KO.(C»H^O'^BO
A 285° elle perd 2 éq. d'eau, et devient KO.(C«H«0«.BO*); le composé organique qu'elle renferme alors, ne présente plus la composition que nous donnons à l'acide tarlrique anhydre; néanmoins, redissoute dans l'eau chaude, elle reproduit la substance primitive.
La soude forme de même deux tartrates : 2NaO.C*H*O'**+iH0 qui perd facilement son eau dans le vide sec, et (NaO4-HO).C"H*0'*.
L'ammoniaque donne également deux tartrates dont les formules sont :
2(AzH\H0).C*H*0*»+H0, sel peu soluble dans IVau, et(AzH*.HO + HO).GWO'^
La chaux forme deux tartrates: le sel neutre 2CaO.C*H*O**-|-8H0, qui est presque insoluble dans l'eau froide, et se rencontre sou-
AGIDÉ TARTRIQUE. 29S
vent, en beaux cristaux, dans le tartre brut ; et le tartrate acide (CaO+HO}.C•H*0«^
En saturant la crème de tartre par du carbonate de soude et faisant cristalliser, on obtient un tartrate double de potasse et de soude (KO + NaO).C«H^O'^+8HO, appelé sel ds Seignette; il est employé en médecine. On le prépare ordinairement en faisant dissoudre , dans Teau bouillante , 4 partie de carbonate de soude cristallisé et 1 ^ partie de crème de tartre; ce sel forme de gros cristaux prismatiques.
Tous les tarlrates dissous dans Teau exercent la rotation à droite ; mais le tartrate de chaux, dissous dans l'acide chlorhydrique , exerce la rotation à gauche.
Émétiquey {KO+Sh*0^).Cm*0'''+mO.
$ 1500. L'émélique, l'un de nos médicaments les plus précieux, est un tartrate double de potasse et d'oxyde d'antimoine ; sa formule est (K0+Sb«0»).C»H^0'«+2H0. On le prépare en faisant bouillir dans 5 ou 6 parties d'eau, parties égales d'oxyde d'antimoine et de crème de tartre On peut remplacer l'oxyde d'antimoine par le verre d'antimoine, l'oxychlorure, ou le sous-sulfate. La dissolution chaude, filtrée , abandonne des cristaux incolores , qui se dissolvent dans 2 parties d'eau bouillante et dans 14 parties d'eau froide. Chauffes à 100**, ces cristaux abandonnent leurs 2 éq. d'eau de cristallisation; mais si on les porte jusqu'à 228°, ils en perdent encore 2 éq., et le produit qui reste (KO-f-^b*0*).C®H*0" ne présente plus la formule des tartrates; néanmoins, si on le redissout dans l'eau, il reproduit, parla cristallisation, le sel primitif, l'émétique.
Les acides décomposent les dissolutions d'émétique ; il s'en sépare du bitartrate de potasse et un sel basique d'oxyde d'antimoine. Les alcalis et les terres alcalines les décomposent également , mais le précipité ne se forme souvent qu'après quelque temps ; c'est ce qui arrive pour la potasse et la soude. Si l'on emploie un excès de ces bases, il ne se forme pas de précipité parce que l'oxyde d'antimoine reste en dissolution dans la liqueur alcaline. L'ammoniaque et l'eau de chaux donnent immédiatement un précipité.
L'hydrogène sulfuré décompose la solution d'émétique; il se forme un précipité orangé de sulfure d'antimoine. L'émétique se décompose parla chaleur; calciné en vase clos, il donne un résidu d'antimoniure de potassium (§ 1017); dans l'appareil de Marsh, il donne des taches antimoniales très-abondantes (§ 1016).
Si l'on dissout, dans de l'eau bouillante, 9 partif s d'émétique et
àUfJ ACIDKS DES VK<;F'TaL'X.
4 parties d'acide larlri(]uo, qu'on évapore la dissolution à unedouce chaleur, et qu'un l'abandonne ensuite à elle-même, il s'en sépare d'abord des cristaux d'émétique; puis, en continuant Tévaporation, il se dépose une combinaison cristalline, efQorescenteà Tair^ettrèssoluble dans l'eau ; elle a pour formule (KO+Sb«O*).2C«H^O**'+7H0 et présente la formule des tartrates neutres. L'émétique peut se combiner également à 3 éq. de bitartrate de potasse; on obtient cette combinaison en dissolvant ensemble 10 parties d'émétiqueet 45 parties de crème do tartre.
Ënfm, en versant, dans une dissolution d'émétique, de l'azotate d'argent ou de Tacétato de plomb , on obtient des précipités qui sont des espèces d'émétiques, dans lesquels les oxydes d'arçent ou de plomb remplacent la potasse. Les formules de ces combinaisons sont (AgO+SbW).C«H*0'^ (PbO+SbW).C»H^O*«, etc., etc.; comme l'émétique, elles perdent, à une haute lempéralure, 2 éq. d'eau.
Modificatiom que l'ctcide tartrique subit par la chaleur.
§1501. L'acide tartrique cristallisé C»H*0*®-|-2H0, chauffé à 170® dans un bain d'huile, perd successivement de Teau, et subit des modifications analogues à celles qu'éprouve T acide phosphorique Irihydrique sous l'influence de la chaleur.
La première de ces modifications, à laquelle on a donné le nom d'acide tartralique, a pour formule C'H^O'^-f-JHO. Cet acide diffère de l'acide tartrique ordinaire, en ce qu'il est incristaliisable, el forme avec la chaux un sel très-soluble dans l'eau, tandis que le lartrate de chaux est insoluble. Les sels qu'il forme avec les diverses bases ne renferment pas 2 éq. de base comme les tartrates, mais seulement | éq. correspondants aux | éq. d'eau qui restent dans l'acide.
L'acide tartralique, exposé plus longtemps à la température de 170®, perd encore J éq. d'eau, et se transforme en une nouvelle modification, l'acide tartrélique CWO"+HO.
L'acide tartrélique est incristaliisable; il prend 1 seul éq. debase pour former des sels neutres, et produit avec la chaux un sel visqueux complètement insoluble dans l'eau.
Enfin, si l'on chauffe rapidement l'acide tartrique jusqu'à 180*, il fond d'abord, se boursoufle, perd 12 pour 100 d'eau, et se solidifie de nouveau. La matière que l'on obtient ainsi présente la formule C"H*0'°; elle est devenue insoluble dans l'eau, et l'on peut facilement la séparer, par dos lavages à l'eau froide, des parties qui n'ont