‹ Cours élémentaire de chimieChapitre 98 sur 143 · MATIÈRES COLORANTES DE LA GARANCE · texte numérisé non relu

MATIÈRES COLORANTES DE LA GARANCE

i Qrangé, à peu près insolubles dans l'eau froide, un dans l'eau bouillante, mais très-solubles dans l'akooi. Elle se dissout facilement dans les lessives alcalines et dans l'ammoniaque; ces dissolutions sont de couleur violette, et donnent des précipités biduâtres avec les eaux de baryte, de stronliaae et de chaux L'a- '[ lizarino se comporte donc comme un acide faible. L'acide sulfurique ' concentré la dissout également; il se forme une liqueur brune, mais qui précipite l'alizarine sans altération, quand on l'élend d'eau.

§ 1633. La purpurine, la seconde matière colorante rouge de la garance, a pour composition CH'O'. On la sépare de l'alizarine par une dissolution concentrée et bouillante d'alun qui dissout la purpurine seule. On fait bouillir, avec une dissolution concentrée d'alun, la racine de garance préalablement lavée à l'eau, on obtient une liqueur rouge, qui laisse déposer, par le refroidissement, une substance d'un rouge brun, que l'on sépare; la liqueur, filtrée, est d'un rotige pur; on y verse de l'acide sulfurique, la matière colorante se sépare successivement, et, au bout de H heures, la dissolution n'en renferme plus que des traces. Le précipité, lavé d'abord avec de l'acide chlorhydrique faible, bouilant, puis avec de l'eau froide, est redissous dans l'alcool. La liqueur alcoolique est évaporée, et l'on traite le résidu, à plusieurs reprises, par i'étber; la dissolution, évaporée, abandonne la purpurine sous fornied'unepoudred'un rouge vif. Cette matière est insoluble dans l'eau froide, Irès-soluble dans l'eau bouillante, dans l'alcool et dans I'étber.

L'alizarine et la purpurine, traitées par l'acide azotique ou d'autres réactifs oxydants, donnent de l'acide oxalique et de l'acidephtalique C'H'O"; on a, en effet, les équations

tC"ll»0' + 80 -l-IHO =î{C»0'.HOH- C"H"0'. r,"H"0«-|-50-f-110==C'0' HO+G'*H"0', Si l'on dissout dans ime solution d'alun les matières Loloranles la garance, et qu'on y verse du carbonate de soude, on obtient des précipités d'une Irèsbelle couleur et d'une grande stabilité. Ces précipités cor.aistent en des combinaisons del'alumine avec les ma' tièr^s colorantes; on leur donne le nom de laques de garance; ils rsont employés dans !a peinture.

rsont cm

WATiÈni; coLoriASTE du cahpEche. '

matli-mi colormilps du liolii de cnmpévhe.

S 16Si. On a nomiDL- hématine k matière à laquelle le bob de csmpècti? doit ses propriétés tinctoriales. On IVxtrait Facilement en faisant une décoction du bois de ca m pèche pulvérisa, évaporant 11 liqueur à ïiccilé, puis traitant le résidu par l'alcool : l'hématine U dépose, de la dissolution alcoolique, sous forme de cristaux, q" paraissent plus ou moins loncés suivant leur grosseur, i tlouuent une poussicK jaune, La dissolution aqueuse d'hématioe^ se culore pas à l'air, mais, si l'on y ajoute de l'ammoniaque, elfe t>e teint hientét en range intease. On a donné le nomd'hémaUinii la substance qui prend naissance dans cette réaction. L'hémsléine est une substance grenue, cristalline, d'un noir violacé, à rslM mélallique. EUesenissoutdans l'eau, et la colore en pourpre fon L'hématéine parait différer de Vhématine, en ce qu'elle n ' " ) èq. d'iivdrogène de moins. La formule de l hématine de serait en 'effet C«H'0*.HO, et relie de l'hématino C'*H»0". t matéine. cristallisée d'une dissolution aqueuse, a pour fon C'H'O-.HO+aHO.

L'hématine jouit des propriétés d'un acide faible ; sa à aqueuse précipite par la baryte et par l'acétate de plomb. L'bé late de plomb, décomposé par l'acide suif hydrique aqueux, C ime liqueur qui, parl'évaporation, abandonue des cristaux pra incolores d'iiématine.

llallèrcB rolorantcB dn rarltaauie.

§ <68S. Les fleurs de carlhame aoiit employées dans la tflmtil(! elles donnent des couleurs qui varient depuis le rose tendre jusqu'lB ponceau. 11 existe, dans ces Oeurs, plusieurs matières coloraotea^ lorsqu'on les épuise par l'eau, elles cèdent une matière colorante, jaune, qui n'est d'aucune utilité dans la teinture. Cette matière K combine avec les bases; sa combinaison avec l'oxyde de plomba pour formule 3PbO-C"H'°0"'.

