ESSAIS DES OXYDES DE UANGAN£SE
% 76i. On peut aussi chauffer l'oxyde de manganèse . réduit en Ipoudre très-fine, avec une dissolulion concentrée d'acide oxalique. Qi'oiyde de manganèse se change en oxalate de protoxyde de mau- HgBDèse, et l'oxygène qu'il abandonne transfonne en acide carbopique une quantité correspondante d'acide oxalique. On peut reicueillir l'acide carbonique dans de l'eau do baryte , où il se précipite là l'état de carbonaledebaryte, ou mieux, dans un appareil à boules, |pesé , et renfermant une dissolnlion concentrée do potasse ; il faut lavoir, loutefoJs, desséché le gaz, en le faisant passer à travers un [tube renfermant de l'acide suifurique concentré. I §765. Pourapprécierd'une manière complète la valeurd'un oxyde de manganèse, il nesurBtpasdeconnaitrelaquantité de chlore qu'il
ipeut donner ; on doit encore délerminer la quantité d'acide chlorbydrique qu'il faut consommer pour dégager ce chlore. Si l'oxyde est du peroxyde pur , la moitié de l'acide nécessaire abandonne son r chlore. Si t'oxyde est du aesquiosyde pur, il n'y en aura que le tiers f de changé en chlore. Par conséquent, pour produire la mâmequantUlédc chlore, il faudra, dans ce dernier cas, employer une fois et f demie plue d'acide. Enfin, si l'oxydo renferme une gangue calcaire,
iâe la baryte ou de l'oxyde de fer, ces bases neutraliseront une portion de l'acide chlorhydrique , sans produire de chlore. Pour déleruiner la dépense enacide chlorhydrique, on cherche dans un premier essai le titre acidimétrique des ÎScentimètrescubes d'acideque l'on emploie. On traite ensuite 3s',98 de l'oxyde de manganèse par une Inesure de 25 centimètres cubes d'acide ; on chauffe le petit malras ^ns lequel on a placé le mélange , en laissant perdre le chlore ; on Angaga seulement le tube de dégagement dans un petit ballon piouilli, pour condenser la petite quantité d'acide chlorhydrique qui jpoorrait distiller. Lorsque le chlore s'est entièrement dégagé, on Téunït la petite quantité de liqueur qui s'est condensée dans le petit récipient, avec la liqueur restée dans le matras. On étend d'eau, de jnanièreàformerundemi-litre, et l'on détermine la quantité d'acide libre, en ajoutant une dissolution alcaline titrée, jusqu'à ce que le précipité d'oxydes hydratés qui se forme par l'addilion de chaque goutte alcaline , ne se redissolve plus en agitant la liqueur. Cette derniëre expérience donne la quantité d'acide qui est restée libre et , si l'on combine cette expérience avec la premièi qnanlité d'acide consommée par l'oxyde de manganèse.
libre , ^
Équivalent = 350,0.
§ 766. Le fer est le plus important de tous les métaux par ses nombreuses applications dans les arts. On l'emploie sous trois étals :
4* A l'état de fer doux;
2° A l'état d'acier ;
3» A l'état de fonte.
L'acier et la fonte sont des combinaisons du fer avec des quantités petites , mais variables , de carbone et de silicium.
Le fer doux du commerce , le fer en barres , n'est pas encore du fer chimiquement pur. 11 renferme une très-petite quantité de carbone et souvent dés traces de silicium , de soufre ou de phosphore, qui influent notablement sur sa qualité. Le fer, qui est employé pour les petits ouvrages de serrurerie , approche de l'état de pureté. Mais, c'est dans les fils de clavecin, ou fils d'archal , qu'on trouve le fer le plus pur, parce que le fer très -pur peut seul être étiré eu fil aussi fin.
Pour obtenir le fer chimiquement pur, on prend du fil d'archal, on le coupe en petits morceaux de même longueur, que Ton réunit en faisceaux. On oxyde ces fils à leur surface, en les chauffant pendant quelques instants au contact de l'air, ou mieux, dans un tube de porce aine par lequel on fait passer un courant de vapeur d'eau. On place ensuite les faisceaux de fils oxydés , dans un petit creuset de porcelaine avec une faible quantité de verre pulvérisé. Ce premier creuset est disposé dans un second creuset en terre, luté extérieurement avec de l'argile. On le chauffe dans un fourneau à vent , à la plus haute température que l'on puisse produire. Les petites quantités de matières étrangères, contenues dans le fer, sont brûlées par l'oxygène de l'oxyde; l'excès d'oxyde de fer se combine avec la matière vitreuse et forme une scorie. Si la température est suffisamment élevée, le fer purifié fond en un seul culot. Le fer pur est plus blanc que le fer du commerce ; il est aussi plus malléable; mais il possède moins de ténacité.
