EXTRACTION DU PLATINE
traite d'abord le dépôt par Tacide chlorhydrique qui dissout des métaux étrangers , puis on attaque le résidu par de Teau régale très-afifaiblie qui dissout facilement le platine divisé , sans dissoudre notablement d'iridium. On verse alors du sel ammoniac, qui précipite du chlorure double de platine et d'ammoniaque.
Le chlorure double de platine et d'ammoniaque est calciné. au rouge sombre, et donne du platine en éponge. L'éponge de platine est réduite en poussière entre les mains , puis délayée dans l'eau de manière à former une boue homogène que l'on passe sur un tamis ; les parties trop grossières qui restent sur ce tamis sont pulvérisées de nouveau, en évitant toutefois d'employer un corps dur, qui donnerait à certaines parcelles un commencement d'agrégation. Il est essentiel que l'ouvrier mette beaucoup de propreté dans ces diverses opérations , car il suffit de quelques poussières , ou d un cheveu incorporés dans la boue de platine pour occasionner des défauts très-graves dans le platine forgé. On lave ordinairement la poudre de platine, plusieurs fois, par décantation, pour enlever les poussières étrangères.
La pâte de platine est introduite dans un appareil semblable à celui de la figure 605 , mais de dimensions plus grandes , et Ton veille à ce qu'il n'y reste pas de bulles d'air emprisonnées. On comprime d'abord la matière avec un pilon de bois , puis avec un piston métallique. L'eau se sépare du platine ; celui-ci prend de plus en plus de cohésion , et l'on achève de le réunir en le comprimant fortement à la presse. On chauffe alors le disque de platine à la chaleur blanche dans un creuset de terre , on le place sur une enclume et on frappe dessus avec un marteau pesant. On le chauffe de nouveau au blanc , et on achève de le forçer.
414 OSMIUM.
OSMIUM.
Équivalent = 1244,2.
g 4485. L'osmium, préparé par la calcination du chlorure double d'osmium et d'ammoniaque , est d*un gris métallique ; il ressemble au platine. Lorsqu'il a été réduit par voie humide, il a souvent une teinte bleuâtre. L'osmium est assez malléable pour qu'on ait pu l'obtenir en plaques agrégées ; mais il se réduit en poudre par la percussion. L'osmium ne se fond et ne se volatilise pas à la température du feu de forge ; sa densité est de 40 environ. Ce métal se combine assez facilement avec l'oxygène : lorsqu'il a été réduit par voie humide il absorbe promptement l'oxygène de l'air , surtout sous l'influence de l'eau, et il se change en acide osmique ; chauffé dans de l'oxygène à une température peu élevée, il prend feu, et se transforme en acide osmique qui se sublime. L'acide azotique concentré l'attaque facilement avec dégagement d'abondantes vapeurs rutilantes, et produit de l'acide osmique qui se dissout. L'eau régale le change également en acide osmique. Les alcalis caustiques elles azotates alcalins l'attaquent à la chaleur rouge , l'acide osmique se combine avec les alcalis. De l'osmium pulvérulent, chauffé sur une lame de platine , dans la flamme d'une lampe à alcool , dégage des vapeurs d'acide osmique dont l'odeur pénétrante caractéristique permet de reconnaître la présence de très-petites quantités d'osmium.
COUBINAISONS DE l'OSUIUM AVEC L'OXTGÈNE.
§4186. L'osmium forme avec l'oxygène un grand nombre de combinaisons; on en connaît aujourd'hui cinq, qui sont :
Le protoxyde OsO
Le sesquioxyde Os*0^
Le bioxyde OsO*
L'acide osmieux OsO^
L'acide [osmique .... OsO*
Les deux composés acides sont les plus importants et les micui connus.
On prépare le protoxyde d'osmium^ OsO, en versant de la potasse dans une dissolution de protochlorure double d'osmium et de potassium ; il se forme un précipité vert foncé, qui se dissout dans les
OXYDES D'OSMIUM. 415
acides en donnant des liqueurs vertes. Cet oxyde est facilement réduit à Tétat métallique par les corps avides d'oxygène.
Le sesquioxyde d'osmium^ Os'O*, s'obtient en maintenant pendant quelque temps, à la température de 50®, un mélange d'acide osmique et d'ammoniaque; il se forme un précipité qui est un composé de sesquioxyde dosmium et d'ammoniaque. Ce composé se dissout dans les acides, et donne des dissolutions jaunes qui ne cristallisent pas.