Si l'on traite, par une dissolution de carbonate de soude, la Heur de carthame épuisée jiar l'eau froide on obtient une dissolution rouge. On neutralise exactement cette liqueur par de l'acide atStlque, el l'on y plonge du coton, sur lequel Ip principe coloranl rouge, la carlhamine se précipite. Lorsque la liqueur est presque décolorée, on retire le coton, et on le traite par de l'eau renl'eruianl ^ de carbonate de aoude ; la carthamine se dissout, et, si l'on

QUEIlClTltON. 441

verse, dans la liqueur, de l'acide citrique, elle se précipite sous forme de flocons cramoisis. On redissout le précipité dans l'alcool, et, par l'évaporation, on obtient une matière d'un vert foncé chatoyant. On donne à la carthamine la formule £1**H*0'.

Matière colorante du bola du Brésil ^ de rernambouc.

§ 1686. On emploie, pour la teinture, des décoctions de bois du Brésil ou de Fernambouc ; elles donnent des couleurs rouges peu solides. On a nommé brésiline le principe colorant de ces bois ; c'est une substance que l'on a obtenue en petites aiguilles cristallines, orangées, solubles dans l'eau, l'alcool et l'étber. On ne connaît pas sa composition. La brésiline prend une teinte pourprée au contact des alcalis ; en présence de l'air et de l'ammoniaque, elle se transforme en une nouvelle substance, la brésiléinej qui est d'un pourpre foncé.

Matière colorante de la saude.

§ 1687. La gaude {r3seda luteola) contient un principe colorant d'un beau jaune, la lutéoline; on l'exlrait par l'eau bouillante; c'est une substance jaune, volatile sans décomposition, qui se sublime en petites aiguilles. Elle est très-peu soluble dans l'eau; cependant le peu qui se dissout suffit pour donner de belles teintures, remarquables par leur solidité.

Querrltron.

,^ 1 688. On a donné le nom de quercitron, à un principe colorant, qui existe dans les écorces de certains chênes, le quercus nigra; pour l'extraire, on traite par l'alcool, l'écorce pulvérisée, on précipite le tannin par de la gélatine, on évapore le.liquide, et l'on dissout le résidu dans l'alcool, puis dans l'eau. Le quercitron est une substance jaune, cristalline, dont la composition correspond à la formule G'^H®0'° ; il se dissout dans 400 parties d'eau chaude, et dans 4 ou 5 parties d'alcool absolu.

Matière colorante du rocou.

§ 1689. On donne, dans le commerce, le nom derocou à une matière d'un jaune rougeâtre, provenant de la fermentation du bixiQ

orellana, cetle matière est importée du Brésil, de la Guyane et d) Indes orienlales. Lerocou renferme deux matières roloranteadi tiocles : l'une, jaune, solublc dans l'eau et dans l'atcool. m soluble danâ l'élher; l'autre, rouge, peu soluble dan? l'ea trës-soluble dans l'alcool et dans l'élher.

nallère ralorante dn Hantai.

§ <690. On a donné ie nom de tanlaline à l'ensemble des malien colorantes du bois de santal { pterocarpus santalinus); oo l'eutti en traitant, ]\at l'alcool, le bois de santal pulvérisé; la dissolultn d'un jaune rougeàtrc, l3L=Be, après évaporation, une matière rè- ~ sinoïde de même couleur. Cette matière se dissout dans les lesHvn alcalines, et les colore en violet.

Matièrca nklorantCB du Jaune Indien.

§ 4691. Il nous vient, de la Cliino et des Indes, une malièreeniptoyéedans la teinture, et connue souslenomdepuriMetde;miM indien ; on n'en connaît pas l'origine. Cette matière se dissout dans l'eau acidulée par de l'acide chlor hydrique; il s'en sépare une nistîèro cristalline, qu'on a appelée acide euxanlhique, et qui foraiei peu près la moitié du poids dujaune indien; mais il se précipiteta môme temps quelques matières étrangères. Pour préparer l'acide cuxanthiquepur, on traite lejauneindien par l'acide acétique, Btl'oo verse de l'acélate de plomb dans la liqueur; il se précipite lie l'euxanthate de plomb, que l'on décompose par l'acide su Ifbydrique. En portant la liqueur à l'ébullition, l'acide eusanthique se disioul, et cristallise, par refroidissement, en longues aiguilles soyeuees, de couleurjaune. L'acide euxanthique est facilement soluble dans l'ilcool el dans l'éther. Desséché à 130", il a pour formule C"H"W Si on le chauffe davantage, l'acide euxanthique fond, puis dégage des vapeurs qui se solidilient en petits cristaus; c'est uncDOUvellï matière, l'euiTûn/Aonfi C'°H"0", que l'on obtient encore, soitporla distillation de l'euxanthate de plomb, soit en fai.-ant agir les acides sulfurique ou chlorhydrique concentrés sur l'acide eusanitiique. On a d'ailleurs

C"H"0"=C"li"0"'+ïCO'+6HO, L'euxanlhono ne jouit pas des propriétés acides. Par i'actioa du chlore, du brome ou de l'acide azotique, l'acide eusanthique doane des produil-s dérivés par substilutiou, qui ont pour formulct C"H"C1'0", C"H"Br'0", C"H"[AzO*,0", Les acides e '"'"

GAROTINE. 443

ques, chloré et brômé, dissous dans Tacide sulfurique concentre, puis précipités par l'eau, donnent de Teuxanthone chlorée C*°H*°CI*0'*, ou brômée C^^H^'^Br'O*'.

rarotlne.