On peut obtenir également du fer pur, en réduisant un de ses oxydes par l'hydrogène. Cette réduction a lieu à une température très-basse , celle du rouge sombre ; elle peut être faite dans le petit appareil (fig. 473), que nous avons décrit à l'occasion de la préparation du protoxyde de manganèse. Le fer métallique reste dans l'ampoule , sous forme d'une poudre gris noir. Pour le conserver , il faut
fermer à la lampe les deux pointes de Tampoule , pendant qu'elle est pleine de gaz hydrogène : car le fer très-divisé est tellement avide d'oxygène , qu'il prend feu aussitôt qu'il arrive au contact de l'air. Cette propriété lui a fait donner le nom de fer pyrophorique. Si l'on fait la réduction de Toxyde à une haute température, dans un tube de porcelaine , le métal s'agrège, prend l'éclat métallique, et ne s'oxyde plus à Tair sec.
On obtient également du fer parfaitement pur , en chauffant , dans un tube de verre, du protochlorure de fer dans un courant de gaz hydrogène. Le fer forme alors , sur les parois du verre , une couche miroitante, brillante, dans laquelle on observe quelquefois des petits cristaux cubiques bien déterminés.
§ 767. La texture du fer du commerce varie beaucoup suivant la manière dont il a été travaillé. Le fer pur, qui a été battu et étiré également dans tous les sens, possède une texture à Irès-petits grains brillants; mais, quand il a été étiré en barres, il présente souvent une texture fibreuse très-prononcée, suivant la longueur de la barre. On met facilement cette texture en évidence , en faisant casser la barre sous une forte flexion. Celte texture fibreuse est trèsrecherchée , parce que le fer qui la présente a une ténacité plus grande que celui qui possède la texture grenue , et il supporte des poids plus considérables sans se rompre. On regarde généralement la texture fibreuse du fer comme un indice de sa bonne qualité ; cependant , les ouvriers habiles savent la communiquer à des fers de qualité médiocre. La texture fibreuse du fer ne persiste pas indéfiniment ; elle se change au bout de quelque temps en texture grenue, ou même en texture lamelleuse. Ce changement a surtout lieu lorsque les barres de fer sont soumises à des vibrations , comme, par exemple, lorsqu'elles supportent le tablierd un pont suspendu. La ténacité du métal diminue en même temps d'une manière Irèsmarquée , et la rupture a souvent lieu sous des charges que la barre aurait facilement supportées lorsqu'elle avait la texture fibreuse. Une transformation de cette nature se remarque souvent dans les essieux des locomotives et des wagons de chemins de fer.
La pesanteur spécifique du fer forgé varie de 7,7 à 7,9. Le fer est le plus tenace de tous les métaux : un fil de fer cylindrique de 2 millimètres de diamètre ne rompt que sous une charge de 250 kilogrammes.
§ 768. Le fer exige , pour se fondre , la température la plus élevée que l'on puisse produire dans un fourneau à vent. Sa fusion devient plus facile quand il peut se combiner avec du carbone. Le fer passe de Vétat liquide à l'état solide, par l'état pâteux; il est, par consé-
quent , dans le cas des substances qui cristallisent difficilement par voie de fusion. Cependant , si on laisse refroidir très-lentement de grosses masses de fer chauffées à une très-haute température, comme cela arrive quelquefois accidentellement pour les grosses barres de fer qui entrent dans la construction des hauts fourneaux, on trouve, dans rintérieurde ces masses, des indices de cristallisation qui conduisent à la forme cubique. Chauffé à la chaleur blanche, le fer devient assez mou pour prendre toutes les formes sous le marteau. Deux barres de fer , chauffées au blanc , peuvent être facilement soudées Tune à l'autre, sans interposition d'un autre métal. Il suffit de les superposer pendant qu'elles sont fortement chauffées et de les battre à coups de marteau. Mais il est nécessaire que les surfaces à réunir soient parfaitement débarrassées d'oxyde. Or, on sait que le fer chauffé au contact de l'air s'oxyde rapidement. Le forgeron jette ordinairement sur les barres qu'il veut souder une petite quantité de sable; celui-ci se combine avec l'oxyde de fer et produit un silicate très-fusible. Ce silicate formeà la surface du métal une espèce de vernis qui empêche son oxydation ultérieure; d'ailleurs, à cause de sa fluidité , il est complètement exprimé sous le choc du marteau.
