OTTA-PERCHA
Le caoutchouc est insoluble dans l'eau et dans l'alcool. L'eau bouillante le ramollit et le gonfle, mais ne le di-sout pas. L'éther, les essences, le sulfure de carbone le dissolvent, au contraire, fa-
Pement, et donnent des liqueurs qui déposent, après leur évupolion spontanée, une couche de caoutchouc élastique et imperiable, sur les objets où on les a appliquées. Le eaoutchouc, chauffé au cantactdusoulre à une température de 80 à 100°, ou plongé pendant quelques minutes dans un mélunge de 40 parties do sulfure de carbone et de 1 partie de chlorure de soufre, éprouve dea modifications remarquables dans ses propriétés physiques, et no'amment dans son élasticité. Ainsi le caoutchouc srdinaire est mou au-dessus de 10°; mais il devient très-dur aune température plus basse. Le caoutchouc, modifié par le soufre, ou vukanifé comme oii l'appelle, reste parfaitement élastique, même sus plus basses températures. Le caoutchouc vulcanisé necolle pas comme le caoutchouc ordinaire; il est aujourd'hui employé pour une foule d'u^^ges. On est même parvenu dans ces derniers temps à lui donner une dureté assez grande pour qu'il puisse remplacer,
rDS leurs usages, la baleine, la corne et l'écaillé. a
g 1633. On trouve, depuis quelque temps, dans le commerce, une matière d'origine organique, qui présente, dans sea propriétés physiques et chimiques, beaucoup d'analogie avec le caoutchouc; c'est la gulla-pereha, avec laquelle on labri(]ue des courroies pour les transmissions de nnouvement des machines, et plusieurs objets qui eiigcnt une grande solidité jointe à une certaine flexibilité. Cette matière noua vient des Indes et de la Chine ; elle esl probablement fournie (lar le suc de quelque végétai, mais, jusqu'ici, nous n'avons aurune donnée précise sur son origine.
La gutla-perch'j est d'un blanc grisâtre, d'une consiïlance qui se rapproche de celle de la corne, et nullement élastique. Elle se ramollit et devient plus élartique par une élévation de température; aa dur«lé primitive reparaît après le refroidissement. Elle brûle, comme le caoutchouc, avec une flamme Ifritlante et fuligineuse. L'eau, l'alcool, les liqueurs acides ou alcalines sont srna actirn sur elle; mais l'éther el les essences la ramollissent d'abord, et la dis- 'solvent ensuite. Sa composition élémenlaire diifère peu de celle du caoutchouc, car on y a trouvé 87,8 de carbone et 12,2 d'byilrc-
$ 1fi34. On a donné le nom de raines à àes substances solides, I trèi-répanclues dans les végéiauï, el qui décuulent, en grande abondance, de certains dentre em, â l'élat de dissolution dans ilw essences. Le» résines sont solides, non volatiles, queiquefoia iocoiores, le plos souvent colorées en jaune ou en bran; însoluUes dans l'eaD. elles se dissolvent facilement dans l'alcool absolu, <jm les abandonne souvent, sous forme ile cristaux, après son évaporalion. La plupart des résines se comportent comme des acides bibles; elles forment des composés définis avec les alcalis, et >V« d'autres oxydes mélalliques. Kous ne parlerons ici que des itâm de térébeulhinc, qui oui été le mieux étudiées jusqu'ici.
