ACIDE CITRIQUE
HsUnce, (le l'acido malique , maÎR ce dernier aclile ne donne an :L de la cruie que du malate de cbaux [CaO-{-HQ).C*H*0' qui ^ e en diesolution.
§ 1 i97. L'acide citrique se décompose par la chaleur ; il se dégage d'abord de l'acide carbonique, de l'oxyde decarbone cl de l'acétone; à une température plus élevée, il se forme un corps huileux qui distille. Si l'on ari'éte l'opération au moment où ce corps huileux commence k paraître, le résidu ne contient qu'une très-petite quantité d'acide citrique inaltéré; il est presque entièrement composé d'un acide particulier, l'acide aconitique, ainsi appelé parce qu'on l'a iOConLré d'abord dans un végétal, Vacottitum napeltus. Cet acide sente la même composition C'HO'.UO que l'acide maléique, et • propriétés très-analogues ; mais il parait eti différer par quelsréactions; ce serait donc une seconde modification isomérique m cet acide.
iL'acide aconitique fond vers H0°, et, si on le chauffe jusqu'à ', il distille; mais le produit qui passe il ladistillation n'est plus (b l'acide aconitique; il forme des gouttes huileuses qui cristallisent parle refroidissement. On obtient nécessairement le mAme produit par la distillation immédiate de l'acide dtrique. Traité par l'eau, il s'y dissout et donne une liqueur acide qui abandonne, par évaporation, des cristaux, qu'on purifie en h s redissolvent dans l'alcool ou l'àther. Ils sont formés par un nouvel acide, auquel on a donné les noms d'acide pyroaconUii/ue, et d'acidû itaconique. La formule de cet acide cristallisé est CH'Ô'.HO ; celle de l'ilaconate d'argent estAgO.C'H'O'.
Si l'on soumet l'acide itaconique à une nouvelle distillation, on reconnaît facilement qu'il s'est altéré, car les gouttelettes huileuses qui se condensent ue cristallisent plus par refroidissement; elles sont formées par un nouvel acide, Vacide citraeonique. On peut obtenir le même acide au moyen du produit brut que donne la distillation immédiate de l'acide citrique; il suffit de le distiller une seconde fois dans une cornue chauffée au bain d'huile, et de recueillirà parties produits qui distillent au-dessus de 200". On obtient ainsi un liquide incolore, très-fluide, buuillant à 312°, et ayant pour densité liâil. Ce liquide a pour formule C'H'O'; il a, par conséquent, la composition de l'acide itaconiqae anhydre. Aban- Jonné à l'air humide, il absorbe lentement la vapeur d'eau, et se Uiange en un composé cristallin qui fond vers iO". Ce composé a la e formule que l'acide itaconique cristallisé ; ses sels présentent jBlement la même composition; mais l'acide itaconique ne fond F^ue vers 1 60°, tandis que l'acide cristallis'-, formé par la combinai-
sou de l'acide cilraconiquo anhyare avec l'eau, fond déjà à 80^. Ces deux produits sont donc seulement isomères. L'acide citraconique hydraté donne, par la distillation, de l'acide citraconique anhydre.
Acide tnrirlqoe, C»H*0'®.2H0.
§ H98. L'acide tartrique est un des acides organiques les plus importants ; il existe dans un grand nombre de fruits : le raisin, Tananas, les mûres et plusieurs végétaux. C'est toujours du jus de raisin qu'on l'extrait dans la fabrication en grand ; l'acide tartrique s'y trouve à l'état de bitartrate de potasse et de tartrate neutre de chaux ; ces deux sels sont en dissolution, car le premier est notablement soluble, et le second, insoluble dans l'eau, se dissout dans une liqueur acide. Lorsque le jus de raisin est soumis à la fermentation pour être transformé en vin, le bilartrale de potasse et le tartrate de chaux se précipitent lentement , devenus insolubles dans l'eau alcoolisée, et ils forment une croule adhérente sur les parois des tonneaux. Cette croûte, qui porte le nom de tartre, est rouge ou blanche suivant la couleur du vin qui l'a fournie; elle est mêlée de beaucoup de matières étrangères. Pour purifier ce tartre brut, on le pulvérise, et on le fait bouillir pendant plusieurs heures avec une quantité d'eau suffisante pour le dissoudre, puis on abandonne la liqueur au refroidissement ; au bout de quelques jours il s'est formé (les cristaux adhérents aux parois du vase, et des boues composées principalement de matières étrangères. On sépare les cristaux, on les redissout de nouveau dans l'eau bouillante, on ajoute de l'argile, et du noir animal pour décolorer, et l'on filtre la liqueur bouillante. Celle-ci donne, par refroidissement, des cristaux très-purs de bitartrate de potasse; c'est la crème de tartre du commerce.