§ 769. Le fer , le cobalt et le nickel sont les seuls métaux qui soient notablement magnétiques à la température ordinaire. Un morceau de fer pur devient lui-même immédiatement un aimant par la présence d'un aimant naturel , soit au contact, soit à une petite distance ; mais ses propriétés magnétiques disparaissent aussitôt que l'on éloigne l'aimant. Si le fer est combiné avec une petite quantité de carbone , s'il est aciéreux , le magnétisme se développe plus lentement, mais il persiste pendant un temps plus ou moins long, après que l'aimant a été enlevé. Un barreau d'acier, frotté contre un aimant, acquiert des propriétés magnétiques durables , et devient un véritable aimant. Les propriétés magnétiques du fer diminuent rapidement avec la température. Un boulet de fer, chauffé au rouge blanc, n'exerce plus d'action sensible sur une aiguille aimantée ; mais il reprend sa vertu magnétique en refroidissant.
§ 770. Le fer se conserve indéfiniment sans altération dans l'air sec, et môme dans l'oxygène sec à la température ordinaire ; mais il s'altère promptement dans l'airhumide, et se couvre de routï/e.La rouille du fer consiste en une oxydation du métal à sa surface. Cette oxydation s'opère surtout facilement en présence de l'acide carbonique; or, nous savons que l'air en renferme toujours une petite quantité. Sous l'influence de l'acide carbonique et de l'oxygène , le fer se change en carbonate de protoxyde, qui absorbe une nouvelle portion d'oxygène et se transforme en hydrate de peroxyde de fer.
L'acide carbonique dégagé facilite roxydation d'une nouvelle quantité de fer métallique. On a reconnu que le fer, une fois qu'il a commencé à se rouiller en un point, s'altère ensuite très-rapidement autour de ce point. Cela tient à ce qu'il survient alors un phénomène galvanique, qui accélère l'oxydation. Le fer et la petite couche d'oxyde qui s'est formée à sa surface constituent les deux éléments d'une pile, dans laquelle le fer devient positif, et acquiert ainsi pour l'oxygène une affinité assez grande pour décomposer à l'eau la température ordinaire, avec dégagement de gaz hydrogène. On rend ce phénomène très-sensible en laissant rouillera l'air de la limaille de fer mouillée; on reconnaît au bout de quelque temps, d'une manière très-prononcée, l'odeur que répand le gaz hydrogène quand il est préparé avec des métaux carbures. La rouille renferme presque toujours une petite quantité d'ammoniaque ; on la rend manifeste en chauffant la rouille avec de la potasse. La. présence de l'ammoniaque s'explique de la manière suivante : nous avons vu (§ 122) que, lorsque l'hydrogène et l'azote se rencontraient à Tétat naissant dans un liquide, ils se combinaient et formaient de l'ammoniaque; or, l'eau qui mouille la rouille renferme de l'azote en dissolution , puisque cette eau se trouve au contact de l'air; et , d'un autre côté, il se dégage de l'hydrogène par la décomj)osition de l'eau. Les circonstances dans lesquelles l'ammoniaque peut se former, par la combinaison directe de l'azote avec l'hydrogène, se trouvent donc réahsées. Le peroxyde de fer jouit par rapport aux bases très-fortes des propriétés d'un acide faible , il retient l'ammoniaque et l'empêcke de se dégager.
Cette présence de l'ammoniaque dans la rouille est importante à constater , car on a admis longtemps que , lorsque les taches de rouille rencontrées sur une tfrme blanche, soupçonnée d'avoir servi à commettre un crime, dégageaient de l'ammoniaque au contact de la potasse, c'était une preuve que la rouille s'était formée en présence d'une matière animale , et qu'elle provenait detachesde sang. Cette présomption était erronée, car nous venons de voir que la rouille, qui se forme simplement au contact de l'air humide, peut contenir des quantités d'ammoniaque très-sensibles.
Le fer se rouille promptement dans l'eau pure, maison a reconnu qu'il ne s'altérait que très-peu dans de l'eau qui renfermait quelques millièmes de carbonate de soude ou de potasse. Depuis quelques années, on préserve le fer de la rouille, en couvrant sa surface d'une couche très-mince de zinc métalUque. Le fer , ainsi étamé, a reçu le nom de fer galvanisé. Nous avons donné (§ 305) l'explication de ce phénomène.