§ 1692. La carotine est la matière colorante rouge des carottes; pour Textraire, on étend le jus des carottes de 4 à 5 fois son volume d'eau, puis on y ajoute de l'acide sulfurique, qui précipite la matère colorante avec de l'albumine et des matières grasses. On sépare ces dernières matières en faisant bouillir, pendant quelque temps, le précipité avec une dissolution dépotasse caustique qui les dissout. On purifie la carotine en la faisant bouillir avec de l'acide sulfurique étendu, et la laissant digérer, d'abord avec de l'alcool ordinaire, puis avec de l'alcool absolu. La matière séchée, est traitée par le sulfure de carbone, qui dissout la carotine ; on sépare, par distillation, les J de ce liquide, puis on ajoute de l'alcool anhydre au résidu, et l'on abandonne la liqueur à l'air. Au bout de quelque temps, il se dépose des petits cristaux, rouge de cuivre ; c'est la carotine pure. La carotine fond vers 470°; elle se décompose à une température plus élevée; elle est à peu près insoluble dans l'eau, l'alcool et réther. Sa composition élémentaire est la même que celle de l'essence de térébenthine, mais on ne connaît aucun moyen de déterminer son équivalent.

Matières colorantes ^ Tertes et Jaones^ «les feollles.

§ \ 693. La matière colorante verte des feuilles, Ia chlorophylle ^ n'y existe qu'en très-petite quantité, et son extraction à l'état de pureté présente de très-granJes difficultés. Le meilleur procédé connu consiste à laisser les feuilles digérer pendant plusieurs jours avec de réther; on filtre la liqueur, et on Tévapore à siccité. Le résidu se compose, en grande partie, d'une matière analogue à la cire, et de chlorophylle. On le dissout dans de l'alcool bouillant, qui abandonne, par refroidissement, la plus grande partie de la cire; on évapore de nouveau l'alcool, et l'on traite encore le résidu par une moindre proportion d'alcool bouillant; par le refroidissement il se sépare encore de la cire ; enfin, on évapore, et l'on traite le résidu par de l'acide chlorhydrique concentré, qui donne une dissolution d'un beau vert. On sature la liqueur, filtrée, en y plaçant quelques fragments de marbre ; la chlorophylle, devenue insoluble, se précipite; on la lave à l'acide chlorhydrique faible, puis à Teau pure.

La chlorophylle est insoluble dans l'eau, mais facilement soluble

44 i CHLOROPHYLLE.

dans Talcool et dans l'éther ; les acides sulfurique et chlorfaydrique la dissolvent sans l'altérer; elle se précipite de ces dissolutions lorsqu'on les étend d'une grande quantité d'eau. D'après l'analyse qui en a été faite, la composition de la chlorophylle, séchée à 430®, correspondrait à la formule C**H'AzO*.

On a donné le nom de xantophylle à la matière colorante jaune des feuilles dautomne; mais on ne connaît encore rien de bien précis gur cette substance.

matières coloranteii de la cochenille.

§ 4694. La cochenille (coccus cacti) est un petit insecte que Ton récolte sur les nopals ou cactiers raquettes; elle fournit à la teinture les plus belles couleurs rouges; celle que Ton trouve dans le commerce se compose seulement des insectes desséchés. Lorsqu'on fait bouillir les cochenilles avec Teau, il se forme une liqueur rouge, qui se trouble lorsqu'on y verso de l'alun ou du bitartrate de potasse ; il se forme un précipité, qui reste longtemps en suspension, et qui se compose dé la matière colorante et de diverses substances grasses et albuminoïdes. C'est le carmin du commerce. Si l'on fait bouillir la cochenille avec une dissolution faible de carbonate de soude, et qu'on verse de l'alun dans la liqueur, il se forme des précipités rouges, composés d'alumine combinée à la matière colorante, et qu'on appelle laques carminées.

On a donné le nom de carminé à la matière colorante de la cochenille, mais il est douteux qu'on l'ait isolée à l'état de pureté. On traite les cochenilles, pulvérisées, par l'éther, qui dissout les matières grasses; puis, par l'alcool bouillant, qui disi^out la carminé; celle-ci se dépose pendant le refroidissement de la liqueur. Pour la purifier, on la dissout dans l'alcool auquel on ajoute un volume égal d'éther; la carminé se dépose alors lentement, sous forme de petits grains d'un rouge pourpre. La matière, ainsi obtenue, fond à 40®; elle est soluble dans l'eau et dans l'alcool, mais insoluble dans l'éther. Les acides avivent sa couleur rouge, tandis ifue les alcalis la font passer au violet.

matières colorantes de rorselile et du tournesol.

§ 1695. On donne, dans le commerce, le nom d'orseillcs à des substances colorantes, très-complexes, qu'on extrait de plusieurs espèces de lichens, parmi lesquels on distingue le lecanora parella^

Page 1