IRIDIUM
Équivalent = 1233,2.
§ 1489. L'iridium, préparé par la calcinatioQ du chlorure double ammoniacal {% 1^88), se présente sous forme de masses spongieuses grises, ressemblant au platine et prenant l'éclat métallique par le frottement. L'iridium est difficile à souder, et Ton n'a pas réussi jusqu'ici à l'obtenir à l'état malléable ; il est encore plus dif- Gcileà fondre que le platine. On obtient ce. métal en masse compacte, fort dure et susceptible de prendre un assez beau poli, en mouillant l'iridium pulvérulent avec un peu d'eau, le comprimant d'abord légèrement dans du papier Joseph, puis très-fortement à l'aide d'une presse, et le calcinant à une forte chaleur blanche, dans un feu de forge. Le métal ainsi agrégé est encore très-poreux, sa densité ne dépasse pas 16,0 ; mais il est probable que la densité de l'iridium compacte est au moins aussi grande que celle du platine, car on trouve dans la nature un alliage d'iridium et de platine, renfermant 20 pour 100 de platine et cristallisé en octaèdres réguliers, (Jont la densité s'élève à 22,3. L'acide azotique et même l'eau régale n'attaquent pas l'iridium quand il est agrégé; mais l'eau régale le dissout s'il est allié à du platine ou à d'autres métaux. Chauffé à la chaleur rouge avec de la potasse ou du nilre, l'iridium s'oxyde, et il se forme de l'iridiate dépotasse. Il est attaqué par le chlore, à la chaleur rouge, et en présence du chlorure de potassium; il se produit un chlorure double d'iridium et de potassium.
COMBINAISONS DE l'iRIDIUM AVEC l'oXYGÈNB.
§ 1190. On connaît quatre combinaisons de l'iridium avec l'oxygène :
Le protoxyde IrO.
Le sesquioxyde Ir*0'.
Le bioxyde IrO".
Le tritoxyde IrO*.
Le protoxyde d'iridium s'obtient en précipitant par un carbonate alcalin le protochlorure double d'iridium et de potassium ; il se forme un précipité d'un gris verdàtre qui se dissout dans les acides
CHLORURES D'IRlDIUM. 419
en donnant des liqueurs vertes. Cet oxyde ne se décompose pas par ia chaleur, mais il est facilement réduit par Thydrogène, à la chaleur rouge.
Le sesquioxyde d'iridium se forme quand on attaque Tiridium par les alcalis ou par les azotates alcalins ; c'est une poudre noire, insoluble dans les acides, mais qui se combine avec les alcalis, en donnant des dissolutions brunes. La chaleur ramène cet oxyde à rétat de protoxyde.
Si Ton dissout le sesquioxyde d'iridium dans une dissolution de potasse et qu'on sature ensuite la liqueur par un acide, il se dépose un précipité qui bleuit en absorbant l'oxygène de l'air, et qui finit par prendre une couleur indigo foncé. 11 est passé alors à l'état de bioocyde d'indium hydraté IrO'-[-2HO. On obtient également ce bioxyde en versant de la potasse dans une dissolution de sesquichlorure d'iridium; il ne se forme pas d'abord de précipité, mais la liqueur, abandonnée à l'air, laisse déposer avec le temps un précipité bleu foncé.
Enfin, lorsqu'on précipite par un alcali le trichlorure d'iridium, IrÛ', on obtient un précipité jaune verdâtre qui est le tritoxyde d/iridiumj IrO* ; mais cet oxyde est toujours combiné avec une certaine quantité* d'alcali.
Si Ton fait digérer un oxyde d'iridium avec une dissolution d'acide formique jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'acide carbonique, on obtient une poussière noire d'iridium très-divisé, qui exerce une action absorbante énergique sur les gaz, et détermine l'inflammation d'un mélange d'hydrogène et d'oxygène.