Le fer s'oxyde promptement au contact de l'air , quand il est chauffé au rouge. Il se couvre alors d'une pellicule noire d'oxyde , qui se détache sous le choc du marteau. C'est à cette facile combustion du fer dans Tair, qu'il faut attribuer la propriété dont il jouit de lancer des étincelles lorsqu'on le frappe contre un silex. Il s'en détache alors de petites parcelles qui, fortement échauffées par. la friction du silex , deviennent incandescentes en se combinant avec l'oxygène de l'air, et peuvent mettre le feu à des substances facilement combustibles, telles que l'amadou. Si Ton bat le briquet, pendant quelque temps au-dessus d une feuille de papier blanc, ceile-ci se couvre d'une foule de petites parcelles noire-^, atlirables à l'aimant , et qui sont des petits globules sphériques d oxyde de fer magnétique.
§ 771. Le fer est facilement attaqué par l'acide chlorhydrique; il se forme du protochlorure de fer; de l'hydrogène se dégage. L'acide sulfurique étendu le dissout à froid , avec dégagement d'hydroi^ène. L'acide sulfurique concentré l attaque également, mais il se dégage de Tacide sulfureux. L'acide azotique l'attaque vivement avec un dégagement abondant de vapeurs nitreuses; mais, si cet acide est étendu , le fer se dissout sans dégagement apparent do gaz , et il se forme , à la fois , de l'azotate de prot oxyde de fer, et de l'azotate d'ammoniaque (§ 122j. '
COMBINAISONS DU FER AVEC l'oXTGÈNB.
§ 772. On connaît trois combinaisons du fer avec l'oxygène i
1° Un protoxyde , FeO, qui est une base énergique, isomorphe avec les bases qui ont pour formule RO ;
2" Un sesquioxyde, Ke^O*, qui est une base très-faible, analogue à l'alumine , et isomorphe avec les oxydes de la formule R'O"* ;
3" Enfin un acide, FeO', analogue à l'acule manganique.
On connaît encore un quatrième composé de fer et d'oxygène ; cet oxyde, que l'on appelle oxyde magnétique ^ a pour formule Fe*0*; mais il se comporte comme une combinaison de protoxyde et de sesquioxyde , FeO . Fe*0' .
Protoxyde de fer, FeO.
§ 773. Le protoxyde de fer n'a pas pu être obtenu jusqu'ici à l'état de pureté. Quand on laisse refroidir lentement, au contact de l'air, une grosse barre de fer rougie au feu, sa surface s'oxyde. Il se forme une pellicule noire d'un éclat métalloïde, qui se détache sous le
SESQUIOXYDE DE FER. 37
choc du marteau, et qu'on appelle battiture de fer. Si l'on examine à la loupe la tranche d'une battiture un peu épaisse , on reconnatt qu'elle est formée de plusieurs couches superposées. La couche extérieure présente à peu près la composition de l'oxyde magnétique Fe*0*. La couche intérieure, celle qui était immédiatement en contact avec le métal, se rapproche, au contraire, beaucoup de la composition du protoxyde.
Si l'on verse une dissolution de potasse caustique dans un sel de protoxyde de fer, on obtient un précipité blanc d'hydrate de protoxyde; mais ce précipité verdit proroptement au contact de l'air, en absorbant de l'oxygène. Si Ion emploie des dissolutions bouillantes, et que l'on prolonge pendant quelque temps l'ébullition , le précipité blanc perd son eau d'hydratation et devient noir ; mais l'oxyde est tellement avide d'oxygène qu'il est impossible de le recueillir sans qu'il s'altère. Il décompose même l'eau à la température de l'ébullition , et finit par se transformer en oxyde magnétique.
Le protoxyde de fer colore les fondants en vert foncé. C'est à la présence de cet oxyde que noire verre à bouteilles doit sa couleur (S 684).
Sesquioxyde de fer^ Fe*0'.
