‹ Cours élémentaire de chimie (volume 2)Chapitre 104 sur 130 · DORURE · texte numérisé non relu

DORURE

donnent une nouvelle quantité de cristaux; les dernières eaux, qui refusent de cristalliser, sont employées comme dissolution d'acide sulfurique , et ajoutées dans la chaudière de fonte , après l'attaque de Talliage. Le sulfate de cuivre est redissous dans l'eau et soumis à une nouvelle cristallisation.

C'est parce procédé que l'on a affiné les anciens écus de 3 francs et de 6 francs qui renfermaient une proportion notable d'or , et même les plus anciennes pièces de 5 francs qui en contenaient 4 ou 2 millièmes. Cet or ne pouvait être avantageusement séparé par les anciens procédés d'affinage; ils étaient trop coûteux, mais les nouveaux procédés sont tellement perfectionnés aujourd'hui, et le prix de l'acide sulfurique est si bas, que Ton peut affiner avec avantage des matières d'argent qui ne renferment que | millième d*or.

Lorsque l'or et l'argent contenus dans l'alliage ne s'élèvent pas à plus de 0,200 ou 0,300, on commence par griller la matière grenaillée dans un fourneau à réverbère; une portion du cuivre s'y oxyde, et l'on traite la matière grillée par l'acide sulfurique faible qui dissout l'oxyde de cuivre. L'alliage est ainsi amené à un titre moyen de 0,500 ou 0,600 , et peut être ainsi soumis au procédé d'affinage ordinaire.

PROCÉDÉS DÉ DORURE ET d'aRGENTURB.

§ 4460. La dorure des objets d'ornement de cuivre ou de bronze se faisait anciennement au moyen d'un amalgame d'or; depuis quelques années , elle s'exécute principalement par des procédés galvaniques. L'amalgame d'or employé pour la dorure au mercure se prépare de la manière suivante : on chauffe au rouge sombre, dans un creuset, de l'or réduit en feuille mince; on triture cet or avec 8 fois environ son poids de mercure , et, lorsque l'or est dissous, on verse la matière dans de l'eau froide afin d'éviter qu'elle ne dépose des cristaux par un refroidissement lent. On comprime la masse pour en faire écouler le mercure en excès , et il reste un amalgame pâteux, formé d'environ 2 parties d'or et de 4 partie de mercure.

L'objet de bronze soumis à la dorure doit subir plusieurs prépations préliminaires. On le chauffe au rouge, puis on le plonge dans de l'acide sulfurique étendu pour dissoudre l'oxyde qui s'est formé à la surface : cette opération s'appelle le dérochage. Souvent môme, on le plonge un instant dans de Tacide azotique concentré pour obtenir un décapage plus parfait, appehè ravivage. On amalgame la surface à l'aide du gratte-brosse ^ c'est-é-dire d'une petite

brosse de ûls de laiton, que Ton plonge d* abord dans une dissolution d'azotate de mercure, et que i'on presse ensuite sur i*amaigame d'or, dont une partie y reste adhérente. On frotte l'objet avec le gratte-brosse , on le place sur une grille en fer chauffée par des charbons, et située sous une cheminée qui tire bien, afin d'enlever les vapeurs mercurielles, qui exercent une influence très-nuisible sur la santé des ouvriers. On le nettoie ensuite avec une brosse que Ton plonge dans du vinaigre, et Ton polit avec de la sanguine les parties qui doivent devenir brillantes. On dore l'argent par des procédés semblables. L'argent doré porte le nom de vermeil.

En remplaçant l'amalgame d'or par un amalgame d'ai^ent, et opérant de la même manière que pour la dorure, on peut argenter le cuivre, le bronze et le laiton. On argenté ordinairement les échelles en laiton des baromètres , et celles de plusieurs autres instruments, en les frottant, à l'aide d'un bouchon de li^e mouillé, avec un mélange intime de 1 partie chlorure d'argent, de 2 parties carbonate de potasse, de 4 partie sel marin et de | partie craie. Le cuivre et le zinc du laiton décomposent le chlorure d'ai^ent, et l'objet se recouvre d'une pellicule très-mince d'argent métallique.

Dorure par immersion ou au trempé.

§ 1161. Ce procédé, principalement employé pour dorer les bijoux de cuivre, consiste à plonger les bijoux, parfaitement décapés, dans une dissolution bouillante de chlorure d'or dans un carbonate alcalin. Cette dissolution se prépare de la manière suivante: on dissout 100 grammes d'or laminé dans une eau régale composée de 250 grammes d'acide azotique à 36°, 250 grammes d'acide chlorhydrique concentré et 250 d'eau. D'un autre côté, on chauffe 20 litres d'eau dans une marmite en fonte, dont l'intérieur est doré parce qu'elle a déjà servi dans les opérations précédentes ; on dissout dans cette eau 3 kilogr. de bicarbonate de potasse. Quand l'or s'est complètement dissous dans l'eau régale, on verse la liqueur dans une capsule de porcelaine, et l'on y projette successivement 3 kilogr. de bicarbonate de potasse ; il se fait une effervescence très-vive , et , quand elle est terminée , on verse le contenu de la capsule dans la marmite en fonte. On fait bouillir la liqueur pendant 2 heures, en remplaçant par de l'eau chaude l'eau qui s'évapore. Le bain d'or est alors prêt pour la dorure.

Quand les bijoux de cuivre ont été dérochés et ravivés comme pour la dorure au mercure, on en réunit plusieurs en paquet, au moven de fils de laiton, et l'on suspend un certain nombre de ces

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