Si Ton fait passer du chlore sur un mélange d'osmium divisé et de chlorure de potassium, chauffé faiblement dans un tube de verre, on obtient un chlorure dpuble qui a pour formule OsCP+KCl. Ce chlorure double, traité à chaud par une dissolution de carbonate de potasse, donne un précipité noir de bioxyde d'osmium, OsO*.
V acide osmique, OsO*, se forme dans beaucoup de circonstances : h'' par le grillage de l'osmium dans l'air, ou mieux dans Toxygène ; 2® en attaquant l'osmium par l'acide azotique ; 3* en chauffant au rouge l'osmium métallique avec de l'azotate de potasse, et décomposant l'osmiate de potasse par un acide.
L'acide osmique est une substance blanche qui cristallise en prismes brillants ; il répand une odeur très -pénétrante qui rappelle celle du chlorure de soufre ; sa vapeur provoque la toux , pique fortement les yeux, et produit une irritation très-vive sur la peau; il faut s'en préserver avec grand soin. L'acide osmique se liquéfie à une température inférieure à 1 00°, et entre en ébullition au-dessous du rouge sombfe. L'eau peut en dissoudre une grande quantité, bien que l'acide sublimé mette beaucoup de temps pour se dissoudre. L'acide osmique se dissout également en forte proportion dans l'alcool et dans l'éther, mais il est réduit au bout de quelque temps par ces liquides, surtout sous l'influence de la lumière solaire. Il est facilement décomposé par les corps avides d'oxygène et par la plupart des substances organiques ; il tache en noir la peau et le linge. Le fer, le zinc, l'étain, le cuivre, etc. , précipitent de l'osmium métallique de ses dissolutions.
L'acide osmique est un acide faible qui ne rougit pas sensiblement la teinture de tournesol, et ne décompose pas les carbonates. Il se combine avec les alcalis ; mais ces combinaisons sont peu stables, car les dissolutions des osmiates alcalins dégagent, quand on les fait bouillir, des vapeurs d'acide osmique.
Vacide osmieux, OsO', n'existe qu'en combinaison avec les bases alcalines. Quand on cherche à l'isoler il se décompose en acide osmique et en bioxyde d'osmium.
On obtient de l'osmite de potasse en versant quelques gouttes
416 OSMIUM.
d'alcool dans une dissolution d'osmiate de potasse ; il se dépose une poudre cristalline rose qui est de l'osmite dépotasse; racideosmique abandonne dans cette circonstance une portion de son oxygène à l'alcool. On obtient des cristaux plus volumineux d'osmite de potasse, en abandonnant pendant quelque temps à elle-même une dissolution qui renferme à la fois de Tosmiate et de l'azotite de potasse ; la décomposition de l'acide osmique par l'acide azoteux se fait lentement, et l'osmite de potasse se dépose souvent en beaux cristaux.
L'osmite de soude se prépare de la môme manière que l'osmite de potasse ; mais il cristallise plus difficilement parce qu'il est beaucoup plus soluble. Ses dissolutions sont roses.
On ne connaît pas d'osmite d'ammoniaque. L'ammoniaque réduit immédiatement les dissolutions d'osmites de potasse et de soude.
Nous ne parlerons pas des sels que les oxydes d'osmium forment avec les acides : ces sels sont encore peu connus.
COMBINAISONS DE l'OSMIUH AVEC LE CHLORE.
§ 1487. Si l'on chauffe de l'osmium dans un courant de chlore, il se produit deux chlorures : un bichlorure OsCP et un protochlorure OsCl. Le bichlorure, qui est le plus volatil, se condense dans les parties les plus éloignées du tube ,• c'est une matière orangée, très-fusible et déliquescente. Le protochlorure est d'un beau vert; il se dissout dans l'eau ; mais cette dissolution sed^ompose promptement, et il se forme des acides chlorhydrique et osmique; de l'osmium métallique se précipite.
EXTRACTION DE L'OSJIIUM.
§ 4188. L'osmium accompagne toujours le minerai de platine, mais il y existe principalement en combinaison avec l'iridium, formant des composés à proportions très-variables, auxquels on donne le nom d'osmiure d'iridium. L'osmiure d'iridium forme des petites paillettes grises, très-denses, présentant quelquefois la forme de lamelles à 6 faces du système rhomboédrique. Très-difficilement attaquable par l'eau régale, il reste dans les résidus du traitement des mineraisde platine. On prépare l'osmium et l'iridium de la manière suivante : on chauffe pendant une heure, à une forte chaleur rouge, dans un creuset de terre, 100 parties d'osmiure d'iridium pulvérisé et 300 parties de nitre ; il se forme de l'osmiate et de l'iridiaté de potasse. On coule la matière fondue sur une plaque métallique, froide, on la concasse et on l'introduit dans une cornue tubuléç