§ 774. Le sesquioxyde Fe'O', ou peroxyde, est un corps très-répandu dans la nature. On le trouve, soit à l'état anhydre, soit à l'état d'hydrate. Le peroxyde anhydre forme des cristaux rhomboédriques aplatis, très-brillants, presque noirs ; mais leur poudre est d'un ro'ige foncé. Les minéralogistes lui donnent le nom de fer oligiste, il se trouve en filons dans les terrains anciens. On rencontre souvent, dans les fissures des laves volcaniques, le peroxyde de fer en lames minces, très-brillantes, présentant la forme d'hexagones réguliers; il est alors appelé fer spéculaire par les minéralogistes. Le peroxyde de fer anhydre se trouve aussi sous la forme de masses compactes, d'un rouge intense; les minéralogistes lui donnent le nom d'hématite rouge. On l'appelle sanguine dans les arts, où il sert pour polir les métaux.
On prépare artificiellement le peroxyde de fer, en calcinant du sulfate de protoxyde de fer ; il se dégage de l'acide sulfureux et de l'acide sulfurique , et le peroxyde de fer reste sous la forme d'une poudre rouge :
2(FeO.SO*)=Fe«0»-l-SO«H-SO«.
Le peroxyde de fer, ainsi préparé, porte le nom de coîcothar. On in ^
l'emploie danâ la peintura à Thuile ; c'est avec cette couleur que Ton peint en rouge les carreaux des appartements. On Tutilise également pour polir l'argenterie , et pour donner le dernier poli aux glaces. Dans ce dernier cas , il est nécessaire de l'avoir très-divisé , et débarrassé des petits fragments agrégés qui pourraient rayer le métal ou la glace; on y arrive par la lévigation. Le peroxyde de fer a une couleur d'autant plus foncée, qu'il est plus fortement agrégé.
On obtient le peroxyde de fer sous forme de petites lamelles cristallines, d'un grand éclat et presque noires, en calcinant, dans un creuset, 1 partie de sulfate de fer et 3 parties de sel marin. On reprend la matière calcinée par l'eau bouillante , qui laisse le peroxyde.
§ 775. On prépare Vhydrate de peroxyde de fer, en versant de la potasse, ou de l'ammoniaque, dans la dissolution d'un sel de peroxyde de fer; il se forme un précipité brun volumineux. Lorsque la précipitation a été faite au moyen de la potasse caustique, le précipité retient toujours une petite quantité d'alcali, qui ne lui est enlevée que par une ébullition prolongée avec de l'eau pure. On peut faire la précipitation avec une dissolution de carbonate de potasse ou de soude; le précipité n'est encore, dans ce cas, que de l'hydrate de peroxyde de fer. L'acide carbonique se dégage, ou se combine avec l'excès de carbonate neutre , qu'il transforme en bicarbonate.
L'hydrate de peroxyde de fer abandonne facilement son eau, sous l'action de la chaleur. Si on le chauffe davantage, il arrive bientôt une température à laquelle l'oxyde devient subitement incandescent par un dégagement spontané de chaleur. Cette incandescence ne dure qu'un instant, et l'oxyde redescend à la température du vase , dans lequel il est chauffé; mais il a éprouvé une modification notable dans ses propriétés physiques et chimiques; son agrégation est devenue plus forte, et il ne se dissout plus que trèsdifficilement dans les acides, même lorsque ceux-ci sont concentrés. Le sesquioxyde de fer, chauffé à une forte chaleur blanche, perd une partie de son oxygjène, et se transforme en oxyde magnétique, Fe^O*.
Le peroxyde de fer colore les fondants en jaune rougeâtre, mais il faut, pour cela, qu'il entre en proportion notable dans le verre. La petite quantité de protoxyde de fer qui colore un fondant vitreux en vert foncé, ne lui communique pas décoloration sensible quand on transforme le protoxyde en peroxyde (§ 674).
^^^P OXYDE nS FER MAGKËTIOUE. 39
^^^^r Oxyde de ftr magnétique , FeH)'.
' S ^6- On Iroave dans la noture an osyde de fer, Inlermédiaire mLreleprotoxydeet le sesquiosyde. Cet oxyde ^erencoDlresouvent n cristaux très-réguliers, brillanis. d'un éclat métalloïde; sa forme ristallioe est l'octaèdre régulier. D'autres fois , il se trouve dam les prraina aDciens, en masses compacteB, souvent très-considérablee, ue l'on exploite corome minerai de fer. On en trouve des couches paisses en Suède; c'est le minerai qui produit ta meilleure qualité a fer. On a donné à cette combinaison bnom A' iix^dt magnétique . BTCe qu'elle possède la propriété magnétique à un trés-haul degré. l'aimant naturel est formé par cet oxyde de fer. Il ne se produit que de l'oxyde de fer magnétique , quand le fer rûle à une haute température dans l'air, ou dans l'oxygène: par temple, dans la combustion vive d'un fil de fer dans de l'oxygène ar [§ 64). Mais la manière la plus sûre, pour obtenir l'oxyde de fer lagnéCique dans les laboratoires, consiste a chanifer des fils de fer Rnsun tube de porcelaine, au milieu d'un courant de vapeur d'eau, [Hnme dansl'expérience que nous avons décrite ($ 6 S]. La surface es fils se couvre d'une inlinité de petits cristaux, trës-bri liants, 'oxyde de fer magnélique. On reconnaît à la ioupe que ces cristaux imldesoctaédres réguliers, semblables à ceux que présente l'oxyde Ugnétique naturel.