Lorsqu'on soumet, à la distillatioa avec de l'eau, la tér^jenthiie qai s'écoule du ptnuï tnaritima, l'essence de t^rébenlbine diSiiUe avec l'eau, et il reste une résine nommée coluphane. La colophane est composée de trois résines jouissant des propriétés acides, el suquelles on a donné les noms à'acide pimariqm, à'acidetylviquHH d'aeidepinique. Crs trois acides ont exactement la même comiiOBiUiH élémentaire, correspondant à la formule C"H"0';i^C"'H''ÛMIO,
L'acide pimarique domine beaucoup sur les deux autres nsloa acides, et la colophane en paraît quelquefois presque eoliëremiiol formée. Pour l'obtenir, on IraitCn à plusieurs reprises, la colophaBl en poudre, avec un mélange de 6 à6 parties d'alcool et del partie d'éiher ; les acides sylvique et pinique se dissolvent, et la plus grandi partie de l'acide pimarique reste comme résidu ; on le purifie Ci le faisant cristalliser plusieurs fois dans l'alcoot bouillant. L'astdo pimarique se dissout très-facilement dans l'éther ; il exige tOparlitt d'alcool froid, el se dissout dans son poidsd'iilcool bouillant. 11 rond vers 135°; mais it subit alors une modiGcation isomérique, Iw^ ment recoDiiais^ablo, lorsqu'on le dissout dans l'alcool, or il n'exige plus que 1 partie d'alcool froid. Cependant, cette modifi»tion n'est pas stflble, car, au bout de quelque temps, l'acide pitmrique se régénère, avec ses propriétés primitives, au milieu de II ilisBolution alcoolique, et la plus grande partie s'en dépose ce
L'acide pimarique, cristallisé, se chauge spontanément, à II I ongue, en acide pinique ; il est alors solubte dans son poids d'ilcool, et ne prend pas de furme cristalline.
Si l'on soumet l'acide pimarique à la distillation, il se condenH une matière huileuse qui se lige dans le col de la cornue, el qai
ESSENCES SULFUREES. 3D9
l'on purifie en la dissolvant dans l'alcool bouillant, d'où elle se dépose sous forme de lames crisUllines. Cette substance est identique avec l'acide sylvique , dont nous avons indiqué la présence dans la colopbane; elle ditfêre de l'acide pimarique par sa forme cristalline; elle fond , à peu près, à la même température de 125°, et se dissout dans S ou 10 fuis son poids d'alcool.
On trouve, dans le commerce, un grand nombre de résines; leurs noms rappellent, en général , celui du v^étal dont elles proviennent; elles pré^ntent toutes des propriétés cbimiques trèi-aDsIogues à celles des résines de térébenthine.
Les résines donnent , par la distillation , des prodiiils très-comf>leses; il se dégage des gaz carbonés qui brillent avec une flamme brillante, et dont on s'est servi comme gaz d'éclairage , des huiles essentielles, et des huiles fixes. On a séparé de ces produits : le rélinaphle C"H', essence bouillant à iOS", \erilynile C"H", . » 150°,
le rélinole, isomère de la benzine C'*H', bouillant à 240", le Tétistéréne, isomère de la naphtaline 1% 16i1), substance horistalline fondant à 65° cl bouillant à 325°.
L ESSENCES SOLFCBÉGS.
f fi 1635. Oaneconnalt jusqu'ici, avec précision, que deux essences I sulfurées : l'essence de moutarde, et l'essence d'ail ; mais il est probable que leur nombre s'augmentera beaucoup par la suite.
EnM-aeMl-all, C'HXS.
§ 1636. On obtient cette essence en distillant les gousses d'ail avec de l'eau ; il passe une huile brune d'une odeur exlrômement fétide ; on la décante , et on la distille de nouveau dans un bain d'euu saJée. Le produit distillé est rectiRé sur du potassium jusqu'à ce' qu'il ne soit plus altaqué parce métal. L'essence d'ail est un liquide incolore, d'une odeur repoussante, moins dense que l'eau, distillant sans altération. Sa formule est C*I1"S On lui a donné le nom de s»l[we Sailyl , parce qu'on l'a considérée comme une combinaison de soufre avec un hydrogène carboné C'H", Valiyl. Cette essence donne des précipités avec plusieurs dissolutions métalliques; ainsi, si l'on en mêle une dissolulion concentrée avec une iissolution également concentrée de bichlorure de mercure , il se