi. Nous avons reconnu nécessaire de déterminer la composition de tous les sels, soit à l'état cristallisé, soit après les avoir desséchés autant que possible sous l'influence de la chaleur, en évitant toutefois de faire éprouver à leur constitution chimique un changement assez notable pour que le sel desséché, redissous dans l'eau, ne reproduisit plus le sel primitif par cristallisation. L'étude de ces diverses combinaisons nous a fait voir si l'on doit regarder Tacide comme un acide monobasique, bibasique, tribasique, etc., et nous a fourni les éléments nécessaires pour fixer sa formule. C'est exactement la même voie qu'il faut suivre pour établir les formules des acides organiques. Nous l'appliquerons donc à l'acide acétique.
Parmi toutes les bases minérales, le protoxyde d'argent se distingue, par la propriété déformer immédiatement des sels anhydres et faciles, le plus souvent, à obtenir à l'état de pureté, parce qu'ils sont ordinairement insolubles ou peu solubles. Les sels d'argent sont, à cause de cela, très-précieux pour déterminer la composition des acides organiques, d'autant plus que leur analyse peut se faire avec une grande précision . On soumettra donc l'acétate d'argent à l'analyse. A cet effet, on grille une quantité exactement pesée d'acétate d'argent dans une capsule de platine. La matière organique se détruit, il reste de l'argent métallique que l'on pèse. On détermine par le calcul, la proportion de protoxyde d'argent à laquelle il correspond, et Ton trouve ainsi que l'acétate d'argent est composé de
Oxyde dVgent 69,45
Acide acétique 30,55
Admettons que Tacide acétique soit monobasique , que Tacétate d'argent soit anhydre , et formé de 4 équivalent d'oxyde d'argent (U50,0), et de 4 éq. d'acide acétique, on aura l'équivalent de Tacide acétique, en posant la proportion :