On peut obtenir également cet oxyde à l'état d'hydrate. Il suFfil
S dissoudre de l'oxyde magnétique dans de l'acide chlorhydrique,
Ide verser la dissolution dans un grand excès d'ammoniaque; lise
îrme un précipité d'un vert foncé, qui devient noir par ladessic-
ition. Cet hydrate est magnélique comme l'oxyde anhydre. On peut
Qcora préparer l'hydrate d'oxyde magnétique, en versant dans
'ammoniaque un mélange, â équivalents égaux, de sulfates de per-
wiyde et de protoxyde de fer. Pour préparer ce mélange , on divise
nue dissolution de sulfate de protoxyde de fer en deux parties
^ont l'une soit le double de l'autre; on transforme la partie double
|en sulfate de peroxyde, en l'évaporant â sec avec de l'acide azo-
[lique et de l'acide sulfurique; et on redi~«out le résidu de sulfate
l|de peroxyde dans l'autre partie de sulfate de protoxyde.
\ L'oxyde magnétique ne se comporte pas comme un oxyde parti-
œalier, mnîs comme une combinaison de protoxyde de fer etdeper-
Bxyde. On écrit sa formule FeO.Fe'C; elle est semblable à celle
wuenous avonsdonnéeâl'oxyde rouge de manganèse, MnO.Mn'O*.
Lorsqu'on dissout l'oxyde magnétique dans un acide, la liqueur jouit
des propriétés d'un niélnngo de sel de protoxyde et de sel de sesqui-
oxyde. Si l'on verse, goutte à goutte, un alcali dans cette liqueur, on précipite d*abord le peroxyde, puis le protoxyde. Pour précipiter les deux oxydes en combinaison , il faut faire l'inverse , et verser la dissolution du sel de fer dans la liqueur alcaline. Nous verrons, d'ailleurs, bientôt, plusieurs combinaisons qui présentent cette môme formule chimique, et qui affectent des formes cristallines identiques. Mais le peroxyde de fer s'y trouve remplacé par l'alumine, ou par l'oxyde de chrome, tandis que le protoxyde de fer est souvent remplacé par de la magnésie, du protoxyde de manganèse ou de l'oxyde de zinc.
Acide ferrique, FeO*.
§ 777. La troisième combinaison du fer avec l'oxygène jouit (Jes propriétés acides; elle correspond à l'acide manganique, et se forme dans les mômes circonstances. On projette , dans un creuset de fer chauffé au rouge , un mélange de limaille de fer et de nitrate dépotasse. On reprend la masse par l'eau, et l'on obtient une dissolution de ferra te de potasse d'un beau rouge , semblable, pour la couleur, à celle que donne i'hy permanganate de potasse. On l'obtient également en faisant passer du chlore à travers une dissolution concentrée de potasse caustique , dans laquelle on a mis de l'hydrate de peroxyde de fer en suspension. On ajoute de temps en temps des fragments de potasse caustique, afin de maintenir constamment un grand excès d'alcali dans la liqueur. Le ferrate de potasse étant presque insoluble dans une dissolution concentrée de potasse, se dépose sous la forme d'une poudre noire , que l'on peut débarrasser en grande partie de l'eau mère en la laissant sécher sur de la porcelaine dégourdie. Le ferrate de potasse est encore moins stable que lemanganate ; on n'a pas réussi jusqu'à présent à l'obtenir cristallisé. Sa dissolution ne peut pas ôtre filtrée sur du papier : elle se décompose promptement au contact des matières organiques, et abandonne de l'hydrate de sesquioxyde de fer.
§ 778. Les quatre oxydes de fer présentent la composition suivante:
Protoxyde, FeO Fer 77,78 350,0
Oxygène. 22,22 400,0
Sesquioxyde, FeW Fer 70,00 700,0
Oxygène. 30,00 300,0