Pour extraire l'acide tartrique de la crème de tartre, on la dissout dans environ \ 0 fois son poids d'eau bouillante, et l'on y ajoute, successivement, de la craie en poudre fine jusqu'à ce qu'il ne se fasse plus d'effervescence ; la chaux forme, avec la moitié de l'acide tartrique, du tartrate de chaux insoluble, et l'autre moitié de l'acide tartrique reste dans la liqueur à l'état de tartrate neutre de potasse. On verse alors une dissolution de chlorure de calcium jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité ; le reste de l'acide tartrique se sépare ainsi à l'état de tartrate de chaux. Les deux portions de tartrate de chaux sont réunies et décomposées par de l'acide sulfurique étendu de 3 à 4 fois son poids d'eau ; pour 100 parties de crèmede tartre, on prend ordinairement 52 parties d'acide sulfurique concentré: c'est un peu plus qu'il n'en faudrait rigoureusement pour
ACIDE TARTKIQTIK. âlKi
dt'composer le lar ti aie do chaux. On sépare le sulfate de chaux par tillration, et l'on évapore la liqueur acide jusqu'à consistance sirupeuse ; on l'abandonne ensuite à elle-même, dans un endroit un peu chaud afin qu'elle ne devienne pas trop visqueuse; elle donne alors de beaux cristaux que l'on purifie ordinairement par une seconde cristallisation. Cet acide se prépare en grand pour les besoins de la teinture.
L'acide tartrique, dissous dans l'eau, exerce la rotation à droite, avec une énergie spécifique d'autant plus grande, que la proportion d'eau est plus abondante et la température plus élevée. Il disperse alors les plans de polarisation des divers rayons simples suivant des lois qui lui sont spéciales, et par lesquelles il diffère de tous les corps connus. Ces lois se modifient, sans perdre leur particularité, quand il est dissous dans l'alcool ou Tesprit de bois; mais elles disparaissent complètement lorsqu'il est mis en présence des bases alcalines ou de l'acide borique; alors les phénomènes reprennent les apparences communes à la généralité des corps doués du pouvoir rutatoire.
Les cristaux de l'acide tartrique sont volumineux, et, le plus souvent, d'une parfaite netteté; leur densité est de 4,75. L'eau bouillante en disSout environ 2 fois son poids, et l'eau froide un peu plus que son poids; l'alcool les dissout également, quoique en moindre proportion. La composition de l'acide tartrique cristallisé correspond à la formule C*H**0**, mais que l'on écrit ordinairement C'H*0*".2H0. Ces deux équivalents d'eau ne peuvent pas être chassés parla chaleur sans que l'acide s'altère; dans les tartraies anhydres, ils sont remplacés par 2 éq. de base. La même base forme ordinairement doux sels avec l'acide tartrique : le premier, qu'on appelle tartrate neutre, a pour formule 2R0.C*H*0*®; le second, nommé bitartrate^ a pour formule (RO+HO).C«H*0»^
Ces dénominations sont très vicieuses; ces sels sont neutres tous doux, d'après leur constitution; et, dans les deux cas, l'acide est saturé par 2 éq. de base; seulement, dans le second cas, un des équivalents de base, l'eau, ne sature pas l'acide sous le rapport de sa réaction sur les couleurs végétales.
L'acide tartrique, d'après sa composition, peut être considéré comme formé de \ éq. d'acide acétique et de 2 éq. d'acide oxalique: on a, en effet,
C8H40«o.2HO=C*H»0*.HO + 2(C«0'.HO).
C'est en réalité de cette manière qu'il se décompose lorsqu'on le chauffe avec des alcalis en excès, à une température de 200® L'acide tartrique est un acide énergique ; il dissout plusieurs mé-
taux avec dégagement d'hydrogène, notamment ie zinc et le fer. Il est décomposé par plusieurs peroxydes métalliques faciles à réduire; ainsi, à la température de Tébullition, le peroxyde de plomb le décompose en acide carbonique, eau, et acide formique. La licpieur, en refroidissant, abandonne des cristaux de formiate de plomb, trèspurs.
Les tartrates neutres solubles deviennent, en général, moins solubles par l'addition d'un excès d'acide ; les tartrates neutres insolubles se dissolvent, au contraire, dans un excès d'acide.
§ 4499. La potasse forme 2 tartrates : le iarlrate neutre, ou plutôt 6ipofa5siq'uc,2KO.C*H^O*®4"2HO,quisedissouldanssonpoidsd'eau, et perd, par la chaleur, son équivalent d'eau de cristallisation; le bitartrate, ou plutôt le tartrate monopotassique, (KO -f-HO).C'H^0" : c'est la crème de tartre. Ce sel exige 4 8 parties d*eau bouillante pour se dissoudre, et plus de 200 parties d'eau froide ; il est à peu près insoluble dans l'alcool à 0,85. Ses cristaux sont durs et opaques. La chaleur le décompose et donne un mélange de carbonate de potasse et de charbon, le flux noir (§ 438).
Le bitartrate de potasse forme, avec l'acide borique, une combinaison, nommée crème de tartre soluble; on la prépare ordinairement en faisant dissoudre dans l'eau bouillante 47 | parties de crème de tartre, et 4 5 \ parties d'acide borique cristallisé. La liqueur, évaporée, laisse une masse blanche non cristalline, insoluble dans l'alcool, mais qui se dissout dans 4 \ partie d'eau froide, ou dans i partie d'eau bouillante. Cette matière, desséchée à 400^ a pour formule